‹ Mathurin RegnierChapitre 138 sur 168 · Ed. Michiels, p · texte numérisé non relu

Ed. Michiels, p

Quel besoin peut-il estre, insensee en Amour, Ce que tu fais la nuict qu'on le chante le jour?. (REGNIER, Élégie zélotypique, vers 160-174.) 1

Et voilà comment, à condition que l’on fût un bon forgeron de vers, on pouvait, sans avoir soi-même jamais aimé que les Jeanne et les Macette, chanter les passions

d'un grand seigneur avec toutes les apparences de {la sincérité.

La « grande poésie » n'était pas d’un accès plus difficile. Certes, si Regnier ne fût pas né poète, il n’eût pas frappé des vers comme celui-ci :

Le Paysant.… Chantant coupe ses bleds, riant fait ses vandanges ?.

S'il n’eût pas eu le cœur bien placé, aucun modèle ne lui eût inspiré ce je ne sais quel souffle patriotique qui, malgré tant de traits convenus, soulève par endroits son Discours au Roi. Mais parmi les écoliers de la Pléiade qui ronsardisaient à ses côtés, plus d’un n’eût pas réussi, en somme, moins heureusement que lui-même à tourner un compliment pindarique à la Majesté Royale. Car il élait alors des recettes infaillibles pour cela, comme il en fut plus tard pour faire pleurer des spectateurs sur les infortunes d'Agamemnon fils d'Atrée.

Voici de quels morceaux devait se composer au commencement du xvu° siècle un Discours au Roi : ils pouvaient également servir pour féliciter le prince d’avoir engagé la guerre ou pour le féliciter d’avoir conclu la paix.

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