Satire I, vers
ACTES ve
positions coordonnées, ni qu’elle serait suivie d’une autre proposition temporelle (aujourd'huy que), ni surtout qu'après avoir élé close en apparence par ce vers :
Et ferme pour jamais le temple de la guerre,
cette proposition temporelle, à son tour, serait prolongée, en dépit du nombre, par une proposition participe (faisant voir), qui engendrerait elle-même une proposition consécutive de quatre vers. |
, Quelquefois enfin, il est impossible de ramener une suile de vers à une construction régulière. Les proposilions enfantent les propositions et le point de départ est oublié :
Aussi qui pouvoit croire apres tant de serments,
De larmes, de soupirs, de propos vehements, Dont elle me juroit que.
Huit vers sortent de ce que et la période s'achève sans qu'on ait vu apparaître le complément de croire’.
. Des phrases comme celle-ci constituent la meilleure justification de la doctrine des réformateurs. Il était temps qu'un rhéteur tel que Malherbe vint apprendre aux poètes tels que Regnier que le génie n’a pas de meilleur soutien qu'un art difficile. Car pour réaliser ce qui avait été le rève de tous les poètes de la Pléiade : écrire une longue phrase en vers, harmonieuse et bien équilibrée, Malherbe prit un chemin exactement opposé à celui qu'avait pris Regnier. Multipliant les entraves, non seulement il s’astreignit à la régularité syntactique, mais il s’imposa d'écrire toujours
“en strophes et par suite mesura d'avance la longueur de ses phrases. Et voilà comment il fut chez nous le véritable créateur de la période poétique. Est-ce une raison cependant pour oublier que Regnier, en perfectionnant certains types de phrase, a travaillé plus d’une fois dans le même sens que lui.
1. Autre Élégie sélotypique, vers 19 et suiv.; voir encore le début de la Salire Vil.
Au e 304 MATHURIN REGNIER
URSS *
L'étude du vers de Regnier nous amèncra à la même conclusion que l'étude de sa phrase : bien qu'il ait pris pour modèle le vers de Desportes, il fut pour Malherbe un utile auxiliaire.
Tout ce que le réformateur censurait dans la versification de l'oncle, il aurait eu cent occasions de le reprendre dans celle du neveu, s’il eût commenté ses œuvres. Que de fois il eùt souligné d’un can cor cu où d’un on on quelque étrange cacophonie!
Qu’encore qu'une femme aux amours fasse peur. En vain sur le Parnasse Apollon on apelle !.
Que de fois il eût noté l’hiatus d’un monosyllabe ou un hialus à la césure, les deux seuls hiatus d’ailleurs que Regnier se permette, sans qu’ils aient le plus souvent rien de désagréable à l'oreille!
Tout ainsi qu’un cheval qui a la bouche forte.
Par vice ou par vertu acquerons des lauriers, Puisqu’en ce monde icy on n’en faict differance ?;
Que de fois il eût blâmé le poète, tantôt d’avoir fait les élisions qu'il condamnait :
Si Fortune s’en mocque et s’on ne peut avoir Ny honneur, ny credit.
Qui se trouvera pris, je vous pri qu'on l’estrille.
tantôt de n'avoir pas fait celles qu'il exigeait!
La vertu n'est vertu : l'envie la deguise.
Il n’est coing et recoing que je n’aye tanté 3.
1, Satires NIT, 545 /1V02
2. Satires VIT, 30; IV, 20-21. Voir encore VII, 42 : ça et là; VII, 193 : luy aura; IN, 5 : ny honneur; IV, 90 : si extresme; IX, 211 : où est; X, 193 : à un, etc. Hiatus à la césure : VII, 124; IV, 18; VII, 155 ; IX, 109; XIII, 435, etc.