KO CONSCIENCE ET MATÉRIALITÉ
dessous des principes de la spéculation, si soigneusement analysés par les philosophes, il y a ces tendances dont on a négligé l'étude et qui s'expliquent simplement par la nécessité où es de vivre, c'est-à-dire, en réalité, d'agir. Déjà le iféré aux consciences individuelles de se manifester ;s exige la formation de zones matérielles distincles ondent respectivement à des corps vivants t en ce propre corps, et, par analogie avec lui, les autres its, sont ceux que je suis le mieux fondé à distinla continuité de l'univers. Mais une fois ce corps t distingué, les besoins qu'il éprouve l'amëaent à ler et à en constituer d'autres. Chez le plus humble ivants, la nutrition exige une recherche, puis un fin une série d'efforts convergeant vers un centre : levîendra justement l'objet indépendant qui doit ourriture. Quelle que soit la nature de la matière, e que la vie y établira déjà une première discon- )rimant la dualité du besoin et de ce qui doit serisfaire. Mais le besoin de se nourrir n'est pas le res s'oi^aniseot autour de lui, qui ont tous pour iservation de l'individu ou de l'espèce : or, chacun amène à distinguer, à côté de notre propre corps, Indépendants de lui que nous devons rechercher s besoins sont donc autant de faisceaux lumineux ïs sur la continuité des qualités sensibles, y descorps distincts. Ils ne peuvent se satisfaire qu'à m de se tailler dans cette continuité un corps, èlimiter d'autres corps avec lesquels celui-ci enïlatiou comme avec des personnes. Établir ces ut particuliers entre "ûes portions ainsi découpées
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PERCEPTION ET UATlËtlE
de la réalité sensible est iustement ce que nous app vivre.
Mais si cette première subdivision du réel répond 1 coup moins à l'intuition immédiate qu'aux besoins foada: taux de la vie, comment obtiendrait-on une connaissance approchée des choses en poussant la division plus loinen( Par là on prolonge le tnouvement vital; on tourne le doi connaissance vraie. C'est pourquoi l'opération grossier consiste à décomposer le corps en parties de même m que lui nous conduit à une impasse, incapables que nous sentons bientôt de concevoir ni pourquoi cette div s'arrêterait, ni comment elle se poursuivrait à l'inâni. représente, en effet, une forme ordinaire de l'action mal à propos transportée dans le domaine de la connais pure. On n'expliquera donc jamais par des particules, qi qu'elles soient, les propriétés simples dé la matière : toi plus suivra-t-on jusqu'à des corpuscules, artificiels comi corps lui-même, les actions et réactions de ce corps visde tous les autres. Tel est précisément l'objet de la ch Elle étudie moins la matière que les corps; on conçoit qu'elle s'arrête à un atome, doué encore des propriétés ( raies de la matière. Mais la matérialité de l'atome se di: de plus en plus sous le regard du physicien. Nous n'a aucune raison, par exemple, de nous représenter l'a comme solide, plutôt que liquide ou gazeux, ni de Hgurer l'action réciproque des atomes par des chocs p que de toute autre manière. Pourquoi pensons-nous : atome solide, et pourquoi à des chocs ? Parce que les sol étant les corps sur lesquels nous avons le plus manifeste; prise, sont ceux qui nous intéressent le plus dans nos
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SM CONSCIENCE ET JIATÉniALITlî
ports avec le monde extérieur, et parce que ie contact est le seul moyeo dont nous paraissions disposer pour (aire agir notre corps sur les autres corps. Mais des expériences fort simples montrent qu'il n'y a jamais contact réel entre deux corps qui se poussent'; et d'antre part la solidité est loin d'être un état absolument tranché de la matière •. Solidité et 9 cboc empruntent donc leur apparente clarté aux habitudes et nécessités de la vie pratique ; — des images de ce genre ne jettent aucune lumière sur le fond des choses.
S'il y a d'ailleurs une vérité que la science ait mise au-dessus 'Ûe toute contestation, c'est celle d'une action réciproque de toutes les parties de la matière les unes sur les autres. Entre les molécules supposées des corps s'exercent des forces attractives et répulsives. L'influence de la gravitation s'étend à travers les espaces interplanétaires. Quelque chose existe donc entre les atomes. On dira que ce n'est plus de la matière, mais de la force. Ou se figurera, tendus entre les atomes, des fila qu'on fera de plus en plus minces, jusqu'à ce qu'on les ait rendus invisibles et même, à ce qu'on croit, immaté* riels. Mais à quoi pourrait servir cette grossière image? La conservation de la vie exige sans doute que nous distinguions, dans notre expérience journalière, des choses inertes et des actions exercées par ces choses dans l'espace. Comme il nous est utile de fixer le siège de la chose an point précis où nous pourrions la toucher, ses contours palpables deviennent pour nous sa limite réelle, et nous voyons alors dans son action un
1. Voir, à ce sujet, Maxwell, Action at a dittanet {Sùienli/tc papers, Cambridge, iseo, t. 11, p. 3l3-3li].
2. Maxwell, MoUeular cotulilitlion of bodiet {Scienlifie papera, t. II, p. 618). — Van der Waal> amonlré, d'autre part, la coDtiauité des étala liquide et gazeux.
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PEnCEPTION ET MATIÈRE
je ne sais quoi qui s'en détache et en diQëre. Mai théorie de la matière se propose justement de réalité sous ces images usuelles, toutes relatives à c'est de ces images qu'elle doit s'abstraire d'abort Qous voyons force et matière se rapprocher et s mesure que le physicien en approfondit les effets, la force se matérialiser, l'atome s'idéaliser, ces converger vers une limite commune, l'unive ainsi sa continuité. On parlera encore d'atomes ; Bervera même son individualité pour notre espri mais la solidité et l'inertie de l'atome se dissoud mouvements, soit en lignes de force, dont la so proque rétablira la continuité universelle. A cet! devaient nécessairement aboutir, quoique part tout difiérents, les deux physiciens de ce siècle qu le plus avant dans la constitution de la matière, Faraday. Pour Faraday, l'atome est un < centre d entend par là que l'individualité de l'atome coni point mathématique où se croisent les lignes de ûuies, rayonnant à travers l'espace, qui le consti ment : chaque atome occupe ainsi, pour employé sions, ( l'espace tout entier auquel la gravitati< et ( tous les atomes se pénètrent les uns le. Thomson, se plaçant dans un tout autre oi suppose un fluide parfait, continu, homogène e aible, qui remplirait l'espace : ce que nous apf serait un anneau de forme invariable tourbill cette continuité, et qui devrait ses propriétés à s
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