‹ Mathurin RegnierChapitre 132 sur 168 · Salire VIII, 143-144, éd. Courbet, p · texte numérisé non relu

Salire VIII, 143-144, éd. Courbet, p

expressifs, il y a beaucoup de bavardage dans presque tous ses discours. au style direct”. |

Celui de Macette fait exception. Tout ce qu'on peut imaginer pour achever la perte d’une jolie fille, qui n'a plus grand'chose à perdre, cette « vieille chouette » ne le ditelle pas? Ne le dit-elle pas à la place et dans les termes qu'il fallait? La scène est définitive : 1l n'y a rien à y ajouter, rien à en retrancher, rien à y changer de place”.

Le jour où Regnier écrivit cette petite scène si parfaitement conduite, avait-il acquis à force d'étude les qualités qui lui manquaïent? n'était-il pas plutôt soutenu par ses souvenirs personnels et par d'excellents modèles? Il n’importe : sa treizième Satire vaut presque la scène entre Elmire et Tartufe. Je dis « presque » : car Molière a tellement surpassé son devancier qu'on peut se demander s'il n'a pas fallu plus de génie pour tirer de la Macette la grande scène du T'artufe qu’il n'en avait fallu pour tirer la Macette de l'Elégie d'Ovide.

Quand même Tartufe n’ajouterait rien aux maximes hypocrites de Macette, on conviendra d’abord que la situation respective des personnages suffirait à leur donner un tout autre intérêt. Au fond, nous importe-t-il beaucoup de voir sombrer le peu de vertu qui reste à la belle « en qui Regnier a mis sa fantaisie »? Ou craignons-nous qu'ayant perdu celte amie, notre volage poète soit bien long à s’en consoler dans les bras d’une autre? Dans le drame de Molière il n’en va pas de même. Elmire est honnête et mariée. Tartufe est l'hôte, l’ami, le futur gendre du mari de celle qu'il veut séduire. S'il parvient à ses fins, il n'ignore pas qu'avec la vertu d’une femme ce qui va s’écrouler, c'est l'honneur d'un homme qui l’admet à sa table, le bonheur d'une fille dont il a demandé la

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