Kuumaul, Les troublet de la parole, Paris, 1884, p
A. Lîchtheim, Oa Aphcoia [Brain, 1885). Il faut remarquer pourtant qua
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nËAMSATION DBS SOUVENinS 131
à riiypolfaèse d'un < centre idéatioQuel », relié, par des voies transcorticales, aux dirers centres de la parole. Mais ce centre des idées s'est bien vite dissout à l'analyse. Tandis, en eQet, que la physiologie cérébrale trouvait de mieux en mieux à localiser des sensations et des mouvements, jamais des idées, la diversité des aphasies sensorielles obligeait les cliniciens à dissocier le centre intellectuel en centres imagioatifs de multiplicité croissante, centre des représenta* tions visuelles, centre des représentations tactiles, centre des représentittions auditives, etc., — bien plus, à scinder parfois en deux voies diOéreotes, l'une ascendante et l'autre descendante, le chemin qui les ferait communiquer deux à deux <. Tel fut le trait caractéristique des schémas de la période ultérieure, ceux de Wysman », de Moeii ', de Freud*, etc. Ainsi la théorie se compliquait de plus en plus, sans arriver pourtant à étreindre la complexité du réel. Bien plus, à mesure que les schémas devenaient plus compliqués, ils figuraient et laissaient supposer la possibilité de lésions qui, pour être plus diverses sans doute, devaient être d'autant plus spéciales et plus simples, la complication du schéma tenant précisément à la dissociation de centres qu'on avait
Wernicke, le premier qui oit itudié ijitemstiquement l'apbasie sensorielle, ae pus&it d'ua centre des concepts. {Der aphcaisehe Symplomencomptex, Breslau, 1871.)
l.Bostian, On différent kin<tsofAphiina{BrilUhSledieaUoumat, 1887).— Cf. l'explication (indiquée seulement comme possible) de.ï'aphaaie optique par Bembeim: De la cécité psychique dee choies (Rniue de Médecine, im],
2. Wyaman, Aphatie und vervsandle ZuslSnde (Deulsches ArvMv fur ilinûcAe Medicin, 1890), — Msgnan eiait d'ailleurs entré déjà dans cette voie, comme l'indique lo scbéma de SlcwortzoCT, De la cécité des mois (tb. de méd., 1S81, pi. I).
3. Moeli, Veber Aphasie bei Wahmehmung der GegenstSnde durch dit Geàcht (Berliner kliniachs Wockensckrift, 28 avril 1890),
t. Freud, Zur Auffaasung der Aphasien, Lcipsîg, 1891.
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132 LA MÉaOIIlE ET LE CERVEAU
d'abord confondus. Or, l'e'xpérience était loin de donner raison ici à la théorie, puisqu'elle montrait presque toujours, partiellement et diversement réunies, plusieurs de ces lésions psychologiques simples que la théorie isolait. La complication des théories de l'aphasie se détruisant ainsi ellemême, faut-il s'étonner de voir la pathologie actuelle, de plus en plus sceptique à l'égard des schémas, revenir purement et simplement à la description des faits' ?
Mais comment pouvait-il en être autrement ? On croirait, à entendre certains théoriciens de l'aphasie sensorielle, qu'ils n'ont jamais considéré de prés la structure d'une phrase. Ils raisonnent comme si une phrase se composait de noms qui vont évoquer des Images de choses. Que deviennent ces diverses parties du discours dont le rdle est justement d'établir entre les images des rapports et des nuances de tout genre ? Dira-t-on que chacun de ces mots exprime et évoque luimême une image matérielle, plus confuse sans doute, mais déterminée ? Qu'on songe alors à la multitude de rapports didérents que le même mot peut exprimer selon la place qu'il occupe et les termes qu'il unit ! Alléguerez-vous que ce sont là des raffinements d'une langue déjà très perfectionnée, et qu'un langage est possible avec des noms concrets destinés à faire surgir des images de choses ? Je l'accorde sans peine ; mais plus la langue que vous me parlerez sera primitive et dépourvue de termes exprimant des rapports, plus vous devrez faire de place à l'activité de mon esprit, puisque vous le forcez à rétablir les rapports que vous n'exprimez pas : c'est dire que vous abandonnerez de plus en plus l'hypo-
n coogrèa d'aliénUtes. (Arch. de Neul•<^-
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niSALISATION DES SOUVENIRS 133
thèse d'après laquelle chaque image verbale irait décrocher son idée. A vrai dire, il n'y a jamais là qu'une question de degré : rafSnée ou grossière, une langue sous-enteud beaucoup plus de choses qu'elle n'en peut exprimer. Essentiellement discontinue, puisqu'elle procède ;par mots juxtaposés, la parole ne fait que jalonner de loin en loin les principales étapes du mouvement de la pensée. C'est pourquoi je comprendrai votre parole si je pars d'une pensée analogue à la v6tre pour en suivre les sinuosités à l'aide d'images verbales destinées, comme autant d'écriteaux, h me montrer de temps en temps le chemin. Mais je ne la comprendrai jamais si je pars des images verbales elles-mêmes, parce que entre deux images verbales consécutives il y a un intervalle que toutes les représentations concrètes n'arriveraient pas à combler. Les images ne seront jamais en effet que à.eaj\ choses, et la pensée est un mouvement.
C'est donc en vain qu'on traite images-souvenirs et idées comme des choses toutes faites, auxquelles on assigne ensuite pour demeure des centres problématiques. On a beau déguiser l'hypothèse sous un langage emprunté à l'auatomie et à la physiologie, elle n'est point autre chose que la conception associationnlste de la vie de l'esprit ; elle n'a pour elle que la tendance constante de l'intelligence discursive à découper tout progrès en phases et à solidifier ensuite ces phases en choses ; et comme elle est née, à priori, d'une espèce de préjugé métaphysique, elle n'a ni l'avantage de suivre le mouvement de la conscience ni celui de simpliQer l'explication des faits.
Mais nous devons poursuivre cette illusion jusqu'au point précis où elle aboutit à une contradiction manifeste. Les idées,
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disions-nous, les purs souvenirs, appelés du fond de la mémoire, se développent en souvenirs-images de plus eu plus capables de s'insérer dans le scbÈme moteur. A mesure que prennent la forme d'une représentation plus 13 concrëlo et plus couscieute, ils tendent i confondre avec la perception qui les attire ou itent le cadre. Donc il n'y a pas, il ne peut y serveau une région où les souvenirs se figent et La prétendue destraction des souvenirs par les aies n'est qu'une interruption da pn^rës conil te souvenir s'actualise. Et par conséquent, si }ute force localiser les souvenirs auditifs des )mple, en un point déterminé du cerveau, on tar des raisons d'égale valeur à distinguer ce atif du centre perceptif ou à confondre les deux ible. Or, c'est précisément ce que l'expérience
iftet ta singulière contradiction où cette théorie lar l'analyse psychologique, d'une part, par les ;iques de l'autre. D'un côté, semble-t-il, si la le fois accomplie demeure daus le cerveau à enir emmagasiné, ce ne peut être que comme tu acquise des éléments mêmes que la percepùonnés : comment, à quel moment précis, iraitlier d'autres? Et c'est en eQet à cette solution s'arrêtent Bain ' et Ribot '. Mais d'autre part îa là, qui nous avertit que la totalité des souvenirs
mt et l'Intelligence, p. 301. — Cf. Spencer, Principe* d* p. 483.
\aladies de la ménuiire, Paris, 1881, p. 10.
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