‹ Matière et mémoire, essai sur la relation du corps a l'espritChapitre 29 sur 71 · RÉALISATION DES SOUVENIRS 13T · texte numérisé non relu

RÉALISATION DES SOUVENIRS 13T

mettait l'observatioa clinique aux prises avec l'analyse psychologique et qu'il résultait de là, pour la doctrine de la localisation des souvenirs, une antinomie grave. Nous sommes tenus de chercher ce que deviennent les faits connus, quand on cesse de considérer le cerveau comme dépositaire de souvenirs ',

Admettons un iostaut, pour simpli&er l'exposition, que des excitations venues du dehors donnent naissance, soit dans l'écorce cérébrale soit dans d'autres centres, à des seosatioDS élémentaires. Nous n'avons toujours là que de» sensations élémentaires. Or, en fait, chaque perception enveloppe un nombre considérable de ces sensations, toutes coexistantes, et disposées dans un ordre déterminé. D'où vient cet ordre, et qu'est-ce qui assure cette coexistence? Dans le cas d'un objet matériel présent, la réponse n'est pas douteuse : ordre et coexistence viennent d'un organe des sens.

1. La théoris que nom eiquissons ici reaaemble d'ailleura, p&r un cAtâ, A celle de Wundt. Signalons tout de suite le point commun et la. différence essentielle. Avec Wundt nous estimons que la perception distincte implique une action centrifuge, et par là nous sommes conduits à supposer avec lui (quoique dans un sem un peu différent), que les centres dits Imaginatifs sont ptutût des centies de groupement des impressions sensosorielles. Mais tandis que, d'après Wundt. l'action centrifuge consiste dans une ■ stimulation aperceptive • dont la nature n'est définissable que d'une manière générale et qui parait correspondre A ce qu'oi appelle d'ordinùrê la fixation de l'attention, nous prétendons que cette action centrifuge revit dans chaque cas une forme distincte, celle même de • l'objet virtuel » qui tend de degré en degré & s'actualiser. De là une diCTérenca importante dans la conception du rûle des centres. Wundt est conduit & poser : 1" un organe général d'aperception, occupant le lobe frontal, 2° des centres particuliers qui, incapables sans doute d'emmagasiner des images, conservent cependant des tendances ou dispositions à les reproduire. Noua soutenons au contraire qu'il ne pent rien rester d'une image dans là substance cérébrale, et qu'il ne saurait exister non plus un centre d'aperception, mais qu'il y a simplement, dans cette substance, des organes de perception virtuelle, influencés par l'intention du souvenir, comme il y a à la périphérie des organes de perception réelle, influencés par l'action da l'objet. {Voir la Paychologi» phyaiotosique, 1. 1, p. 242-252.)

impressionaé par ud objet extérieur. Cet organe est précisé* ment construit en vue de permettre à une pluralité d'excitaiinna eimiiiian^aa de l'impressionner d'une certaine manière 1 ordre en se distribuant, toutes à la fois, >i3ies de sa surface. C'est donc un immense I l'objet extérieur exécute tout d'un coup lie notes, provoquant ainsi, dans un ordre D seul moment, une énorme multitude de taires correspondant à tous les points inté-

sensoriel. Maintenant, supprimez l'objet aae des sens, ou l'un et l'autre : les mêmes taires peuvent être excitées, car les mêmes )tes à résonner de la même manière ; mais ui permettra d'en attaquer mille et mille à Dir tant de notes simples dans le même ms, la f région des images >, si elle existe, 1 clavier de ce genre. Certes, il n'y aurait e à ce qu'une cause purement psychique ent toutes les cordes intéressées. Mais dans L mentale, — le seul qui nous occupe, — la fonction parait certaine puisqu'une lésion le temporal l'abolit, et d'autre part noua

raisons qui fout que nous ne saurions ! concevoir des résidus d'images déposés e la substance cérébrale. Une seule hypolausible, c'est que cette région occupe, par je l'audition même, la place symétrique de

qui est ici l'oreille : ce serait une oreille

ontradiction signalée se dissipe. On com-

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prend, d'une part, que L'image auditive remémorée mette eo branle les mômes éléments nerveux que la perception prer mière, et que le souvenir se transforme ainsi graduellement en perception. Et l'on comprend aussi, d'autre part, que la faculté de se remémorer des sons complexes, tels que les mots, puisse intéresser d'autres parties de la substance nerveuse que la faculté de les percevoir : c'est pourquoi l'audition réelle survit, dans la surdité psychique, à l'audition mentale. Les cordes sont encore là, et sous l'inQuence des sons extérieurs elles vibrent encore ; c'est le clavier intérieur qui manque.

En d'autres termes enfin, les centres où naissent les sensations élémentaires peuvent être actionnés, en quelque sorte, de deux cdtés diJiérents, par devant et par derrière. Par devant ils reçoivent les impressions des organes des sens et par conséquent d'un objet réel; par derrière ils subissent, d'intermédiaire en intermédiaire, l'influence d'un objet virtuel. Les centres d'images, s'ils existent, ne peuvent être que les organes symétriques des oi^anes des sens par rapport à ces centres sensoriels. Ils ne sont pas plus dépositaires des souvenirs purs, c'est-à-dire des objets virtuels, que les organes des sens ne sont dépositaires des objets réels.

Ajoutons que c'est là une traduction, inrmiment abrégée, de ce qui peut se passer en réalité. Les diverses aphasies sensorielles prouvent assez que l'évocation d'une image auditive n'est pas un acte simple. Entre l'intention, qui serait ce que nous appelons le souvenir pur, et l'image-souvenir auditive proprement dite, viennent s'intercaler le plus souvent des souvenirs intermédiaires, qui doivent d'abord se réaliser ea

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images-souvenirs dans des centres plus ou moins éloignés.

'^""* "' degrés successifs que l'idée arrive à prendre

image particulière qui est l'image verbale.

1 mentale peut être subordonnée à l'intégrité res et des voies qui y conduisent. Mais ces e changent rien au fond des choses. Quels mbre et la nature des termes interposés, nous a perception à l'idée, mais de l'idée à la perocessus caractéristique de la reconnaissance >ète, mais centrifuge.

roir, il est vrai, comment des escitatioDsémapeuvent donner naissance, par leur action brale ou sur d'autres centres, à des sensa- )ien évident qu'il D'y a là qu'une manière ixprimer. Le souvenir pur, à mesure qu'il à provoquer dans le corps toutes les sensadantes. Mais ces sensations virtuelles ellesreuir réelles, doivent tendre à faire agir le irimer les mouvements et attitudes dont elles t habituel. Les ébranlements des centres dits ilements qui précèdent d'ordinaire des moulis ou esquissés par le corps et qui ont même il de les préparer en les commençant, sont ause réelle de la sensation que la marque de la condition de son efficacité. Le progrès par irtuelle se réalise n'est pas autre chose que la ar lesquelles cette image arrive à obtenir du chea utiles. L'excitation des centres dits seurniëre de ces étapes; c'est le prélude à une , le commencement d'une action dans l'espace.

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