LA UËHOIHE ET L'ESPRIT
efficace pour nous replacer, en quelque sorte, dans la vie du rêve. Le sommeil, naturel ou artificiel, provoque justement un détachement tie ce genre. On nous montrait récemment dans le sommeil une interruption de contact eotre les éléments nerveux, sensoriels et moteurs*. Même si l'on ne s'arréte pas à cette ingénieuse hypothèse, il est impossible de ne pas voir dans le sommeil un relâchement, au moins fonctionnel, de la tension du système nerveux, toujours prêt pendant la veille à prolonger l'excitation reçue en réaction appropriée. Or c'est un lait d'observation banale que 1' • exaltation > de la mémoire dans certains rêves et dans certains états somnambuliques. Des souvenirs qu'où croyait abolis reparaissent alors arec une exactitude frappante ; nous revivons dans tous leurs détails des scènes d'enfance eutièrement oubliées ; nous parlous des langues que nous ne nous souvenions même plus d'avoir apprises. Mais rien de plus instructif, à cet égard, que ce qui se produit dans certains cas de suffocation brusque, chez les noyés et les pendus. Le sujet, revenu à la vie, déclare avoir vu défiler devant lui, eu peu de temps, tous les ëvéuemeuts oubliés de son histoire, avec leurs plus infimes circonstances et dans l'ordre même où ils s'étaient produits'.
Un être humain qui rêverait son existence au lieu de la vivre
t . Mathias Duval, Théorie hislologique du tomjneil {C. R. de le Soc. de Biologie. 189û, p. 74). — Cf. Lëpine, Ibid., p. 85 et Revue de Médecine, août 1894, et eurtout Pupio, Le neurone et lea hypothèses histologiques. Parla, 1896.
2. Winalow, Obscure Diseases of tke Brain, p. 250 et suit. — Ribol, Maladies de la Mémoire, p. 139 et «uiv. — Maury, Le sommeil et les rêves, Paris, 1878, p. i33. —Eggev,Lemoi des mourants {Betue Philosophique, jtavhtel octobre 1898,) — Cf, le mot de Bali : ■ La mémoire est une faculté qu[ ne perd rien et enregistre tout • (Cili par BouiUard, Les amnésies. Thèse de méà., Paris, 1885, p. S5.)
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