L'ASSOCIATION DES IDÉES 1S
sociatioanisme. Mais il y en a un second, et c'est celui-là précisément que nous avons indiqué dans notre théorie de la reconnaissance. Nous aroas supposé que notre personnalité tout entière, avec la totalité de nos souvenirs, entrait, indivisée, dans notre perception présente. Alors, si cette perception évoque tour à tour des souvenirs différents, ce n'est pas par une adjonction mécanique d'éléments de plus en plus nombreux qu'elle attirerait, immobile, autour d'elle; c'est par une dilatation de notre conscience tout entière, qui, s'étalanl alors sur une plus vaste surface, peut pousser plus loin l'inventaire détaillé de sa richesse. Tel, un amas nébuleux, vu dans des télescopes de plus en plus puissants, se résout en un nombre croissant d'étoiles. Dans la première hypothèse (qui D'à guère pour elle que son apparente simplicité et son analogie avec uo atomisme mal compris), chaque souvenir constitue un être indépendant et figé, dont on ne peut dire ni pourquoi il vise à s'en agréger d'autres, ni comment il choisit, pour se les associer en vertu d'uue contiguïté ou d'une ressemblance, entre mille souvenirs qui auraient des droits égaux. Il fautsupposer que les idées s'entre-choquent au hasard, ou qu'il s'exerce entre elles des forces mystérieuses, et l'ou a encore contre soi le témoignage de la conscience, qui ne nous montre jamais des faits psychologiques flottant & l'état indépendant. Dans la seconde, on se borne à constater la solidarité des faits psychologiques, toujours donnés ensemble à ta conscience immédiate comme un tout indivise que la réflexion seule morcelle en fragments distincts. Ce qu'il faut expliquer alors, ce n'est plus la cohésion des états internes, mais le double mouvement de contraction et d'expansion par lequel la conscience resserre ou élargit le développement de son
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conteou. Mais ce moaTement se déduit, comme nous allona voir, des nécessités fondamentales de la vie; et il est aisé de voir aussi pourquoi les < associations > que nous paraissons former le long de ce mouvement épuisent tous les degrés successifs de la contiguïté et de la ressemblance.
Supposons en eSet, un instant, que notre vie psychologique se réduise aux seules fonctions sensori-motrices. En d'autres termes, plaçons-nous, dans la figure schématique que nous avons tracée (page ITT), à ce point S qui correspondrait à la plus grande simplification possible de notre vie mentale. Dans cet état, toute perception se prolonge d'elle-même en réactions appropriées, car les perceptions analogues antérieures ont monté des appareils moteurs plus ou moins comple^ies gui n'attendent, pour entrer en jeu, que la répétition du même appel. Or il y a, dans ce mécanisme, une association par ressemblance, puisque la perception présente agit en vertu de sa similitude avec les perceptions passées, et il y a là aussi une association par contiguité, puisque les mouvements consécutifs à ces perceptions anciennes se reproduisent, et peuvent môme entraîner à leur suite un nombre indéfini d'actions coordonnées à la première. Nous saisissons donc ici, à leur source même et presque confondues ensemble, -~ non point pensées, sans doute, mais jouées et vécues, — l'association par ressemblance et l'association par contiguïté. Ce ne sont pas là des formes contingentes de notre vie psychologique.
Î Elles représentent les deux aspects complémentaires d'une seule et même tendance fondamentale, la tendance de tout or- ""''■'""'' * "xtraire d'une situation donnée ce qu'elle a d'utile, siner la réaction éventuelle, sous forme d'habitude r la faire servir à des situations du même genre.
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