‹ Matière médicale clinique de FarringtonChapitre 35 sur 59 · LEÇON XL · texte numérisé non relu

LEÇON XL

Lycopodium clavaïum.

^ycopodium a été depuis longtemps employé par les prcsli- *Sitateurs et dans les feux d'artifice pour la production d'une '««lière artificielle.

En prestidigitation, il est employé pour couvrir la main,

^près quoi on peut la plonger dans leau et la retirer parfaite-

^Jit sèche. Comme médicament, il a été considéré comme

âbsolximent inerte par les membres de l'école allopalhique, cl

^P^ployé seulement comme poudre asséchante par les nour-

ric^s. Par l'expérience de certaines personnes, on trouve qiui

«es s^rniptômes tout à fait graves suivaient l'usage de cette

foudi^. D'autres, au contraire, l'employaient pendant des mois

et -d^^ années, et déclaraient absolument qu'elle était inerte.

^<ï^i-cjuoi donc en était-il ainsi I>es Cryptogames, à l'inverse

^^ autres plantes, ont, au lieu de graines, des spores, qui

sorit ^quelquefois placées sous les feuilles, comme dans le cas

J^ {^M^copodium, Ces spores ont une carapace dure, comme une

J^^^He, dans laquelle on trouve une petite quantité d'une suhs-

Jaiic^ huileuse, qui est la partie active de la spore. Aussi loni»

icirij^^ que le lycopode employé consistait en spores intactes.

'^ ?^-^ît in-erte ; quand cependant elles étaient rompues, il de\c-

"*^r^ -^-ctif et des symptômes suivaient son application locale.

^^xis la préparation du Lycopode, il faut prendre grand soin ^"^ t^Dutes les spores soient brisées. Quand il est ainsi prépare, "^^^ -avons en lui un médicament très utile, que Hahncmann ^^^pfcérim^nté pour nous, et que nous employons presque cha- '"^ Jour dans la pratique. J'aime à vanter les vertus de ce j'^^^^^r'quable médicament, car Hahnemann, avec son infailli ^ loi, Ta tiré de son ignominieux emploi comme poudre pour ^'^^^nts, et l'a élevé au plus haut rang parmi les antipsori

^nl tout, nous étudierons la constitution, c'est-à-dire le

caractère général du médicament. Nous trouvons Lycopod. indiqué très fréquemment chez les personnes émaciées, qui sont musculairement faibles : l'écrit, cependant, est bien développé. Ceci est particulièrement à noter chez les enfants. 11 y a une prédisposition aux troubles du foie, et aussi aux affections du poumon ; la face est souvent pâle et malsaine ; les yeux sont creusés et entourés de cercles bleu sombre. Souvent aussi la face est sillonnée de plis et de rides, indiquant une maladie profonde. La face a des flux faciles, les joues deviennent rouges. Il en est souvent ainsi le soir et après le repas. Comme tempérament, le malade de Lycopodium est plutôt impatient et irritable, se mettant facilement en colère. D'autres fois, la trtôtesse et ta tendanoe >aux pieurs est très m&Tquée. Quand ils «ont malades, de tels patients ont tendance à devenir exigeants et impérieux, ou à se considérer ^oomnie d'une grande importance, de sorte qu'ils commandent aux atftres d'une manière colèPe et véhémente, f^ur ce qui «est de la parlie intellectuelle de l'esprit, nous trouvons la mémoire 4ouj<mrs faible. Ainsi nous trouvons le médicament souvertt indiqué quand il y a de fréquentes erreurs dans la parole. Le paitieiil oublie des mots ou des syllabes.

Les changements produits dains le sang pm* Lyoopod, ne sonl pas nombreux. Dans les éUUs fébriles nous le 4irouvoi>s quchjuefois indiqué par un frisson survenant à 3 ou 4 heures clin que après-midi, ou tous les deux jours ; oe 'friseon étant suivi de sueur sans chaleur intermédiaire ; ou bien le cas peulcMro caractérisé par un frisson venant à cette heure et par un \oinissement silr. Il peut ou non y avoir de la chaleur.

Le pouls de Lycopod, n'est pas très caractéristique. Dans les expériences, le pouls est très peu changé, sauf que sa fréquence est légèrement accrue vers le soir.

Maintenant j'ai à noter des \'eines variqueuses, [jycop.. cm raison de son action sur le foie, tend à produire du gonflement ou de l'augmentation de volume des veines, particulièrement celles qui sont plus ou moins imparfaitement garnies de valvules ; ainsi, nous avons des varices caractérietiques de Lycopodium ; varic|ôs dans les jambes, particulièrement la droite ; varices des organes génitaux ; les lèvres sont gonflées par des veines variqueuses ; ce dernier état survenant pendant la grossesse est un symptôme qui demande Lycop,

Ainsi, aussi, nous trouvons souvent des nxvi modifflés par Lycopod. Ne supposez pas que tout noevus est curable pav la médecine, car ce n'est pas le cas. C'est cependarit 'votpe -devoir de les guérir quand vous le pouvez.* Dans ce but, Lycopode

ôsL un des Yemèdes. Un autre encore, qui est meilleur qu*au€Un autre, et qui a aussi produit des muvi, est Fluoric acid,

T)e même encore, venant d'une semblable ligne de symptômes, vous trouverez Lycopod. indiqué dans les hémorrholdes saignantes, hémorrboïdes qui contiennent une énorme quantité de sang, une beaucoup plus grande quantité que ne Tindiqu-ervait le volume de la veine atteinte; et aussi dans les hëmorrhoïdes qui ne sont pas mûres, mais qui, par l'absorption partiel l-o de kur contenu, restent comme des masses dures bleuâtres .

Et encore, dans les tumeurs érectiles, qui ont tantôt une augmtin lotion et tantôt une diminution de la quantité de sang qui } eïst. contenue; Lycopod. peut être utile.

^^l/<2op. doit avoir un certain effet sur le sang ou sur le System c? nerveux, ce pounjuoi il est généralement employé dans les état*^ typhoïdes. Ce n'est pas dans le commencement des fièvre^ typhoïdes qu'il est le remède, mais c'est quand la maladie est ,£1^ rrivée, en dépil de votre traitement, à cet état dans lequel les ^;^mptômes sont très alarmants. Les symptômes qui vous guidant pour le choix du médicament sont les suivants : D'aborci, dans la fièvre typhoïde régulière, il est indiqué vers le q^«^t.<:>rzième jour de la ïiè\re typhoïde complètement dévelop- P^^^ ^ quand le rasli n'apparaît pas et que le patient s'enfonce dax:ts un état d'inconscience, avec délire marmottant, carpholog-î^et, distension abdominale, avec un grand grondement de flat-xxosités, constipation, mouvements soudains des jambes parci 4^^^.r-là, miction involontaire ou rétention d'urine; si Turine est- évacuée dans -le lit, elle laisse sur le drap un dépôt sablonneux-s;: rougeâtre. Il y a dans les fièvres typhoïdes quelques- «ï^^ts. des indications de Lycopode,

*ls sont très analogues ù ceux qui demandent Cale, oslr ^^^<^^rea ostr, s'est trouvé être le remède dans ce stede de la fi^5^\^^7^ typhoïde quand le rash n'apparaît pas. Mais Ccdcaren P^^-*t. avoir soit de la constipation, soit de la diarrhée. Lycop. ^^^-r^^nde toujours de la constipation. Cale, a plus d'hallucma- *^^ï~xs Le patient a des visions quand il ferme les yeux ; il ne P^^^^ ,pas dormir: bien qu'il puisse être pleinement conscient, '^ ^^1: continuellement effrayé par des objets imaginaires. Dans ^^^ ^s Cac. développe le rash et sort le patient de cet état pr-*

lire.

<ius pouvons «voir Lycopod. indiqué dans des é ats pires ■ - <elui-ci ; quand en raison de la prolongation de la iempéra Vv»^e dans la fièvne Ivphoïde nous avons un début de para- ^y^i^ du cerveau, il devient ici un remède principal. Le pa-

lient gît dans un état de stupeur ; les yeux ne réagissent pas à la lumière, et ont un aspect de poisson; la mâchoire inférieure pend et laisse couler la salive ; la respiration est ron fiante et bruyante ; on peut entendre le bruit du mucus quand Tair entre dans les poumons et en sort ; l'urine est, soit évacuée difficilement, soit supprimée. Le pouls est inlermittenl et rapide. Dans ces. cas, Lycopod. doit être donné, et sauvera le malade si un remède peut le faire.

Dans ces états typhoïdes, nous trouvons dans la langue une indication pour Lycopod. La langue paraît gonflée et le malade ne peut la tirer, ou, quand il le fait, elle roule d'un côté à l'autre comme un pendule. Ce sont assez de symptômes pour vous garantir le choix de Lycopod,

Dans la scarlatine, Lycopod, n'est pas indiqué par son pou voir de produire une éruption et une fièvre semblables à cellesde la scarlatine ; il est indiqué, plutôt, dans ces cas qui ne suivent pas un cours normal, mais qui arrivent à une issue» fatale en raison de la constitution. Vous êtes guidés ici par les symptômes typhoïdes que je viens de mentionner, et aussi par un autre symptôme qui vient avant eux et vous amène à Lyocopod. longtemps avant que de tels symptômes sérieux apparaissent. Je veux parler de Tétat de l'enfant après le som meil. L'enfant se réveille de mauvaise humeur et irritable, envoyant promener ses vêtements et repoussant ceux qui l'en tourent. Quoique ce symptôme puisse sembler insignifiant, il n*en est pas ainsi pour plusieurs raisons. Ici, il ressemble; à Cuprum, Bellad., Stram. et Zincum, tous remèdes qui oui un réveil comme effravé. L'élément d'irritabilité et l'absence de symptômes caractéristiques des autres drogues, vout» mènent à Lycopod,

Nous pouvons faire un autre usage de ce symptôme. Quelquefois les enfants ont une maladie appelée gravelle, dans laquelle l'acide urique passe dans l'urine en quantité hissez grande pour causer de la douleur en urinant. Ils se réveillent de leur sommeil criant de douleur et envoyant tout promener autour d'eux. Ici Lycopod. est indiqué à la fois par les symptômes objectifs et subjectifs.

Souvent aussi quand Lycopod. est indiqué dans la scarla tine, vous trouverez que l'une ou l'autre des parotides est en flammée et laisse écouler une matière purulente.

Probablement le meilleur remède de la matière médicale pour la parotidite accompagnant la scarlatine est Rhus tox. Le meilleur ensuite est Cale, ostr., et ensuite Lycop. Lochesis est indiqué seulement quand le gonflement est pourpre et

que le pus n'est pas louable, mais peu épais, ox€oriaiil, el ichoreux.

Dans la diphtérie, on doit penser à Lycopod, quand le dépôt diphtérique est surtout abondant sur le côlé droit de la gorg<;, avec une tendance à s'étendre vers la gauche. II y a un constant désir davaler, arrivant presque au spasme de la gorge, avec de violentes douleurs piquantes. Le patient est pire en avalant des boissons, spécialement froides. Souvent les symptômes sont aggravés de 4 à 8 heures du soir. Généralement, quand Lycopod. est le remède, soit dans la scarlatine, soit dans la diphtérie, le nez est envahi par la maladie. Le patient ne peut pas respirer par le nez. Les amygdales sont très gonflées, comme aussi la langue, de telle sorte qu'il est obligé d'ouvrir la bouche et de tirer la langue pour trouver sa respiration. Quelquefois., après (jue vous avez donné Lachesis, la membrane va du côté droit. Ici Lycopod. doit lui être substitué.

Nous en arrivons maintenant à l'aclion de Lycopod. sur le foie, Lycopod. agit très fortement sur cet organe, produisant loute une série de symptômes. D'abord, pour commencer par la bouche, nous trouvons la langue chargée, un goût sûr on exceptionnellement putride le matin en se réveillant, une faim violente, et qui peut être canine ; quelques bouchées de nourriture semblent produire de la plénitude, comme si le patient était plein jusqu'à la gorge, pour bientôt avoir un retour de faim ; malaise dans lestoniac immédiatement après avoir mangé.et non quelque temps après comme Nux vom.;il ne peut pas supporter la pression du vêtement autour de la taille, ceci étant un peu comme Lachesis, mais il se distingue de Lachesis en ce que celui-ci a la sensibilité tout le temps, mais Lycop. seulement après un repas. La région du foie est très sensible au loucher. Quelquefois, il y a une sensation de tension lu. cl celle sensation de tension est un symptôme subjectif, qui vous amène au choix de Lycopod. dans l'hépatite chroniquo quand des abcès se sont formés. Ijc diaphragme est très apte à être affecté dans cet état. Il y a une sensation comme si une corde était liée autour de la taille. Il y a une collection de gaz marquée. Il est possible que ce soit là raison pour la^iuelle une petite quantité de nourriture remplit le malade. Celle fia lulence tend vers le haut plutôt que vers le bas ; grondement de vent à l'angle gouche du côlon, avec distension de celle |)ortion du tube intestinal (Momordica aussi a ce symptôme). Il y a ime grande fermentation dans les intestins, celle-ci é*ant suivie d'une évacuation de gaz, et même de diarrhée. Il v a

dï 418 MATIÈRE MÉDICALE CLINIQUE

!iK ordinairement de la constipation cependant avec un besoin

3» inefficace d'aller à la selle. Après la selle, on a une seûBàlion

comme si une grande quantité restait sans avoir été évacuée. Maintenant, ces symptômes spécialement s'ils sont associés Il à de Tascite, vous amèneront au choix de Lycopod. dans cette

'•} m maladie connue comme cirrhose du foie.

Lycopod, dans ces symptômes gastriqiies et hépatiques, a beaucoup d'analogues, dont l'un est Nux vom, Nux peut en être distingué par ce qui suit : Quoique Nux ait un goût sûr dans la bouche, l'aggravation le matin et la plénitude après avoir mangé, cependant le malaise immédiat est plus accentué avec Lycop. Dans l'accumulation de gaz, des deux remèdes Nux a plus de pression en bas, donnant un fréquent besoin d'aller à la selle et de la pression sur la vessie. Les deux remèdes ont, d'une façon prédominante, de la constipation avec besoins sans effet. La différence est celle-ci : Nux vom, a ce besoin inefficace par son action propre ; avec Lycopod, il vient de la contraction du sphincter de l'anus.

Sulphur, est aussi semblable dans l'accumulation de gaz et 4ans le goût sûr et amer, mais le siège caractéristique pour l'accumulation de gaz dans Sulphur, est l'angle gauche, et est rapporté par le malade à l'aine gauche.

On doit aussi penser à Raphanus dans les cas avec accumulation et rétention de gaz. Le D' James B. Bell, de Mass. un de nos plus éminenls chirurgiens, faisait une opération sur l'abdomen. Le malade avait un tympanisme marqué, et il n'évacuait aucun gaz, bien que les intestins eussent leurs mouve ments. Ce symptôme se trouve avec Raphanus. Le D*" Bell donna ce remède, et le patient guérit.

Nous arrivons maintenant aux hydropisles curables par Lycopod, Nous trouvons le remède indiqué dans les hydropisies, particulièrement dans la moitié inférieure du corps. La partie supérieure du corps est émaciée, les muscles des bras et de le poitrine sont rétrécis, l'abdomen est distendu, et les jambo»^ gonflées et couvertes d'ulcérations, dont suinte continuellemeiii de la sérosité. Il y a trois remèdes qui peuvent être donnés ^ quand des ulcérations so forment sur les jambes dans Thydro

} pisie. Ce sont : Rhus lox,, Lycopod,, et Arsenic, La cause de

î l'hydropisie indiquant Lycopod. est une maladie du foie. Il a

l aussi été employé avec succès pour l'hydropéricarde dans les

maladies du cœur après échec de VArsenic.

Nous arrivons maintenant aux catarrhes de Lycopod. Ou peut y penser dans le catarrhe affectant la muqueuse nasale particulièrement quand le nez est bouché et que l'enfant ne peut

MATIÈRE MÉDICALE CLlNigUt

pas r^^spirer. L*enfant se réveille de son sommeil en frottant son x:i^z.

V<=>us pouvez: aussi y penser dans le catarrhe des bronches que 1ers petites ou les grosses bronches soient prises, quand il y st. accumulation de mucus, comme l'indiquent les râles, la resp i r-.iation bruyante, la toux et la dyspnée.

11 jL>«ut aussi être donné dans la fièvre hecli-que avec suppuralior» des poumons, particulièrement quand le poumon droit est l3ii-e que le gauche.

11^ ^^t aussi utile dans la pneumonie quand Thépatisation est si ^>c:l.^nsive que le patient a une grande difficulté pour respirer <î t- qu'il V a des battements des ailes du nez.

t» i:>^ut aussi être employé dans la pneumonie typhoïde, les syn[ip>t.Omes allant ensemble, et aussi pour les mauvais effets de Va pneumonie mal soignée, particulièrement si la suppura tion -d-^s pourrions se produit.

D-^i^S les maladies des reins, nous trouvons LycopocL indiqué p>our un trouble dont j*ai déjà parlé, la présence d'acide uricivi^ dans l'urine, et aussi dnns la colique néphrétique attei gnant. le côté droit.

^1 y a un symptôme pour Lycoftod. que j'aimerais ajouter, un s.yniptôme qui n*est pas rare dans la fièvre typhoïde, la pne^imonie et la <Mvarlatine, et qui est le refroidissement d'un tondis que l'autre est chaud ou môme brûlant. Ce symp- F>«ut paraître insignifiant sur le i>ai)lcr, mais je peux vous

r qu'il est d'une valeur énorme dans la pratique. r>pod, est complémentaire de Lachesis.

pied

assii

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