‹ Matière et mémoire, essai sur la relation du corps a l'espritChapitre 44 sur 71 · LA UËHOIRE ET L'ESPRIT · texte numérisé non relu

LA UËHOIRE ET L'ESPRIT

unique des perceptions et qui ne se rapportent que de très loin à des oI)iet3 matériels. Nous les laisserons de cAté, pour n'envisager que les idées générales fondées sur ce que nous appelons la perception des ressemblances. Nous touIods suivre la mémoire pure, la mémoire intégrale, dans l'eSort continu qu'elle fait pour s'insérer dans l'Iiabitude motrice. Par là nous ferons mieux connaître le rôle et la nature de cette mémoire ; mais par là aussi nous éclaircirons peut-être, «n les considérant sous un aspect tout particulier, les deux cotions également obscures de ressemblance et de généralité. En serrant d'aussi prés que possible les difficultés d'ordre psychologique soulevées autour du problème des idées gênéraies, on arrivera, croyons-nous, à les enfermer dans ce cercle : pour généraliser il faut d'abord abstraire, mais pour abstraire utilement il faut déjà savoir généraliser. C'est autour de ce cercle que gravitent, consciemment ou inconsciemment, nominalismeetconceptualisme, chacune des deux doctrines ayant surtout pour elle l'insuffisance de l'autre. Les nominalistes, en eQet, ne retenant de l'idée générale que son extension, voient simplement en elle une série ouverte et indéfinie d'objets individuels. L'unité de l'idée ne pourra donc consister pour eux que dans l'identité du symbole par lequel nous désignons indifféremment tous ces objets distincts. S'il faut les en croire, nous commençons par percevoir une chose, puis nous lui adjoignons un mot : ce mot, renforcé de la faculté ou de l'habitude de s'étendre à un nombre indéfini d'autres choses, s'érige alors en idée générale. Mais pour que ;ende et néanmoins se limite ainsi aux objets qu'il icore faut-il que ces objets nous présentent des ices q^ui, en les rapprochant les uns des autres, les

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