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L ASSOCIATION DES IDÉES

si l’on veut, contiguité, de sorte qu’en découvrant un rapport de contiguïté ou de ressemblance entre deux représentations qui se succèdent on n'explique pas du tout pourquoi l’une | évoque l’autre.

| | La véritable question est de savoir comment s’opère la I sélection entre une infinité de souvenirs qui tous ressemblent … par quelque côté à la perception présente, et pourquoi un seul « d’entre eux, — celui-ci plutôt que celui-là, — émerge à la

“ lumière de la conscience. Mais à cette question l’association- | nisme ne peut répondre, parce qu’il a érigé les idées et les images en entités indépendantes, flottant, à la manière des … atomes d’Épicure, dans un espace intérieur, se rapprochant, -s’accrochant entre elles quand le hasard les amène dans la j sphère d'attraction les unes des autres. Et en approfondissant la doctrine sur ce point, on verrait que son tort a été d’intel- 4 … lectualiser trop les idées, de leur attribuer un rôle tout spé- - culatif, d’avoir cru qu’elles existent pour elles et non pour M nous, d’avoir méconnu le rapport qu’elles ont à l’activité du sl vouloir. Si les souvenirs errent, indifférents, dans une cons- … cience inerte et amorphe, il n'y a aucune raison pour que la perception présente attire de préférence l’un d’eux : je ne — pourrai donc que constater la rencontre, une fois produite, et | parler de ressemblance ou de contiguïité, — ce qui revient, au … fond, à reconnaître vaguement que les états de conscience on$ « des affinités les uns pour les autres.

—. Mans cette affinité même, qui prend la double forme de la contiguité et de la ressemblance, l’associationnisme n’en peut 4 fournir aucune explication. La tendance générale à s'associer —jemeure aussi obscure, dans cette doctrine, que les formes “ particulières de l'association. Ayant érigé les souvenirs-

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images individuels en choses toutes faites, données telles quelles au cours de notre vie mentale, l'associationnisme est. réduit à supposer entre ces objets des attractions mystérieuses, dont on ne saurait même pas dire à l’avance, comme de l’attraction physique, par quels phénomènes elles se manifesteront. Pourquoi une image qui, par hypothèse, se suffit à ellemême, viserait-elle en effet à s’en agréger d'autres, ou semblables, ou données en contiguité avec elle? Mais la vérité est que cette image indépendante est un produit artificiel et tardif de l’esprit. En fait, nous percevons les ressemblances avant les individus qui se ressemblent, et, dans un agrégat de parties contiguës, le tout avant les parties. Nous allons de la ressemblance aux objets ressemblants, en brodant sur la” ressemblance, ce canevas commun, la variété des différences individuelles. Et nous allons aussi du tout aux parties, par un travail de décomposition dont on verra plus loin la loi, et qui consiste à morceler, pour la plus grande commodité de la vie pratique, la continuité du réel. L'association n’est donc pas le fait primitif; c’est par une dissociation que nous débutons, et la tendance de tout souvenir à s’en agréger d’autres s'explique par un retour naturel de l'esprit à l'unité indivisée de la perception. |

Mais nous découvrons ici le vice radical de l’associationpisme. Etant donnée une perception présente qui forme tour à tour, avec des souvenirs divers, plusieurs associations successives, il y a deux manières, disions-nous, de concevoir le mécanisme de cette association. On peut supposer que la perception reste identique à elle-même, véritable atome psychologique qui s’en agrège d’autres au fur et à mesure que ces derniers passent à côté de lui. Tel est le point de vue de l’as-

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