‹ Matière et mémoire, essai sur la relation du corps a l'espritChapitre 38 sur 71 · LA MÉMOIRE ET L'ESPRIT · texte numérisé non relu

LA MÉMOIRE ET L'ESPRIT

extérieurs, c'est la coDoexion qui est parfaite, puisque cca objets obéissent à des lois nécessaires ; mais alors l'autre condition, la présentation à la conscience, n'est jamais que partiellement remplie, car l'objet matériel, justement en raison de la multiplicité des éléments inaperçus qui le rattacbeut à tous les autres objets, nous paraît renfermer en lui et cacber derrière lui infiniment plus que ce qu'il nous laisse voir. — Nous devrions donc dire que l'existence, au sens empirique du mot, implique toujours à la fois, mais à des degrés diflérents, l' appréhension consciente et la connexion réguliè re. Mais aotre entendement, qui a pour fonction d'établir des distinctions tranchées, ne comprend point ainsi les choses. PIutAt que d'admettre la présence, dans tous les cas, des deux éléments mêlés dans des proportions diverses, il aime mieux dissocier ces deux éléments, et attribuer ainsi aux objets extérieurs d'une part, aux états internes de l'autre, deux modes d'existence radicalement différents, caractérisés chacun par la présence exclusive de la condition qu'il faudrait déclarer simplement prépondérante. Alors l'existence des états psychologiques consistera tout entière dans leur appréhension par la conscience, et celle des phénomènes extérieurs, tout entière aussi, dans l'ordre rigoureux de leur concomitance et de leur succession. D'où l'impossibilité de laisser aux objets matériels existants mais non perçus la moindre participation à la conscience, et aux états intérieurs non coascieuts la moindre participation à l'existence. Nous avons montré, au commencement de ce livre, les conséquences de la première illusion : elle aboutit à fausser notre représentation de la matière. La seconde, complémentaire de la première, vicinotre conception de l'esprit, en répandant sur l'idée de l'ien

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