‹ Mathurin RegnierChapitre 162 sur 168 · FE · texte numérisé non relu

FE

Que de fois il l’eût critiqué d’avoir fait rimer ensemble soit une brève SE une longue, comme profanes et asnes, soit un simple et un composé, comme partie et reparlie, passion t compassion, posez et composez, science et conscience, prise el entreprise, nom et renom, lemps et passe-temps, quoy et pourquoy, soit deux composés du même mot, comme réduit et séduit, requérir et acquérir, débattre èt combattre, maintenir et retenir ‘; ou d’avoir, en sacrifiant la raison à la rime, ici employé le mot membres pour le mot jambes, et là allongé la phrase d’un hémistiche de remplissage :

Que l’autre parle livre et fusse des merveilles, Amour, qui prend partout, me prend par les oreilles ?!

En revanche, que de fois il eût mis à la marge de son exemplaire de Regnier une de ces bonnes notes si rares dans le Commentaire sur Desportes! Car sur les deux points essentiels Regnier fut de l’école de son ennemi.

On sait combien Malherbe était difficile sur la qualité de la rime. Or, si les rimes de Regnier n'ont jamais rien de bien imprévu, elles sont presque toujours très riches de son. Il amène à la fin d’un vers deux mots qui se trouvent répéter le son du mot unique qui terminait le vers précédent ou qui doit terminer le suivant {que vous en semble? — ensemble; mon devoir — je m'efforce de voir *). Mais surtout, il se délecte, comme Marot, à faire rimer un mot avec un autre plus court formé de sa dernière ou de ses deux dernières syllabes, par exemple rolisseurs avec sœurs, témoins avec moins, oulrage avec rage, jolie avec lie, estamine avec mine, délectable avec

. A. IX, 249; — XII, 129; VII, 162; XIII, 147; VIII, 41; 1X, 201; LIT, 87 et V, 239; Il, 134 et V, 19; LIT, 143; RUE 495; VI, 235; XII, 125 et XVII, 9 VII, 55. Voir encore XIV, 31: XIV, 63; VII, 124; IE, 243 : VI, 175; VIIL, AT; XL, 83, etc.

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