‹ Mathurin RegnierChapitre 98 sur 168 · Paris · texte numérisé non relu

Paris

conversation, les divertissements, les occupations du personnage.

Contemplons ce beau seigneur qui vient surprendre notre poète à la messe '. Ilest vêtu, comme le baron de Fœneste, « à la mode de trois ou quatre messieurs qui ont de l’autorité ». Il s’est frisé les cheveux et troussé les moustaches avec un manche de cuillère, nettoyé le cuir avec du bran de froment, fardé le visage « pour avoir du nom entre les belles ». Sa rotonde, lissée avec une coquille de limaçon, a sans doute, comme celle de M. de Fœneste, un double rang de dentelle, puisqu'il la fait admirer à sa maîtresse ; son pourpoint est fait de « quatre ou cinq taffetas l’un sur l’autre », et ce taffetas « est œuvre de la Chine : la mode en est nouvelle ». Prenons garde surtout qu’il a des bottes. Un gentilhomme ne quitte les siennes, ni en carrosse, ni en bateau : quand on voit ces messieurs aller partout en coslume de cavalier, on conjecture en effet qu’ils ont des chevaux, alors qu'ils en sont réduits le plus souvent à emprunter les « bidets » de leurs amis et que plus d’un est venu à pied du fond de la Gascogne jusqu'à Paris. C’est pour donner la même illusion, qu’ils ont toujours la « gaule ? » à la main, qu’ils ne cessent d’en jouer et, quand ils rencontrent le sieur Regnier ou le sieur Motin, qu'ils lui en flattent l'épaule comme à un cheval tout en lui demandant des nouvelles de ses vers *.

Bottes, éperons, gaule, rotonde, tout cela, comme dit le baron de Fœneste, est pour « paraître ». Paraitre, c'est-àdire faire parler de soi à la cour et chez les dames, voilà l'unique but où visent maintenant ceux qui ont combattu à Coutras et à Ivry. Les guerres intestines sont finies ou près de l'être. La vie de salon renait avec le calme, et avec

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