MB RÉSUMÉ ET CONCLUSION
blesse : comment d'ailleurs, si nous n'avions pas déjà la représentalioD d'un passé précédemment vécu, pouiTions-nous 7 reléguer les états psychologiques les moins intenses, alors , si simple de les juxtaposer aux états forts comme ence présente plus confuse à une expérience préclaire? La vérité est que la mémoire ne consiste it dans une régression du présent au passé, mais -e dans un progrès du passé au présent. C'est dans le nous nous plaçons d'emblée. Nous partons d'un lel >, que nous conduisons peu à peu, à travers \e plans de conscience diUéT&nts, jusqu'au terme où rialise dans une perception actuelle, c'est-à-dire aint où il devient un état présent et agissant, c'est- I jusqu'à ce plan extrême de notre conscience où se :re corps. Dans cet état virtuel consiste le souvenir
nt qu'on méconnaît ici le témoignage de )a consoù vient qu'on fait du souvenir une perception , dont on ne peut dire ni pourquoi nous la rejele passé, ni comment nous en retrouvons la date, droit elle réapparaît à un moment plutôt qu'à ua rjours de ce qu'on oublie la destination pratique de sychologiques actuels. On fait de la perception une lésintéressée de l'esprit, une contemplation seule* rs, comme le souvenir pur ne peut évidemment lelque chose de ce genre (puisqu'il ne correspond jalité présenteet pressante), souvenir et perception des états de même nature, entre lesquels on ne rouver qu'une di/Iôrence d'intensité. Mais la vérité ,re présent ne doit pas se définir ce qui est plus
byGooglc
RÉsuuË e:
intense : il est ce qui agit su jl est sensoriel et il est mol tout l'état de notre corps. No n'agit plus, maispourraitagi uae sensation présente dont vrai qu'au moment où le soi saut, il cesse d'être souvenir
On comprend alors pourq résulter d'un état cérébral.
venir; il lui donne prise si qu'il lui confère; mais le sou spirituelle. Avec la mémoire i dans le domaine de l'esprit.
VIII. — Nous n'avions pas confluent de l'esprit et de la les voir couler l'un dans l'ai la spontanéité de l'intelligenc un mécanisme corporel. C'est au phénomène de l'associatio idées générales les plus sim[
Quelle est l'erreur capita d'avoir mis tous les souvenir connu la distance plus ou ni de l'état corporel présent, c' t-il pu expliquer ni commen tion qui l'évoque, ni pourqi semblauce on contiguïté plu ni enfin par quel caprice ■ parmi les mille souvenirs qi guïtè rattacherait aussi bien
RÉSUMÉ ET CONCLUSION ociatioDoisme a brouillé et coufoQdu tous les iencê ditléreuts, s'obstinant à ne voir dans ud iB complet qu'un souvenir moins complexe,
eu réalité un souvenir moine rivé, c'est-A-dire i l'action et par là même plus banal, plus capable , — comme un vêtement de confection, — sur
de la situation présente. Les adversaires de isme l'ont d'ailleurs suivi sur ce terrain. Ils lui expliquer par des associations les opérations 9 l'esprit, mais non pas de méconnaître la vraie sociation elle-même. Là est pourtaat le vice oriciatiODoisme.
n de l'action, — le plan où notre corps a con- <sé en habitudes motrices, — et le plan de la , où notre esprit conserve dans tous ses détails notre vie écoulée, nous avons cru apercevoir au e et mille plans de conscience diQérents, niiPe tégrales et pourtant diverses de la totalité de ice vécue. Compléter un souvenir par des détails Is ne consiste pas du tout à juxtaposer mécaniiouveoirs à ce souvenir, mais â se transporter : conscience plus étendu, à s'éloigner de l'action ion du rêve. Localiser un souvenir ne consiste
à l'insérer mécaniquement entre d'autres souli décrire, par une expansion croissante de la
son intégralité, un cercle assez large pour que lassé y figure. Ces plans ne sont pas donnés, ame des choses toutes faites, superposées les ■es. Ils existent pluldt virtuellement, de cette )st pn^re anx choses de l'esprit- L'intelligence,
.byGoogIc
RÉSUtlË ET CONCLUSION se mouvaDt à tout moment le long de l'ioterva sépare, les retrouve ou plutôt les crée à nouveau i sa rie cousiste dans ce mouvement même. Alors prenons pourquoi les lois de l'association sont blance et la contiguïté plutôt que d'autres lois, et | mémoire choisit, parmi les souvenirs semblables c certaines images plutôt que d'autres images, et enfi se forment, par le travail combiné du corps et de premières notions générales. L'intérêt d'un être vi saisir dans une situatiou présente ce qui resser situation antérieure, puis d'en rapprocher ce qui t surtout ce qui a suivi, afin do profiter de sou passée. De toutes les associations qu'on pourrait in associations par ressemblance et par contiguïté d'abord les seules qui nient une utilité vitale. Mai^ prendre le mécaoisme de ces associations et surto tioD en apparence capricieuse qu'elles opéreni souvenirs, il faut se placer tour à tour sur ces < extrêmes que nous avons appelés le plan de l'actio du rêve. Dans le premier ne figurent que des motrices, dont on peut dire que ce sont des associai ou vécues plutôt que représentées : ici, ressembla tiguïté sont fondues ensemble, car des situations analogues, en se répétant, ont fini par lier certa ments de notre corps entre eux, et dès lors la mêi automatique dans laquelle nous déroulerons ces m cotttigus extraira aussi de la situation qui les occ ressemblance avec les situations antérieures. Mai: qu'on passe des mouvements aux images, et des i pauvres aux images plus riches, ressemblance et
byGooglc
178 RiiSUMÉ ET CONCLUSION
se dissocient : elles naissent par s'opposer sur cet autre plan extrême où aucune actioQ n'adhère plus aux images. Le choix d'une ressemblance parmi beaucoup de ressemblances, d'uue parmi d'autres contiguïtés, ne s'opère donc pas au dépend du degré sans cesse variable de tension de ), qui, selon qu'elle incline davantage à s'iusérer in présente ou à s'en détacher, se transpose tout s un ton ou dans un autre. Et c'est aussi ce double t de la mémoire entre ses deux limites extrêmes e, comme nous l'avons montré, les premières Dérales, l'habitude motrice remontant vers les nblables pour en extraire les similitudes, les blabies redescendant vers l'habitude motrice pour re, par exemple, dans la prononciation automaot qui les uuit. La généralité naissante de l'idée QC déjà dans une certaine activité de l'esprit, dans ent entre l'action et la représentation. Et c'est sera toujours facile à une certaine philosophie, is, de localiser l'idée générale à une des deux de la faire cristalliser en mots ou évaporer en ilors qu'elle consiste en réalité dans la marche de va d'une extrémité à l'autre.
a nous représentant ainsi l'activité mentale élélu faisant cette fois de notre corps, avec tout ce inoe, le dernier plan de notre mémoire, l'image pointe mouvante que notre passé pousse à tout as notre avenir, nous confirmions et nous éclairque nous avions dit du rôle du corps, en même nous préparions les voies à un rapprochement ps et l'esprit.
byGooglc
nÉSUHË ET CONCLUSION Après avoir étudié tour à tour, en eflet, la perceptioi et la mémoire pure, il nous restait à les rapprocher l'i l'autre. Si le souvenir pur est déjà l'esprit, et si la perc pure serait encore quelque chose de la matière, nous de eu nous plaçant au point de jonction entre la perceplio et le souvenir pur, projeter quelque lumière sur l'actio proque de l'esprit et de la matière, ëd fait, la perc « pure >, c'est-à-dire instantanée, n'est qu'un idéa limite. Toute perception occupe une certaine épaisse durée, prolonge le passé dans le présent, et participe de la mémoire- En prenant alors ta perception sous sa concrète, comme une synthèse du souvenir pur et de 1 ceptiOQ pure, c'est-à-dire de l'esprit et de la matière resserrions dans ses plus étroites limites le problè l'union de l'âme au corps. Tel est l'effort que nous tenté dans la dernière partie surtout de notre travail.
L'opposition des deux principes, dans le dualisme ei rai, se résout en la triple opposition de l'inétendu à l'é de la qualité à la quantité, et de la liberté à la nécess notre conception du réle du corps, si nos analyses de '. ceptioD pure et du souvenir par doivent éclaircir par qi côté la corrélation du corps à l'esprit, ce ne peut être ( condition de lever ou d'atténuer ces trois oppositions. î nonS'les donc tour à tour, eu présentant ici sous une plus métaphysique les conclusions que nous avons tenir de la seule psychologie.
1° Si l'on imagine d'un cAté une étendue réellement (
en corpuscules, par exemple, de l'autre une conscienc
des sensations par elles-mômes inextensives qui viend
se projeter dans l'espace, on ne trouvera évidemment t
BinasoH. Malitrc et mimoire. IS
byGooglc
S7t RÉSUMÉ ET COUCLUSIOS
commun entre cette matière et cette conscience, entre le corps . et l'esprit. Mais cette opposition de la perception et de la Jmaliëre est l'œuvre artificielle d'un entendement qui décompose et recompose selon ses habitudes ou ses lois : elle n'est pas-donnée à l'intuition immédiate. Ce qui est donné, ce ne sont pas des sensations inextensives : comment iraient-elles reioindre l'espace, y choisir un lion, s'y coordonner enfla pour construire une expérience universelle ? Ce qui est réel, ce n'est pas davantage une étendue divisée en parties indépendantes : comment d'ailleurs, n'ayant ainsi aucun rapport possible avec notre conscience, déroulerait-elle une série da changements dont l'ordre et les rapports correspondraient exactement à l'ordre et aux rapports de nos représentations ? Ce qui est donné, ce qui est réel, c'est quelque chose d'intermédiaire entre l'étendue divisée et l'inétendu pur ; c'est ce que nous avons appelé ïextensif. L'extension est la qualité ]a plus apparente de la perception. C'est en la consolidant et i en la subdivisant au moyen d'un espace abstrait, tendu par \ nous au-dessous d'elle pour les besoins de l'action, que nous constituons l'étendue multiple et indéfiniment divisible. C'est en la subtilisant au contraire, c'est en la faisant tour à tour dissoudre eu sensations aBectives et évaporer en contrefaçons des idées pures, que nous obtenons ces sensations inextensives avec lesquelles nous cherchons vainement ensuite à reconstituer des images. Et les deux directions opposées dans lesquelles nous poursuivons ce double travail sou< vrent à nous tout naturellement, car il résulte des nécessités mêmes de l'action que l'étendue se découpe pour nous en objets absolument indépendants (d'où une indication pour subdiviser l'étendue), et qu'on passe par degrés insen-
byGooglc
hësumé et conclusion eibles de l'affectiOD à la perception (d'où une tends supposer la perception de plus ea plus inextensive). notre entendement, dont le rAle est justement d'établ distinctions logiques et par conséquent des oppos trancbées, s'élance dans les deux voies tour à tour, ei cliacuAe d'elles va jusqu'au bout. Il érige ainsi, à l'ui extrémités, uue étendue iDdéfîniment divisible, à l'aut sensations absolument inextensives. Et il crée ainsi 1 sition dont il se donne ensuite le spectacle.
2> Beaucoup moins artificielle est l'opposition de la q à la quantité, c'est-à-dire de la conscience au mouven mais cette seconde opposition n'est radicale que si l'on meuce par accepter la première. Supposez en eflet q qualités des choses se réduisent à des sensations inexte; allectanl une conscience, en sorte que ces qualités rep tent seulement, comme autant de symboles, des change homogènes et calculables s'accom plissant dans l'espace devrez imaginer entre ces sensations et ces changemeni incompréhensible correspondance. Renoncez au contr établir à priori entre eux cette contrariété factice : vou: voir tomber uae à une toutes les barrières qui seniblaie séparer. D'abord, il n'est pas vrai que la conscience ai enroulée sur elle-même, à un défilé intérieur de perce] inextensives. C'est donc dans les choses perçues elles-n que vous allez replacer la perception pure, et vous éca ainsi un premier obstacle. Vous en rencontrez, il est vr second : les changements homogènes et calculables st quels la science opère semblent appartenir à des élé multiples et indépendants, tels que les atomes, dont seraient que l'accident; cette multiplicité va s'intei
byGooglc
179 nËSUHÉ ET CONCLUSION
\ entre la perception et son objet. Hais si la division de l'élen- \ due est purement relative à noire action possible sur elle, l'idée de corpuscules indépendants est à fortiori schématique et provisoire; la science etle-méme, d'ailleurs, nous autorise à l'écarter. Voilà une seconde barrière tombée. Un dernier intervalle reste à franchir : celui qui sépare l'hétérogénéité des qualités de rbomogénéité apparente des mouvements dans l'étendue. Mais justement parce que nous avons éliminé les éléments, atomes ou autres, que ces mouvements auraient pour siège, il ne peut plus être question ici du mouvement qui est l'accident d'un mobile, du mouvement abstrait que la
(mécanique étudie et qui n'est, au fond, que la commune mesure des mouvements concrets. Comment ce mouvement abstrait, qui devient immobilité quand on change de point de repère, pourrait-il fonder des changements réels, c'est-à-dire sentis? Comment, composé d'une série de positions instantanées, remplirait-il une durée dont les parties se prolongeai et se continuent les unes dans les autres? Une seule faypolonc possible, c'est que le mouvement concret, me la conscience, de prolonger son passé dans capable, en se répétant, d'engendrer les qualités il déjà quelque chose de la conscience, déjà e de la sensation. Il serait cette même sensation -tie sur un nombre inQnïment plus grand de te même sensationvibrant, comme nous disions, de sa chrysalide. Alors un dernier point resteer: comment s'opère la contraction, non plus ) mouvements homogènes eu qualités distinctes, ngements moins hétérogènes en changements ènes ? Mais à cette question répond notre ana-
n,g,t,7.cbyG00glc
nÉSUUÉ ET CONCLUSION i^^
lyse de la perception concrète :- cette perception, synthèse vivante de la perception pure et de la mémoire pure, résume nécessairement dans son apparente simplicité une multiplicité énorme de moments. Entre les qualités sensibles envisagées dans notre représentation, et ces mêmes qualités traitées comme des changements calculables, il n'y a donc qu'une différence de rythme de durée, une différence da tension intérieure. Ainsi, par l'idée de tension nous avons cherché à lever \ l'opposition de la qualité à la quantité, comme par l'idée/ d'extension celle de Tinétendu à l'étendu. Extension et tension admettent des degrés multiples, mais toujours déterminés. La fonction de l'entendement est de détacher de ces deux genres, extension et tension, leur contenant vide, c'est-à-dire l'espace homogène et la quantité pure, de substituer par là i des réalités souples, qui comportent des degrés, des abstractions rigides, nées des besoins de l'action, qu'on ne peut que prendre ou laisser, et de poser ainsi à la pensée réfléchie des dilemmes dont aucune alternative n'est acceptée par les choses.
3° Mais si l'on envisage ainsi les rapports de l'étendu à rinétendu, de la qualité à la quantité, on aura moins de peine à comprendre la troisième et dernière opposition, celle de la liberté à la nécessité. La nécessité absolue serait représentée par une équivalence parfaite des moments successifs de la durée les uns aux autres. En est-il ainsi de la durée de l'univers matériel? Chacun de ses moments pourrait-il se déduire mathématiquement du précédent? Nous avons supposé dans tout ce travail, pour la commodité de l'étude, qu'il en était bien ainsi; et telle est en effet la distance entre le rythme de notre durée et celui de l'écoulement des choses
byGooglc