‹ Matière et mémoire, essai sur la relation du corps a l'espritChapitre 10 sur 71 · L'IMAGE, ISOLÉE DE LA SESSATIOS AFFECTIVE · texte numérisé non relu

L'IMAGE, ISOLÉE DE LA SESSATIOS AFFECTIVE

outre pour elle des faits mal interprétés, qu'il convient dès maiotenant d'examiner.

D'abord , il semble que la localisation d'une sensation affective en un endroit du corps exige une véritable éducation. Un certain temps s'écoule avant que l'enfant arrive à toucher du doigt le point précis de la peau où ll.a été piqué. Le fait est incontestable, mais tout ce qu'on en peut conclure, c'est qu'un tâtonnement est nécessaire pour coordonner les Impressions douloureuses de la peau, qui a reçu la piqûre, à celles du sens musculaire, qui dirige les mouvements du bras et de la main. Nos.aBections internes, comme nos perceptions externes , se répartissent en genres difEérents . Ces genres, comme ceux de la perception, sont discontinus, séparés par des intervalles que comble l'éducation. Il ne suit nullement de là qu'il n'y ait pas, pour chaque genre d'aHection, aoe localisation immédiate d'un certain genre, une couleur ocale qui lui soit propre. Allons plus loin : si l'affection n'a pas cette couleur locale tout de suite, elle ne l'aura jamais. Car tout ce que l'éducation pourra faire sera d'associer à la sensation affective présente l'idée d'une certaine perception possible de la vue et du toucher, de sorte qu'une aflection déterminée évoque l'image d'une perception visuelle ou tactile, déterminée également. Il faut donc bien qu'il y ait, dans celte ailection même, quelque chose qui la distingue des autres affections du même genre et permette de la rattacher & telle donnée possible de la vue ou du toucher plutôt qu'à toute autre. Mais cela ne revient-il pas à dire que l'afleclion possède, dès le début, une certaine détermination extensive ? On allègue encore les localisations erronées, l'illusion des amputés (qu'il y aurait lieu, d'ailleurs, de soumettre k

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LE ROLE DU CORPS

i). Mais que cooclure de là, sinon que l'éduloe fois reçue, et que les données de la îles dans la vie pratique, déplacent celles immédiate ? Il nous est indispensable, en ) traduire notre expérience affective en donla vue, du toucher et du sens musculaire, iduction établie, l'original pâlit, mais elle )u se faire si l'original n'avait été posé sensation aflective n'avait pas été, dès le ar sa seule force et à sa manière.

ilogue a une très grande peine à accepter commun. De même que la perception, à ce te pourrait être dans les choses perçues que cevaieot, ainsi une sensation ne pourrait que si le nerf sentait : or le nerf ne sent On va donc prendre la sensation au point in la localise, l'en extraire, la rapprocher elle parait dépendre plus encore que du rait ainsi, logiquement, à la mettre dans le s'aperçoit bien vite que si elle n'est pas au ttt se produire, elle ne pourra pas davan- ; que si elle n'est pas dans le nerf, elle ne 3 dans le cerveau; car pour expliquer sa itre à la périphérie, une certaine force est devra attribuer à une conscience plus ou audra donc aller plus loin, et après avoir sensations vers le centre cérébral, les poushors du cerveau et hors de l'espace. On se ■> des sensations absolument inextensives, et iSpace vide, indifférent aux sensations qui

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viendront s'y projeter ; puis on s'épuisera en efforts de tout genre pour nous faire comprendre comment les sensations inextensives acquièrent de l'éteadue, et choisissent, pour s'y localiser, tels points de l'espace de préférence A tous les autres. Mais ceUe doctrine n'est pas seulement incapable de nous montrer clairement comment l'inétendu s'étend ; elle rend également inexplicables l'aQection, l'extension et la représentation. Elle devra se donner les états affectifs comme autant d'absolus, dont on ne voit pas pourquoi ils apparaissent ou disparaissent à tels ou tels moments dans la conscience. Le passage de l'aflection à la représentation restera enveloppé d'un mystère aussi impénétrable, parce que, nous le répétons, on ne trouvera jamais dans des états intérieurs, simples et inextensifs, une raison pour qu'ils adoptent de préférence tel ou tel ordre déterminé dans l'espace. Et enfin la représentation elle>mème devra être posée comme un absolu : on ne voit ni son origine, ni sa destination.

Les choses s'éclaircissent, au contraire, si l'on part de la représentation même, c'est-à-dire de la totalité des images perçues. Ma perception, à l'état pur, et isolée de ma mémoire, ne va pas de mon corps aux autres corps : elle est dans l'ensemble des corps d'abord, puis peu à peu se limite, et adopte mon corps pour centre. Et elle y est amenée justement par l'expérience de la double faculté que ce corps possède d'accomplir des actions et d'éprouver des affections, en un mot par l'expérience du pouvoir seasorî-moteur d'une certaine image, privilégiée entre toutes les images. D'un cAté, en eUet, cette image occupe toujours le centre de la représentation, de manière que les autres images s'échelonnent autour d'elle

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I OÙ elles pourraient subir son action ; de s l'intérieur, le dedans, par des sensations jtives, au lieu d'en connaître seulement, images, la pellicule superficielle. Il y a ible des images, une image favorisée, perndeurs et non plus simplement à sa surion en même temps que source d'action :

particulière que j'adopte pour centre de iir base physique de ma personnalité.

1er plus loin et d'établir une relation préinne et les images où elle s'installe, résuen l'opposant aux analyses de la psycliohéorie que nous venons d'esquisser de la

3nir, pour simplifier Texpositioa, au sens avions choisi comme exemple. On se donne asations élémentaires, correspondant aux s par les cônes et bâtonnets de la rétine, iations qu'on va reconstituer la perception ord il n'y a pas une rétine, il y en a deux, liquer comment deux sensations, supposées sut en une perception unique, répondant à )ns un point de l'espace, question résolue. Les sensations dont on lives. Comment reçoivent-elles l'extension ?

'étendue un cadre tout prêt à recevoir les iflet de la seule simultanéité de sensations 13 la conscience sans se fondre ensemble, le dans l'autre on introduira avec l'étendue louveau, dont on ne rendra pas compte, et

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ESTEIfSIOH NATURELLE DES IMAGES S5

le processus par lequel la sensation rejoint l'éteodue, le choix p<tr chaque sensation élémentaire d'un point déterminé de l'espace, demeureront inexpliqués.

Passons sur cette difSculté. Voici rétendue visuelle congtituée. Comment rejoint-elle à son tour l'étendue tactile f Tout ce que ma vue constate dans l'espace, mon toucher le vérifie. Dira-t-on que les objets se constituent précisément par la coopération de la vue et du toucher, et que l'accord des deux sens dans la perception s'explique par ce fait que l'objet perçu est leur œuvre commune? Mais on ne saurait rien admettre ici de commun, au point de vue de la qualité, entre une sensation visuelle élémentaire et une sensation tactile, puisqu'elles appartiendraient à deux genres entièrement diftérents. La correspondance entre l'étendue visuelle et l'étendue tactile ne peut donc s'expliquer que par le parallélisme de l'ordre des sensations visuelles à l'ordre des sensations tactiles. Nous voici donc obligés de supposer, en outre des sensations visuelles, en outre des sensations tactiles, un certain ordre qui leur est commun, et qui, par conséquent, doit être indépendant des unes et des autres. Allons plus loin : cet ordre est Indépendant de notre perception individuelle, puisqu'il apparaît de même à tous les hommes, et constitue un monde matériel où des effets sont enchaînés à des causes, où les phénomènes obéissent à des lois. Nous nous trouvons donc enfin conduits à l'hypothèse d'un ordre objectif et indépendant de nous, c'est-à-dire d'un monde matériel distinct de la sensation.

Nous avons, à mesure que nous avancions, multiplié es données irréductibles et grossi l'hypothèse simple d'où nous étions partis. Mais y avons-nous gagné quelque chose 7

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laquelle nous aboutissOBs est iadispeo-

faire compreadre le merveilleux accord tre elles, nous ue connaissous rieu d'elle )Qs lui dénier toutes les qualités aperçues, ins dont elle a simplement à expliquer la ;ile n'est donc, elle ne peut être rien de ce WDS, rien de ce que nous imaginons. Elle entité mystérieuse.

re nature, le rdle et la destination de notre «nt enveloppés d'un aussi grand mystère, iomment naissent, et à quoi doivent servir mentaîres, inextensives, qui vont se déve- » T II faut les poser comme autant d'absolus,

l'origine ni la Su. Et à supposer qu'il faille

cun de nous, l'esprit etle corps, on ne peut

lu corps, ni de l'esprit, ni du rapport qu'il»

eux.

quoi consiste notre hypothèse et sur quel

)are-t-elle de l'autre? Au lieu de partir de

ne peut rien dire puisqu'il n'y a aucune e soit ce qu'elle est plutôt que tout autre is de l'action, c'est-à-dire de la faculté que er des changements dans les choses, faculté jcience et vers laquelle paraissent converger ces du corps organisé. Nous nous plaçons is l'ensemble des images étendues, et dans el nous apercevons précisément des centres , caractéristiques de la vie. Pour que des

de ces centres, il faut que les mouvements autres images soient d'une part recueillis.

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