‹ Mathurin RegnierChapitre 139 sur 168 · LE « DISCOURS AU ROI · texte numérisé non relu

LE « DISCOURS AU ROI

Le premier était l'apparition d'une nymphe, dont on faisait d’ailleurs, à son choix, la Clémence, la Justice ou la France, et qui s’évanouissait dans les airs au bon endroit, en laissant sur place une odeur suave, comme cest, depuis Virgile, l'habitude des déesses, quand elles quittent leur interlocuteur :

Si tost que ceste Nimphe en son dire enflamée, Pour finir son propos eut la bouche fermée, Plus haute s’elevant dans le vague des Cieux, Ainsi comme un éclair disparut à nos yeux,

Et se montrant Déesse en sa fuite soudaine, La place elle laissa de parfun toute plaine 1...

Le second était la description d’un bouclier :

Ses exploits achevez en ses armes vivoient :

Là les camps du Poytou d’une part s’élevoient..… Diepe de l’autre part sur la mer s’alongeoit,

Où par force il rompoit le camp qui l'assiegeoit.….. Là Paris delivré de l'Espagnolle main,

Se dechargeoit le col de son joug inhumain ;

La campagne d’Ivry sur le flanc cizellée, Favorisoit son prince au fort de la meslée..…

Plus haut estoit Vandome et Chartres et Pontoise, Et l'Espagnol defait à Fontaine Françoise. .…

Plus bas, dessus le ventre, au naïf contrefaite, Estoit pres d'Amiens la honteuse retraite

Du puissant Archiduc.…….

Decà delà luitoit mainte troupe rangée;

Mainte grande cité gemissoit assiegée ?.

Et pour développer ce thème, l'on n’avait même pas besoin d’imiter la description faite par Ronsard de l’armure du duc de Guise dans la Harangue aux soldats de Metz, ou celle des broderies du manteau de Neptune dans le Ravissement de C'éphale*; on trouvait sa description tout esquissée

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