Kay, Memory and how to improve it, New-York, 1888, p
Aauie
efficace pour nous replacer, en quelque sorte, dans la vie du rôve. Le sommeil, naturel ou artificiel, provoque justement un détachement de ce genre. On nous montrait récemment dans le sommeil une interruption de contact entre les élé ments nerveux, sensoriels et moteurs',. Même si l'on ne s’arrête pas à cette ingénieuse hypothèse, il est impossible de ne pas voir dans le sommeil un relâchement, au moins fonc tionnel, de la tension du système nerveux, toujours prêt pendant la veille à prolonger l'excitation reçue en réaction | appropriée. Or c’est un fait d'observation banale que |’ « exal: | tation » de la mémoire dans certains rêves et dans certains. états somnambuliques. Des souvenirs qu'on croyait abolis reparaissent alors avec une exactitude frappante ; nous revi- : vons dans tous leurs détails des scènes d'enfance entièrement oubliées ; nous parlons des langues que nous ne nous souvepions même plus d’avoir apprises. Mais rien de plus instructif, à cet égard, que ce qui se produit dans certains cas de sufiocation brusque, chez les noyés et les pendus. Le sujet, revenu à la vie, déclare avoir vu défiler devant lui, en peu de temps, tous les événements oubliés de son histoire, avec leurs plus infimes circonstances et dans l’ordre même où ils s’étaient produits?.
Un être humain qui réverait son existence au lieu de la vivre
1. Mathias Duval, Théorie histologique du sommeil (C. R. de la Soc. de Biologie, 1895, p. 74). — Cf. Lépine, Ibid., p. 85 et Revue de Médecine, août 1894, et surtout Pupin, Le neurone et les hypothèses histologiques,« Paris, 1896.
2. Winslow, Obscure Diseases of the Brain, p.250 et suiv. — Ribot, Mala: dies de la Mémoire, p.139 et suiv. — Maury, Le sommeil et les rêves, Paris, 4878, p. 439. — Egger, Le moi des mourants (Revue Philosophique, janvier et octobre 1896.) — Cf. le mot de Ball: « La mémoire est une faculté qui ne. perd rien et enregistre tout. » (Cité par Rouillard, Les amnésies, Thèse de méd., Paris, 1885, p. 25.)
| tiendrait sans doute ainsi sous son regard, à tout moment, la \ multitude infinie des détails de son histoire passée. Et celui, « au contraire, qui répudierait cette mémoire avec tout ce
| qu’elle engendre jouerait sans cesse son existence au lieu de se « la représenter véritablement : automate conscient, il suivrait | la pente des habitudes utiles qui prolongent l'excitation en « réaction appropriée. Le premier ne sortirait jamais du particu- « lier, et même de l'individuel. Laissant à chaque image sa date « dans le temps et sa place dans l’espace, il verrait par où ele diffère des autres et non par où elle leur ressemble. L'autre,
É toujours porté par l'habitude, ne démélerait au contraire dans | une situation que le côté par où elle ressemble pratiquement à des situations antérieures. Incapable sans doute de penser À l’universel, puisque l’idée générale suppose la représentation au moins virtuelle &’une multitude d'images remémorées, c'est néanmoins dans l’universel qu'il évoluerait, l’habitude % étant à l’action ce que la généralité est à la pensée. Mais ces deux états extrêmes, l'un d’une mémoire toute contem- - plative qui n'appréhende que le singulier dans sa vision, - l'autre d’une mémoire toute motrice qui imprime la marque à de la généralité à son action, ne s’isolent et ne se manifestent pleinement que dans des cas exceptionnels. Dans la vie * normale, ils se pénètrent intimement, abandonnant ainsi, l’un et l’autre, quelque chose de leur pureté originelle. Le ‘ premier se traduit par le souvenir des différences, le second. * par la perception des ressemblances : au confluent des deux
- courants apparaît l’idée générale.
Il ne s’agit pas ici de trancher en bloc la question des idées - générales. Parmi ces idées il en est qui n'ont pas pour origine
unique des perceptions et qui ne se rapportent que de très loin à des objets matériels. Nous les laisserons de côté, pour n’envisager que les idées générales fondées sur ce que nous appelons la perception des ressemblances. Nous voulons suivre la mémoire pure, la mémoire intégrale, dans l'effort continu qu’elle fait pour s’insérer dans l’habitude motrice.
Par là nous ferons mieux connaître le rôle et la nature de
cette mémoire ; mais par là aussi nous éclaircirons peut-être,
en les considérant sous un aspect tout particulier, les deux
notions également obscures de ressemblance et de généralité. En serrant d’aussi près que possible les difficultés d'ordre
psychologique soulevées autour du problème des idées géné”
rales, on arrivera, croyons-nous, à les enfermer dans ce cercle : pour généraliser il faut d’abord abstraire, mais pour abstraire utilement il faut déjà savoir généraliser. C’est au:
tour de ce cercle que gravitent, consciemment ou incons-
ciemment, nominalisme et conceptualisme, chacune des deux doctrines ayant surtout pour elle l'insuffisance de l’autre. Les nominalistes, en effet, ne retenant de l'idée générale que son extension, voient simplement en elle une série ouverte et indéfinie d’objets individuels. L'unité de l'idée ne pourra donc consister pour eux que dans l'identité du symbole par lequel]
nous désignons indifféremment tous ces objets distincts. Si"
faut les en croire, nous commençons par percevoir une chose,
puis nous lui adjoignons un mot : ce mot, renforcé dé la
faculté ou de l’habitude de s'étendre à un nombre indéfini
d’autres choses, s'érige alors en idée générale. Mais pour que
le mot s'étende et néanmoins se limite ainsi aux objets qu'il désigne, encore faut-il que ces objets nous présentent des ressemblances qui, en les rapprochant les uns des autres, les
distinguent de tous les objets auxquels le mot ne s'applique “pas. La généralisation ne va donc pas, semble-t-il, sans la “considération abstraite des qualités communes, et, de degré en degré, le nominalisme va être amené à définir l'idée géné-
rale par sa compréhension, et non plus seulement par son extension comme il le voulait d’abord. C’est de cette compréhension que part le conceptualisme. L'intelligence, d’après lui, résout l'unité superficielle de l'individu en qualités diverses, dont chacune, isolée de l'individu qui la limitait, devient, par là même, représentative d’un genre. Au lieu de
considérer chaque genre comme comprenant, en acte, une
multiplicité d'objets, on veut au contraire maintenant que
“chaque objet renferme, en puissance, et comme autant de qua- Aités qu’il retiendrait prisonniéres, une multiplicité de genres.
Mais la question est précisément de savoir si des qualités individuelles, même isolées par un effort d’abstraction, ne
restent pas individuelles comme elles l’étaient d’abord, et si.
pour les ériger en genres, une nouvelle démarche de l'esprit
m'est pas nécessaire, par laquelle il impose d’abord à chaque
qualité un nom, puis collectionne sous ce nom une multiplicité d'objets individuels. La blancheur d’un lis n’est pas la
blancheur d'une nappe de neige ; elles restent, même isolées "de la neige et du lis, blancheur de lis et blancheur de neige. ÆElles ne renoncent à leur individualité que si nous tenons compte de leur ressemblance pour leur donner un nom com-
mun : appliquant alors ce nom à un nombre indéfini d'objets semblabies, nous renvoyons à la qualité, par une espèce de ricochet, la généralité que le mot est allé chercher dans son application aux choses. Mais en raisonnant ainsi, ne revienton pas au point de vue de l’extension qu’on avait abandonné
d’abord? Nous tournons donc bien réellement dans un cercle; le nominalisme nous conduisant au conceptualisme, et le con: ceptualisme nous ramenant au nominalisme. La généralisation ne peut se faire que par une extraction de qualités communes ; mais les qualités, pour apparaître communes, ont déjà dû subir un travail de généralisation. |
En approfondissant maintenant ces deux théories adverses, on leur découvrirait un postulat commun : elles supposent, l’une et l’autre, que nous partons de la perception d'objets individuels. La première compose le genre par une énumération ; la seconde le dégage par une analyse ; mais c’est sur des individus, considérés comme autant de réalités données à l’intuition immédiate, que portent l'analyse et l’énumération. Voilà le postulat. En dépit de son évidence apparente, il n’est ni vraisemblable ni conforme aux faits.
A priori, en effet, il semble bien que la distinction nette des obiets individuels soit un luxe de la perception, de même que la représentation claire des idées générales est un raffinement de l'intelligence. La conception parfaite des genres est sans doute le propre de la pensée humaine ; elle exige un effort de rétlexion, par lequel nous effaçons d’une représentation les particularités de temps et de lieu. Mais la réflexion sur ces particularités, réflexion sans laquelle l’individualité des. objets nous échapperait, suppose une faculté de remarquer les différences, et par là même une mémoire des images, qui est certainement le privilège de l’homme et des animaux supérieurs. [l semble donc bien que nous ne débutions ni par la perception de l'individu ni par la conception du genre, mais par une Conpaissance intermédiaire, par un sentiment. confus de qualité marquante ou de ressemblance : ce senti
ment, également éloigné de la généralité pleinement conçue et de l’individualité nettement perçue, les engendre l'une et Pautre par voie de dissociation. L'analyse réfléchie l’épure en idée générale ; la mémoire discriminative le solidifie en perception de l’individuel.
Mais c'est ce qui paraîtra clairement si l’on se reporte aux lorigines tout utilitaires de notre perception des choses. Ce
“qui nous intéresse dans une situation donnée, ce que nous y devons saisir d’abord, c’est le côté par où elle peut répondre à une tendance ou à un besoin : or, le besoin va droit à la
ressemblance ou à la qualité, et n’a que faire des différences “individuelles. A ce discernement de l’utile doit se borner ; d'ordinaire la perception des animaux. C’est l'herbe en général qui attire l’herbivore : la couleur et l'odeur de l’herbe,
senties et subies comme des forces (nous n’allons pas jusqu’à “dire : pensées comme des qualités ou des genres) sont les seules données immédiates de sa perception extérieure. Sur ice fond de généralité ou de ressemblance sa mémoire pourra “taire valoir les contrastes d’où naîtront les différenciations ;
il distinguera alors un paysage d’un autre paysage, un champ “d’un autre champ ; mais c’est là, nous le répétors, le superflu de la perception et non pas le nécessaire. Dira-t-on que nous “ne faisons que reculer le problème, que nous rejetons sim-
plement dans l’inconscient l'opération par laquelle se déga- - gent les ressemblances et se constituent les genres ? Mais nous ne rejetons rien dans l'inconscient, par la raison fort simple 4 que ce n’est pas, à notre avis, un effort de nature psycholo-
gique qui dégage ici la ressemblance : cette ressemblance “agit objectivement comme une force, et provoque des réactions identiques en vertu de la loi toute physique qui veut que les
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mêmes effets d'ensemble suivent les mêmes causes profondes. Parce que l'acide chlorhydrique agit toujours de la même manière sur le carbonate de chaux, — qu'il soit marbre ou craie, — dira-t-on que l'acide déméle entre les espèces les raits caractéristiques d’un genre ? Or, il n'ya pas de différence essentielle entre l'opération par laquelle cet acide tire du sel sa base et l'acte de la plante qui extrait invariablement des sols les plus divers les mêmes éléments qui doivent lui servir de nourriture. Faites maintenant un pas de plus: imaginez une conscience rudimentaire comme peut être celle de l’amibe s’agitant dans une goutte d’eau : l'animalcule sentira la ressemblance, et non pas la différence, des diverses substances organiques qu'il peut s’assimiler. Bref, on suit du minéral à la plante, de la plante aux plus simples êtres conscients, de l'animal à l’homme, le progrès de l'opération par laquelle les choses et les êtres saisissent dans leur entourage ce qui les attire, ce qui les intéresse pratiquement, sans qu'ils aient besoin d’abstraire, simplement parce que le reste de l'entourage reste sans prise sur eux : cette identité de réaction | à des actions superficiellement différentes est le germe que la conscience humaine développe en idées générales.
Qu'on réfléchisse, en effet, à la destination de notre système nerveux, telle qu’elle paraît résulter de sa structure. Nous voyons des appareils de perception très divers, tous reliés, par l'intermédiaire des centres, aux mêmes appareils moteurs: La sensation est instable ; elle peut prendre les nuances les plus variées; au contraire le mécanisme moteur, une fois monté, fonctionnera invariablement de la même manière: On peut donc supposer des perceptions aussi différentes que possible dans leurs détails superficiels : si elles se continuent
par les mêmes réactions motrices, si l'organisme peut en
extraire les mêmes effets utiles, si elles impriment au corps ‘la même attitude, quelque chose de commun s’en dégagera, vet l'idée générale aura ainsi été sentie, subie, avant d’être
| représentée. — Nous voici donc enfin affranchis du cercle où
nous paraissions enfermés d’abord. Pour généraliser, disions-
| nous, il faut abstraire les ressemblances, mais pour dégager “utilement la ressemblance il faut déjà savoir généraliser.
La vérité est qu'il n'y a pas de cercle, parce que la ressem- “blance d'où l'esprit part, quand il abstrait d’ abord, n’est pas
la ressemblance où l’esprit aboutit lorsque, consciemment, il
généralise. Celle d’où il part est une ressemblance sentie, vécue, ou, si vous voulez, automatiquement jouée. Celle où
il revient est une ressemblance intelligemment aperçue ou
pensée. Et c’est précisément au cours de ce progrès que se construisent, par le double effort de l’entendement et de Ja
mémoire, la perception des individus et la conception des genres, — la mémoire greftant des distinctions sur les ressemblances spontanément abstraites, l’entendement dégageant de habitude des ressemblances l’idée claire de la généralité. Cette idée de généralité n'était à l’ origine que notre conscience d'une identité d’attitude dans une diversité de situations: c'était l'habitude même, remontant de la sphère des mouvements vers celle de la pensée. Mais, des genres ainsi esquissés mécaniquement par l'habitude, nous avons passé, par un effort de réflexion accompli sur cette opération même, à Didée générale du genre ; etune fois cette idée constituée, nous avons construit, cette fois volontairement, un nombre illimité de notions générales. Il n’est pas nécessaire ici de suivre lin intelligence dans le détail de cette construction. Bornons-
nous à dire que l’entendement, imitant le travail de la nature, a monté, lui aussi, des appareils moteurs, cette fois artificiels; pour les faire répondre, en nombre limité, à une multitude illimitée d'objets individuels : l'ensemble de ces mécanismes est la parole articulée.
Il s’en faut d’ailleurs que ces deux opérations divergentes de l'esprit, l’une par laquelle il discerne des individus, l’autre par laquelle il construit des genres, exigent le même eftort et progressent avec une égale rapidité. La première, ne réclamant que l'intervention de la mémoire, s’accomplit dès le début de notre expérience ; la seconde se poursuit indéfini ment sans s'achever jamais. La première aboutit à constitue des images stables qui, à leur tour, s'emmagasinent dans la mémoire : la seconde forme des représentations instables el évanouissantes. Arrêtons-nous sur ce dernier point. Nous touchons ici à un phénomène essentiel de la vie mentale.
L'essence de l'idée générale, en effet, est de se mouvoi sans cesse entre la sphère de l’action et celle de la mémoire pure. Reportonsnous en effet au schéma que nous avonk déjà tracé. En S est la perception actuelle que j'ai de mor corps, c’est-à-dire d'un certain équilibre sensori-moteur. Sul la surface de la base A B seront disposés, si l’on veut, met souvenirs dans leur totalité. Dans le cône ainsi déterminé l'idée générale oscillera continuellement entre le sommet # et la base À B. En S elle prendrait la forme bien nette d'un attitude corporelle ou d’un mot prononcé ; en AB elle revêti rait l'aspect, non moins net, des mille images individuelle: en lesquelles viendrait se briser son unité fragile. Et c’es pourquoi une psychologie qui s’en tient au fout fait, qui n! connaît que des choses et ignore les progrès, n'apercevra de ci
. souvenirs.
L'IDÉE GÉNÉRALE ET LA MÉMOIRE 177 mouvement que les extrémités entre lesquelles il oscille ; elle fera coïncider l’idée générale tantôt avec l’action qui la joue ou le mot qui l’exprime, tantôt avec les images multiples, en
nombre indéfini, qui en sont l'équivalent dans la mémoire.
Mais la vérité est que l'idée générale nous échappe dès que
.nous prétendons la figer à l’une ou l’autre de ces deux extré-
* mités. Elle consiste dans le double courant qui va de l’une à
- noncés, soit à s’évaporer en
l'autre, — toujours prête, soit à se cristalliser en mots pro-
Cela revient à dire qu'entre
les mécanismes sensori-mo-
teurs figurés par le point Set A" C7 B" la totalité des souvenirs dis- lei à # a … posés en AB il y a place, fi * /
comme nous le faisions pres- S /
- sentir dans le chapitre précé- É & Â
“dent, pour mille et mille
Fig. 8.
répétitions de notre vie psy-
«chologique, figurées par autant de sections A'B', AB", ete.
“du même cône. Nous tendons à nous éparpiller en AB À
| mesure que nous nous détachons davantage de notre état sen-
soriel et moteur pour vivre de la vie du rêve; nous tendons à nous concentrer en S à mesure que nous nous attachons plus
“fermement à la réalité présente, répondant par des réactions
motrices à des excitations sensorielles. En fait, le moi normal
ne se fixe jamais à l’une de ces positions extrêmes ; il se meut “entre elles, adopte tour à tour les positions représentées par
les sections intermédiaires, ou, en d’autres termes, donne À
* BerGson. Matière et mémoire. 12
Je, AT VA PE SO UOTE r: es à Las > + 14 : F 2\ 100
ses représentations juste assez de l’image et juste assez ae l’idée pour qu’elles puissent concourir utilement à l’action prèsente.
De cette conception de la vie mentale inférieure peuvent se déduire les lois de l’association des idées. Mais avant d’approfondir ce point, montrons l'insuffisance des théories courantes, de l’association.
Que toute idée surgissant dans l'esprit ait un rapport de ressemblance ou de contiguité avec l’état mental antérieur, c’est incontestable; mais une affirmation de ce genre ne nous’ renseigne pas sur le mécanisme de l’association, et même, à vrai dire, ne nous apprend absolument rien. On chercherait, vainement, en effet, deux idées qui n'aient pas entre elles quelque trait de ressemblance ou ne se touchent pas par quelque côté. S’agit-il de ressemblance? Si profondes que goient les différences qui séparent deux images, on trouvera toujours, en remontant assez haut, un genre commun auquel elles appartiennent, et par conséquent une ressemblance qui leur serve de trait d'union. Considère-t-on la contiguïté ? Une perception A, comme nous le disions plus haut, n’évoque « par contiguité » une ancienne image B que si elle nous rappelle d’abord une image A qui lui ressemble, car c'est un souvenir À’, et non pas la perception A, qui touche réelle: ment B dans la mémoire. Si éloignés qu'on suppose donc les deux termes À et B l’un de l’autre, il pourra toujours s’éta= blir entre eux un rapport de contiguité si le terme intercalaire A’ entretient avec À une ressemblance suffisamment lointaine. Cela revient à dire qu'entre deux idées quelconques, choisies au hasard, il y a toujours ressemblance et toujours,