Satire II, vers 171 et suiv
N'’est-il pas évident que « Juste postérité » devrait suivre immédiatement : « Ha! c’est que notre siecle est en tout perverty! » et qu'il eût fallu pour cela fondre la parenthèse dans la phrase? « Ha! c’est que, malgré quelques esprits d'élite capables de trier le savoir d'avec l'ignorance, notre siècle est en tout perverti! Juste postérité, je t'appelle à témoin... » |
Habituellement la longue période de Regnier n’est pas autre chose qu’une très courte phrase à laquelle s’est soudée une queue de propositions finales ou consécutives, l'une conduisant l’autre par la main :
Or, affin que la laide autrement inutille | Dessous le joug d’amour rendit l’homme serville, Elle ombragea l'esprit d’un morne aveuglement, Avecques le desir troublant le jugement,
De peur que nulle femme... (1 vers et demi)
D'où vient que... (6 vers) {.
Et il advient qu’une proposition principale de deux vers traine ainsi jusqu’à vingt-quatre vers à sa remorque :
Or, apres tant d’exploits finis heureusement. (3 vers) Puisse tu comme Auguste admirable en tes faicts Rouler tes jours heureux en une heureuse paix; Oresque la Justice icy bas descenduë
Aux petis comme aux grands par tes mains est renduë, Que...
Que...
Et que... (4 vers);
Aujourd'huy que ton fils, imitant ton courage,
Nous rend de sa valeur un si grand tesmoignage, Que. (vers):
Et ferme pour jamais le temple de la guerre;
Faisant voir clairement par ses faits triomphans,
Que les Roys et les Dieux ne sont jamais enfans;
Si bien que... (4 vers) ?.
Rien ne laissait supposer au début de la première proposition temporelle, ni qu’elle se décomposerait en quatre pro-