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Mathurin Régnier (1573-1613)

plus mordant et le plus libre des satiriques français. Il appartenait à une (^y^^) bonne famille de bourgeoisie, bien qu'on ait prétendu, depuis, qu'il était fils d'un tenancier de tripot, parce que son père avait fait bâtir, pour utiliser de vieux matériaux, un jeu de paume surnommé le tripot Régnier.

Par sa mère , Régnier était neveu du poète Philippe Desportes, abbé de Tiron. Son père, rêvant pour lui la fortune de l'abbé, résolut de le faire entrer dans l'Église; il le fit tonsurer en i582, à neuf ans, ce qui lui permit d'obtenir, quelques an-

un roETr n r. a r c e r o n

nées après, un canonicat de la cathédrale de Chartres. Il est certain toutefois que Régnier, bien que tonsuré, n'entra jamais dans les ordres, et qu'il se borna à en recueillir les bénéfices.

« La tradition à Chartres, dit Brossette, est que Régnier, dès sa première jeunesse, marqua son inclination à la satire. Les vers qu*il faisait contre divers particuliers obligèrent son père à l'en châtier plus d'une fois (i) en lui recommandant de ne point écrire, ou du moins d'imiter son oncle, et de fuir la médisance. » Son père, paraît-il, aurait même cherché à le détourner de la poésie. Mais le jeune homme comprit que, pour avoir là protection de Desportes et pour recueillir au moins ses bénéfices, il devait s'adonner à la culture des lettres avec plus d'ardeur que jamais. Son ambition, d'ailleurs, toute modeste qu'elle fut, était nette et précise.

Un simple bénéfice et quelque peu de nom.

Mais ni l'un ni l'autre ne lui venaient dans sa ville natale.

Il résolut alors de changer son humeur, et d'aller chercher fortune au dehors. A vingt ans donc (2), affolé par la pauvreté, il se fit attacher au service du cardinal de Joyeuse, protecteur des affaires de P'rance à Rome, et qui partait en Italie. Il y passa

fi) Et bien que jeune enfant mon père nie tansast

Et de verges souvent mes chansons raenassat.

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