CONSCIENCE ET MATÉRIALITÉ
existence et par conséquent son individualité à son mouvemeot'. Mais dans ruoè et l'autre hypothèses, dous voyons -s'évanouir, à mesure que nous approchons des derniers éléments de la matière, la discontinuité que notre perception ■établissait à la surface. L'analyse psychologique nous révélait •déjà que cette discontinuité est relative à nos besoins : toute philosophie de la nature finit par la trouver incompatible ^vec les propriétés générales de la matière.
A vrai dire, tourbillons et ligues de force ne sont jamais -dans l'esprit du physicien que des figures commodes, destinées â schématiser des calculs. Mais la philosophie doit se demander pourquoi ces symboles sont plus commodes que d'autres et permettent d'aller plus loin. Pourrions-nous, eu opérant sur -eux, rejoindre l'expérience, si les notions auxquelles ils correspondent ne nous signalaient pas tout au moins une direction où chercher la représentation du réel f Or, la direction -qu'ils indiquent n'est pas douteuse ; ils nous montrent, cliedninant à travers l'étendue concrète, des modijieations, des ions, des changements de tension ou à'énergie, et rien >se. C'est par là surtout qu'ils tendent à rejoindre purement psychologique que nous avions d'abord u mouvement, et qui nous le présentait, non comme e changement de rapport entre des objets auxquels erait comme un accident, mais comme une réalité et en quelque sorte indépendante. Ni la science ni ence ne répugneraient donc à cette dernière propo-
., On vorlex aloma {Pne. of Ihe Roy. Sae. ofEdinb., tSST). hèae du même genre ctyait été émise par Graham, On t/U bitity of gases {Proc. of Ihe Roy. Soc. , 18SÎ, p. 621 et suit.).
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DUREE ET TEKSIOS SÏ5
IV. — Le mouvement réel est plutôt le transport d'un état que Sune chose.
En formalaDt ces quatre propositions, nous n'avons fait, en réalité, que resserrer progressivement l'intervalle entre deux termes qu'on oppose l'un à l'autre, les qualités ou sensations, et les mouvements. A première vue, la distance parait mirancbissable. Les qualités sont hétérogènes entre elles, les mouvements homogènes. Les sensations, indivisibles par essence, échappent à la mesure ; les mouvements, toujours divisibles, se distinguent par des diJTérences calculables de direction et de vitesse. On se plaît à mettre les qualités, sous lorme de sensations, dans la conscience, tandis que les mouvemeats s'esécutent indépendamment de nous dans l'espace. Ces mouvements, se composant entre eux, ne donneraient jamais que des mouvement^; par un processus mystérieux, notre conscience, incapable de les toucher, les traduirait en sensations qui se projetteraient ensuite dans l'espace et viendraient recouvrir, on ne sait comment, les mouvements qu'elles traduisent. De là deux mondes diOéreots, incapables de communiquer autrement que par un miracle, d'un côté celui des mouvements dans t'espace, de l'autre la conscience avec les sensations. Et, certes, ta diUérence reste irréductible, comme nous l'avons montré nous-mêmes autrefois, entre la qualité, d'une part, et la quantité pure de l'autre. Mais la question est justement de savoir si les mouvements réels ne présentent entre eux que des diOérences de quantité, ou s'ils ne seraient pas la qualité même, vibrant pour ainsi dire intérieurement et scandant sa propre existence en un nombre souvent incalculable de moments. Le mouvement que la mécanique étudie n'est qu'une abstraction ou un symbole, une Bergson. Ualitre et mémoire. IS
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tu CONSCIENCE ET UATËRIALITË
commune mesure, an âénominateur commun permettant de comparer entre eux tous les mouvements réels ; mais ces mouvements, envisagés eu eux-mêmes, sont des indivisibles qui occupent de la durée, supposent un avant et un après, et relient les moments successifs du temps par un SI de qualité variable qui ne doit pas être sans quelque analogie avec la continuité de notre propre conscience. Ne pouvons-nous pas concevoir, par exemple, que l'irréductibilité de deux couleur» aperçues tienne surtout à l'étroite durée où se contractent les trillioos de vibrations qu'elles exécutent en un de nos instants ? Si nous pouvions étirer cette durée, c'est-à-dire la vivre dans un rytbme plus lent, ne verrions-nous pas, à mesure que ce rythme se ralentirait, les couleurs pâlir et s'allonger en impressions successives, encore colorées sans doute, mais de plus en plus près de se confondre avec des ébranlements purs ? Là où le rythme du mouvement est assez lent pour cadrer avec les habitudes de notre conscience, — comme il arrive pour les notes graves de la gamme par exemple, — ne sentons-nous pas la qualité perçue se décomposer d'elle-même en ébranlements répétés et successifs, reliés entre eux par une continuité intérieure? Ce qui nuitd'ordinaire au rapprochement, c'est l'habitude prise d'attacher le mouvement à des éléments, — atomes ou autres, — qui interposeraient leur solidité entre le mouvement luimême et la qualité eu laquelle il se coutracte. Comme notre expérience journalière nous montre des corps qui se meuvent, il nous semble que, pour soutenir les mouvements élémentaires auxquels les qualités se ramènent, il faille an moins des corpuscules. Le mouvement n'est plus alors pour notre imagination qu'un accident, une série de positions, ua
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chaDgemeot de rapports ; et comme c'est une loi d représeatation que le stable y déplace l'instable, 1'^ important et central devient pour nous l'atome, dont vement ne ferait plus que relier les positions succi Mais cette conception n'a pas seulement l'inconvén ressusciter pour l'atome tous les problèmes que la : soulève ; elle n'a pas seulement le tort d'attribuer une absolue à cette division de la matière qui parait répondre aux besoins de la vie ; elle rend encore ii gible Le'processus par lequel nous saisissons dans no ception, tout i la lois, un état de notre conscience réalité indépendante de nous. Ce caractère mixte d perception immédiate, cette apparence de contradicti Usée, est la principale raison tbéorique que nous a^ croire à un monde extérieur qui ne coïncide pas abso avec notre perception; et comme on la méconna une doctrine qui rend la sensation tout à fait béti aux mouvements dont elle ne serait que la traductîo ciente, cette doctrine devrait, semble-t-il, s'en tenir a satioDs, dont elle a fait l'unique donnée, et ne pi adjoindre des mouvements qui, sans contact possib elles, n'en sont plus que le duplicat inutile. Le réalisn entendu se détruit donc lui-même. En définitive, nous pas lecboix : si notre croyance à un substrat plus oi homogène des qualités sensibles est fondée, ce ne pi que par un acte qui nous ferait saisir ou deviner, qualité mSme, quelque chose qui dépasse notre sei comme si cette sensation était grosse de détails sou] et inaperçus. Son objectivité, c'est-à-dire ce qu'elle a qu'elle ne donne, consistera précisément alors, cornu
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ie faisions pressentir, dans l'immense multiplicité des mouvements qu'elle exécute, en quelque sorte, à l'iatérieur de sa chrysalide. Elle s'étale, immobile, en surface; mais elle vit €t vibre en profondeur.
A vrai dire, personne ne se représente autrement le rapport de la quantité à la qualité. Croire à des réalités distinctes des réalités aperçues, c'est surtout reconnaître' que l'ordre de nos perceptions dépend d'elles, et non pas de nous. Il doit donc y avoir, dans l'ensemble des perceptions qui occupent un moment donné, la raison de ce qui se passera au moment suivant. El le mécanisme ne fait que formuler avec plus de précision cette croyance quand il affirme que les états de la matière peuvent se déduire les uns des autres. Cette déduction n'est possible, il est vrai, que si l'on découvre, sous l'hétérogénéité apparente des qualités sensibles, des éléments bomogëues et calculables. Mais, d'autre part, si ces éléments sont extérieurs aux qualités dont ils doivent expliquer l'ordre régulier, ils ne peuvent plus rendre le service qu'on leur demande, puisqjie les qualités ne s'y surajoutent alors que par une espèce de miracle et n'y correspoudent qu'en vertu d'une harmonie préétablie. Force est donc bien de mettre ces mouvements dans ces qualités, sous forme d'ébranlements intérieurs, de considérer ces ébranlements comme moins homogènes et ces qualités comme moins hétérogènes qu'ils ne le paraissent superficiellement, et d'attribuer la différence d'aspect des deux termes à la nécessité, pour cette multiplicité en quelque sorte indéfinie, de se contracter dans une durée trop étroite pour en scander les moments.
Insistons sur ce dernier point, dont nous avons déjà touché un mot ailleurs, mais que nous tenons pour essen-
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DURÉE ET TENSION tiel. La durée vécue par notre conscience est une rythme déterminé, bien diilérente de ce temps don physicien et qui peut emmagasiner, dans un donné, un nombre aussi grand qu'on voudra de phé Dans l'espace d'une seconde, la lumière rouge, — c< la plus grande longueur d'onde et dont les vibrât par conséquent les moins fréquentes, — accomplit. 40 de vibrations successives. Veut-on se faire une ii nombre ? On devra écarter les vibrations les unes c assez pour que notre conscience puisse les compte au moins en enregistrer explicitement la successic cherchera combien cette succession occuperait de mois, ou d'années. Or, le plus petit intervalle de te dont nous ayons conscience est égal, d'après Exner liëmes de seconde ; encore est-il douteux que nous percevoir de suite plusieurs intervalles aussi court: tons cependant que nous en soyons capables ind^ Imaginons, en un mot, une conscience qui assis défilé de 400 trilHons de vibrations, toutes instani seulement séparées les unes des autres par les 2 i de seconde nécessaires pour les distinguer. Un c simple montre qu'il faudra plus deSSOOO ans pou l'opération. Ainsi cette sensation de lumière rouge par nous pendant une seconde correspond, en soi, à cession de phénomènes qui, déroulés dans notre d la plus grande économie de temps possible, occupi de 3S0 siècles de notre histoire. Est-ce concevablt distinguer ici entre notre propre durée et le temps rai. Dans notre durée, celle que notre conscience p intervalle donné ne peut contenir qutin nombre
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phéDomèaes conscients. GonceTOQS-nous que ce contenu augmente, et quand noas parlons à'nn temps iadéfiniment divisible, est-ce bien à cette durée que noua pensons 7
Tant qu'il s'agit d'espace, on peut pousser la division aussi loin qu'on veut ; on ne change rien ainsi à la nature de ce qu'on divise. C'est que l'espace nous est extérieur, par déQuition ; c'est qu une partie d'espace nous parait subsister lors même que nous cessons de nous occuper d'elle. Aussi avonsnous beau la laisser indivisée, nous savons qu'elle peut attendre, et qu'un nouvel eOort d'imagination la décomposerait à son tour. Comme d'ailleurs elle ne cesse jamais d'être espace, elle implique toujours juxtaposition et par conséquent division possible. L'espace n'est d'ailleurs, au fond, que le scbëme de la divisibilité indéllnie. Mais il en est tout autrement de la durée. Les parties de notre durée coîncideut avec les moments successifs de l'acte qui la divise ; autant nous y fixons d'instants, autant elle a de parties ; et si notre conscience ne peut démêler dans un intervalle qu'un nombre déterminé d'actes élémentaires, si elle arrête quelque part la division, là s'arrête aussi la divisibilité. En vain notre imagination s'efiorce de passer outre, de diviser les dernières parties à leur tour, et d'activer en quelque sorte la circulation de nnc nh^nnm^nAs intérieurs: le même effort, par lequel nous !er plus loin la division de notre durée, allonëe d'autant. Et néanmoins nous savons que phénomènes se succèdent pendant que nous elques-uns à peine. Ce n'est pas seulement la DUS le dit; l'expérience grossière des sens ijà deviner; nous pressentons dans la nature beaucoup plus rapides que celles de nos
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DURÉE ET TENSIOM états intérieurs. Comment les concevoir, et quelle durée dont la capacité dépasse toute imaginatioa ?
Ce n'est pas la nôtre, assurément ; mais ce n'est p: tage cette durée impersonnelle et homogène, la m{ tout et pour tous, qui s'écoulerait, indiflérente et dehors de ce qui dure. Ce prétendu temps homogën« nous avons essayé de le démontrer ailleurs, est une langage, une fiction dont on retrouve aisément l'or réalité, il n'y a pas un rythme unique de la durée ; imaginer bien des rythmes âiOérents, qui, plus lenti rapides, mesureraient le degré de tension ou de relj des consciences, et, par là, fixeraient leurs places re: jaas la série des êtres. Cette représentation de duré* ticité inégale est peut-être pénible pour notre espr contracté l'habitude utile de substituer à la durt vécue par la conscience, un temps homogène et iadé] mais d'abord il est facile, comme nous l'avons me démasquer l'illusion qui rend une telle reprfe pénible, et ensuite cette idée a pour elle, au fond, 1 ment tacite de notre conscience. Ne nous arrive-tpercevoir en nous, pendant notre sommeil, deux p' contemporaines et distinctes dont l'une dort quelq eûtes tandis que le rêve de l'autre occupe des )oui semaines ? El l'histoire tout entière ne liendrait-ell un temps très court pour une conscience plus tendu oAtre, qui assisterait au développement de l'human contractant, pour ainsi dire, dans les grandes pbasi évolution? Percevoir consiste donc, en somme, à c< des périodes énormes d'une existence infmiment d quelques moments plus différenciés d'une vie plus in
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à résumer ainsi une très longue histoire. Percevoir signifie
immobiliser.
C'est dire que nous saisissons, dans l'acte de la perception, {ui dépasse la perception même, sans que 'ers matériel difTëre ou se distingue essentielrésentatioQ que nous en avons. En un sens, l'est bien intérieure, puisqu'elle contracte en |ue de ma durée ce qui se répartirait, en soi, ncalculable de moments. Mais si vous supfiriice, l'univers matériel subsiste tel qu'il était : me vous avez fait abstraction de ce rythme, irée qui était la condition de mon action sur boses rentrent en elles-mêmes pour se scan- ) moments que la science en distingue, tsl \hs es, sans s'évanouir, s'étendent et se délayent incomparablement plus divisée. La matière m ébranlements sans nombre, tous liés dans Ininterrompue, tous solidaires entre eux, et ous sens comme autant de frissons. — Reliez es, en un mot, les objets discontinus de votre laliëre; résolvez ensuite la continuité immolalités en ébranlements sur place; attachez- 'ements en vous dégageant de l'espace divi- 3-tend pour n'en plus considérer que la mobidivisé que votre consdence saisit dans les e vous exécutez vous-même : vous obtiendrez le vision fatigante peut-être pour votre imamre, et débarraâséedeceque les exigences de int ajouter dans la perception extérieure. — ntenant ma conscience, et, avec elle, les exi-.
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ÉTENDUE ET EXTEDSIOK SîJ
gences de la vie : de très loio en très loia, et en {raachissant chaque fois d'énormes périodes de l'histoire intérieure de» choses, des vues quasi instantanées vont être prises, vuea cette fois pittoresques, dont les couleurs plus tranchées condensent une inÛDité de répétitions et de changements élémentaires. C'est ainsi que les mille positions successives d'un coureur se contractent en une seule altitude symbolique, que notre œil perçoit, que l'art reproduit, et qui devient, pour tout le monde, l'image d'un homme qui court. Le regard que nous jetons autour de nous, de moment en moment, ne saisit donc que les eOets d'une multitude de répétitions et d'évolutions intérieures, efEets par là même discontinus, et dont nous rétablissons la continuité par les mouvements relatifs que nous attribuons à des * objets > dans l'espace./ Le changement est partout, mais en profondeur ; nous le localisons çà et là, mais en surface; et nous constituons aiasi des corps à la fois stables quant à leurs qualités et mobiles quant à leurs positionsy un simple changement de lieu contractant en lui, à nos yeux, la transformation universelle.
Qu'il y ait, en un certain sens, des objets multiples, qu'un homme se distingue d'un autre homme, un arbre d'un arbre, une pierre d'une pierre, c'est incontestable, puisque chacun de ces êtres, chacune de ces choses a des propriétés caractéristiques et obéit à une loi déterminée d'évolution. Mais la séparation entre la chose et son entourage ne peut être absolument tranchée ; on passe, par gradations insensibles, de l'une à l'autre : l'étroite solidarité qui lie tous les objets de l'univers matériel, la perpétuité de leurs actions et réaction»
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'13* CONSCIENCE ET U&TËRIALITË
iréciproques, prouve assez qu'ils n'ont pas les limites précises que nous leur attribuons. Notre perception dessine, en quelque sorte, la forme de leur résidu ; elle les termine au point où s'arrête notre action possible sur eux et où ils ces- ( «eut, par conséquent, d'intéresser nos besoins. Telle est la I première et la plus apparente opération de l'esprit qui per- [ -çoit : il trace des divisions dans la continuité de l'étendue, ■cédant simplement aux suggestions du besoin et aux nécessités de la vie pratique. Mais pour diviser ainsi le réel, nous devons nous persuader d'abord que le réel est arbitrairement ■divisible. Nous devons par conséquent tendre au-dessous de la continuité des qualités sensibles, qui est l'étendue concrète, un filet aux mailles indéfiniment déformables et iadéâniment décroissantes : ce substrat simplement conçu, ce scbéme tout idéal de la divisibilité arbitraire et indéGnie, est l'espace homogène. — Maintenant, en même temps que notre percep tton actuelle et pour ainsi dire instantanée effectue cette division de la matière en objets indépendants, notre mémoire solidifie en qualités sensibles l'écoulement continu des choses. Elle prolonge le passé dans le présent, parce que notre action disposera de l'avenir dans l'exacte proportion où notre perception, grossie par la mémoire, aura contracté le passé. Répondre à une action subie par une réaction immé- \ diate qui en emboite le rythme et se continue dans la même \ durée, être dans le présent, et dans un présent qui recom- (mence sans cesse, voilà la loi fondamentale de la matière : en ste ta nécessité. S'il y a des actions libres ou tout au -tiellemeot indéterminées, elles ne peuvent appartees êtres capables de fixer, de loin en loin, Je devenir 1 leur propre devenir s'applique, de le solidlâeren
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ËTENDCE ET EXTENSION momentâ distiocts, d'en condenser ainsi la matière el l'assimilant, delà digérer en mouTementa de réaction <] seront à travers les mailles de la nécessité naturelle. ', ou moins haute tension de leur darée, qui exprime, a leur plus ou moins grande intensité de vie, détermic et la force de concentration de leur perceptioa et le d leur liberté. L'indépendance de leur action sur la matii biaote s'affirme de mieux en mieux à mesure qu'ils si geat davantage du rythme selon lequel cette matière s' De sorte que les qualités sensibles, telles qu'elles i dans notre perception doublée de mémoire, sont b moments successifs obtenus par la solidification du rét pour distinguer ces moments, et aussi pour les relier en par un fil qui soit commun à notre propre existeO' celle des choses, force nous est bien d'imaginer un : abstrait de là succession en général, un milieu homo indifférent qui soit à l'écoulemeot de la matière, dans de la longueur, ce que l'espace est dans le sens de la 1; en cela consiste le temps homogène. Espace bomo^ tem-ps homogène ne sont àonc ni des propriétés des ni des conditions essentielles de notre faculté de l naître : ils expriment, sous une forme abstraite, le travail de solidification et de division que nous subir à la continuité mouvante du réel pour nous y des points d'appui, pour nous y fixer des centres à tioo, pour y introduire enfin des changements véri ce sont les schémes de notre action sur la mati< première erreur, celle qui consiste à faire de ce tem] cet espace homogènes des propriétés des choses, cond 'insurmontables difficultés du dogmatisme métaphysi
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' S3» CONSCIEHCE ET MATÉRIALITÉ
mécanisme ou dynamisme, — le dynamisme érigeant ea autant d'absolus les coupes successives que nous pratiquons le long de l'univers qui s'écoule et s'efforçaat vainement alors de les relier entre elles par une espèce de déduction qualitative, le mécanisme s'attachant plutôt, dans l'une quelconque des coupes, aux divisions pratiquées dans le sens de la largeur, c'est-à-dire aux différences instantanées de grandeur et de position, et s'eflorçant non moins vainement d'engendrer avec la variation de ces différences, la succession des qualités sensibles. Se rallie-t-on, au contraire, à l'autre hypothèse ? : Kant, que l'espace et le temps soient des formes sibilité ? On aboutit à déclarer matière et esprit iconnaissables. Maintenant, si l'on compare les lèses opposées, on leur découvre un fond comisant du temps homogène et de l'espace homo- •éalités contemplées ou des formes de la conteraattribuent l'une et l'autre à l'espace et au temps ilutût spéculatif que vital. Il y aurait dès lors le dogmatisme métapbysique d'un côté et la phitique de l'autre, pour une doctrine gui verrait I et le temps bomogènes des principes de division ^tion introduits dans le réel en vue de l'action, connaissance, qui attribuerait aux choses une et une étendue réelle, et verrait enfin l'origine de ficultés non plus dans cette durée et cette étenartiennent effectivement aux choses et se mani< diatement à notre esprit, mais dans l'espace et Iç {ènes que nous tendons au-dessous d'elles pour itinu, fixer le devenir, et fournir à notre activité application.
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ÉTENDUE ET EÏTENSIOM Mais les conceptions erronées de la qualité seosib l'espace sont si profondémeDt enracinées dans l'espri jie saurait les attaquer sur un trop grand nombre de ] la lois. Disons donc, pour en découvrir un nouvel qu'elles impliquent ce double postulat, également acci le réalisme et par l'idéalisme : 1° eutre divers genres lités il n'y a rien de commun ; 2» il n'y a rien de ce non plus, entre l'étendue et la qualité pure. Nous pré au contraire qu'il y a quelque chose de commun ei qualités d'ordre différent, qu'elles participent toutes d< due à des degrés divers, et qu'on ne peut méconna deux vérités sans embarrasser de mille difficultés 1; physique de la matière, la psychologie de la percep plus généralement la question des rapports de la cor avec la matière. Sans insister sur ces conséquences, b nous pour le moment à montrer, au fond des diverses 1 de la matière, les deux postulats que nous contesl remontons à l'illusion d'où ils procèdent.
L'essence de l'idéalisme anglais est de tenir l'étendi une propriété des perceptions tactiles. Comme il dans les qualités sensibles que des sensations, et d sensations elles-mêmes que des états d'âme, il ne trou dans les qualités diverses, qui puisse fonder le parai de leurs phénomènes : force lui est donc bien d'expli parallélisme par une habitude, qui fait que les perc actuelles de la vue, par exemple, nous suggèrent des tiODs possibles du toucher. Si les impressions de dei différents ne se ressemblent pas plus que les mots d langues, c'est en vain qu'on chercherait à déduire les c de l'un des données de l'autre ; elles n'ont pas d'élémei
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