ND
trerez une foule de termes intéressants : chapperon, collet, beguin, toquet, demy-ceint, cotte, cornette, grègues, galoche, botte, pannache, rotonde, taffetas, clinquant, que sais-je encore? Voulez-vous apprendre ce que contenait à celte date la garde-robe d'une femme du peuple? le voici :
. un demy ceint, deux cottes, Une robe de serge, un chapperon, deux bas, Trois chemises dé ve deux mouchoirs, deux rabas 1.
Êtes-vous curieux de visiter la maison d’un hobereau ? Entrez avec Regnier chez l’insupportable fâcheux de la dixième Satire : comme l'escalier n’est pas éclairé, il faut qu’un valet vous y précède avec un flambeau; le diner est servi dans la salle même où l’on reçoit les invités; ils voient apporter la nappe et mettre le couvert; à la lueur d’une chandelle unique, les uns se mettent sur des chaises, les autres s’asseoient sur un banc, tandis que les chiens se couchent sous la table et que les valets circulent autour des convives, la serviette au bras, prêts à remplir les verres ?.
Quittez maintenant la salle avec Regnier et suivez-le dans les rues de Paris; elles ont à peu près la physionomie qu’elles auront au temps de Molière et de Boileau : il y fait crolté, au grand désespoir des valels de pied *, et les honnètes gens qui ne vont pas en carrosse se plaignent qu'il y pleuve souvent de telle manière
Que les reins par despit leur servent de goulie.e #;
la chaussée est encombrée de terre, de bois, d’estançons, de platras, de pierres, de mortier, « au beau milieu duquel on se sent embourbé avant de s’apercevoir qu’on
. Salire XI, 254
. Satire X, 40%, 105, 104, 246, 269, 352, 286, 261. . Salire X, 72,
. Satire X, 410.
soit tombé ! », et les marchands d’habits étourdissent les passants en leur criant à l’oreille : Vieux linge et vieux drapeaux *! Votre Regnier à la main, continuez votre promenade à travers le Paris de 1608; vous allez passer devant la plupart de ses monuments, et d’un mot le poète vous en dessinera généralement la physionomie : voici les Gobelins, l'hospice des Quinze-Vingts, le Châtelet, la tour l'Évêque, le château de Bicètre; voici la cour du Palais, où s’assemblent les banquiers; ses galeries, où l’on vend des livres; l’hospice de la Charité, dans les cours duquel se chauffent au soleil soldats et capitaines estropiés par la guerre; le Pont Neuf qui s'achève; l'église Saint-Eustache, auprès de laquelle un monde interlope vit dans des chambres garnies*; les églises des quartiers riches, qui servent aux rendez-vous, derrière les piliers desquelles
ere . . on oyt mainte sornette, Où, comme dans un bal tout le monde caquette &
et voici enfin, de tous les monuments de Paris, celui dont le bon Regnier vous aurait enseigné le chemin avec le plus de plaisir, voici le cabaret de la Pomme de Pin, derrière les vitres duquel vous apercevrez, tout enluminés de « rubis balais rougissans de vin », se profiler les nez « authentiques » de maints buveurs très illustres et de maints libertins très précieux °