LEÇON XXXIX
Tabacum.
'-*i tabac contient beaucoup d'éléments actifs, dont le plus important est la nicotine. Depuis que Ton fume, on a essayé "c^ »e <Iébarrasser de cette nicotine. Tout le monde reconnaîl quelle a un sérieux effet sur le corps. Il y a trois groupes de syiaj>tômes qui peuvent suivre Tusage du tabac. Les symptômes primitifs sont les symptômes gastriques bien connus, la nausée ei le vomissement, avec le plus horrible mal de cœur, ^* P-atient est d'une pâleur mortelle, et ne se soude j)as de vivre o^ ^^ mourir. Quelquefois une sueur froide se répand sur w Corps. Les effets secondaires sont plus éloignés, venant des mois ou môme des années après l'usage, et sont de la dy&pep- ^*^' «t aussi des symptômes du cœur.
r^s symptômes du cœur, je désire que vous les reteniez. ^"® ne sont pas causés par le tabac, ce sera un remède de grande valeur pour les guérir. Je parle spécialement du cœur dilata quand il existe les symptômes suivants : Il y a une fréqueni^ pâleur, avec lividité de la face ; diarrhée alternant avec cl« la constipation ; palpitations quand on est couché sur lî^*^ gauche ; mouches volantes, tintements d'oreilles et toux secri^^ qui est d'origine cardiaque ; paroxysmes de suffocation, avec tension de la partie supérieure de la poitrine ; pouls fai-
. ^t irrégulier ; des douleurs comme celles de l'angine de Poitrîji^ frappent du cœur descendant dans le bras gauche ou r«nion^j^^ dans le cou, et envahissent différents plexus ner- \eux ; igg extrémités sont froides et couvertes d'une sueur vis- ^^®Us^^ Un autre symplôme qui peut survenir comme un effet sccorx^^jj.^ du tabac est la névralgie de la lace. Ce symptôme, ^^^ï^d i] est ainsi causé, est curable par Sepia, comme l'est ^-^nssî lo dyspepsie.
, j^ l'impuissance aussi est un effet du tabac, et cède souvent
'î/copodîum.
Les effets tertiaires du tabac comprennent Tapoplexie. Le tabac, dans son effet sur les organes gastriques, ressemble beaucoup à Hydroc, acld., Veratrum, et Camphor. Par exemple, nous le trouvons indiqué dans le choléra, quand la nausée et la sueur froide persistent après que Verairum, Secole, ou Camphor, ont arrêté la diarrhée. Cette nausée est accompagnée d'une chaleur brûlante dans Tabdomen, le reste du corp& étant froid. Le patient persiste à se découvrir l'abdomen.
Je voudrais remarquer ici que cette sorte de mal de coeur suggère Tabacum dans la colique néphrétique ou dans la hernie étranglée. Il y a cette nausée mortelle et ce mal de cœur, avec selles muqueuses, par l'irritalion des intestins.
La ressemblance avec Hydroc, acid, existe dans l'asphyxie. Cette dernière drogue agit sur la moelle, et par là, sur le cœur par le& nerfs pneumogastriques. En conséquence, les symptômes qu'il faut s'attendre à le voir produire sont des symptômes du cœur et des poumons. Nous trouvons qu'il produit des convulsions, avec raideur de la nuque par l'irritation de la hase du cerveau. En même temps, la respiration est irrégulière et pénible, et il y a une grande détresse cardiaque, avec des accès de faiblesse répétés, et de la froideur et de la coloration bleue de la surface du corps. Il est bon de se rappeler ce fait dans les convulsions urémiques quand la moelle est affectée. Ilydroc, acid. est alors notre seul espoir.
Tabacum est employé comme antidote des mauvais effets de Cicula virosa.
Les effets primitifs du tabac sont généralement soulagés par Ipéca,
Nux vom. est indiquée pour le mauvais goût dans la l>ouche et le mal de tête pire le matin pour avoir fumé en excès.
On dit que Planlago maior produit un dégoût du tabac. J'ai vu un ou deux patients qui supposaient s'être dégoûtés du tabac en le prenant.
DULCAMARA.
Dulcamara, ou la douce-amère, contient une petite quantité de Solamine, une quantité beaucoup plus petite, en réalité, que tous les autres membres du groupe. Les feuilles fraîches et les rejetons ont été employés pour la préparation de la teinture
11 y ^ eu d-es relations croiiipoisuiiiioiuculs par los l'riiils do la dou-ce-amère. Les symptômes ainsi produits sont des douleurs cris^p-antes dans les intestins, suivies d'inconscience et de spasmes. Ces derniers sont tétaniques, et sont accompagnés de chal^xir sèche de la peau, de trismus, d'une respiration très bruysinle, et, dans un cas, de mort.
JLres symptômes ordinaires produits par la drogue ne sont pas si graves. Nous troi^vons comme le point central autour du<]u^l rayoaneni tous les autres symptômes à\\ groupe du m^<:li-oaiaent, celui-ci : aggravation par le temps froid humide, spiéctialemeni si ces changements sont soudains. Ainsi nous troù^v-oAs FXulcamara utile dans le rhumatisme aggravé par les chcàn^ements de temps soudains : tiraillement des muscles des panp>ières ou de la bouche quand le temps devient humide ; coryz^^ sec, ma\ de gorge, avec raideur du cou \ colique par le froid, spécialement avec diarrhée la nuit; douleur d'oreille, qusn^d elle revient avec tous ces changements de temps.
C>9a,£camata a une influence marquée sur le système nerveux; mais ici encore son usage dans la pratique est souvent basé sur- l'aggravation ci-dessus. La langue est paralysée par le leinj>s humide, avec parole difficile; hyperémie de la moelle avoc Tétai parétique appartenant à cette maladie quand elle est <::^usée par le coucher sur la terre humide, froide, et augme ratée à chaque retour du temps humide. Il est aussi indiqué dans, la paralysie vésicale aggravée par le temps humide.
Il «st aussi à employer au début de la paralysie des poumorts chez les vieillards, spécialement si les symptômes sont ag^x'o.^és par le changement de temps.
^^^l<^amara a une influence spécifique sur la muqueuse l'ésical^^ -causant du catarrhe de cet organe. L'urine est très fétide, ^^ "^H^rgée de mucus.
}^ exerce aussi une action marquée sur la peau. Ainsi, il dévolopi^e une éruption rouge brillant à la surface du corps. Par^— oj par-là, il y aura de grandes pustules, qui peuvent être ])lan<ii-|^g ou rouGfes, et qui, ordinairement, brftlent et démangeât.
Il -est indiqué dans l'urticaire dû à un désordre gastrique quand il y a soulagement par l'air froid. ^ L^ complément de Dulcamara est Baryln carb. Celui-ci a l'flgrg-i-^vation au temps froid, spécialement chez les enfants
MATIÈRK MI^.DICVLK CLINIQUE
Capsicum ANNUUM.
Capsicnm possède peu, s'il en a, des propriétés narcotiques des Solanées, mais il a, à un haut degré, les propriétés irritantes du groupe. Il faut peu de la drogue pour produire cette irritation. Capsicum est éliminé par les reins, produisant la strangurie en urinant. Ce médicament agit mieux chez les personnes à fibre lâche, plutôt grasses, qui ne répondent pas facilement aux médicaments parce qu'elles sont de fibre lâche, et aussi de digestion malaisée.
Le malade de Capsicum a une digestion faible <5u un estomac faible, aussi il est tout entier faible. Do tels malades sont irritables et se fâchent sans cause. C'est aussi vrai des adultes que des enfants. Ils sont pires au moindre courant d'air, mémo si cet air est chaud. Ils sont maladroits dans leurs mouvo ments.
Ils sont sujets à des frissons et à de la fiè\re. Le frisson commence dans le dos. Quoique le malade ait soif, boire donne du frisson.
Le malade de Capsicum est sujet à l'asthme catarrhal avec face rouge et râles sibilants très marqués. Il tousse, et une toux heureuse ramène du phlegme, qui soulage l'asthme.
Capsicum a un symptôme de la poitrine qu'on ne rencontre pas souvent dans la pratique, et qui est une respiration très fétide pendant la toux.
Il a aussi une action bien marquée sur Voreillc, spécialement sur l'oreille moyenne. 11 est ulile dans la rupture du tympan par une malarlie quand il y a sensibilité ou inflammation de la mastoïde.
Pour les abcès de la mastoïde, les remèdes préférables sont: Aurum et Nitric, acid.
Pour la suppuration chronique de l'oreille moyenne, vous pouvez penser â Silicea.
Capsicum est important dans les maladies de la gorge. li est indiqué dans la diphtérie ou dans la ij^angrèiie de la gor^ïc quand il y a des vésicules brûlantes sur le palais et quand i) y a une odeur de la bouche comme cadavérique. On se sen! une constriction de la gorge comme si elle était fermée spasmodiquement. 1^ malade est pire en n'avalant pas. Dans les cas extrêmes, il devient très prostré.
Le remède le plus semblable ici est Cantharis. Capsicum
<?st aussi indiqué dans Télongation de la luette. Il peut être employé à la fois à Téxtérieur et à Tintérieur.
Dans la dysenterie, il est indiqué quand les selles sont fréquentes mais petites, et accompagnées d'un violent ténesme cl de brûlure dans le rectum et la vessie. I-^s selles sont sanglantes et muqueuses et contiennent des peaux. Il y a de la soif, et cep^endant boire cause du frissonnement.
Glonoin.
^Ic^noîn est la nitro-glycérine. C'est une drogue très facile îi étudier. Son principal point d'attaque est le sang. Il n'affect» point eependant la qualflé du liquide autant que sa circulation. I-a dominante de toute la symptomatologie du médicament est exprimée par cette unique sentence : « Une tendance à des ^^^^Q u^larités soudaines ei violentes de la circulation. » Avec ceci Pour base, nous pouvons aisément conclure aux autres syrnptômes.
(rZonoln est une drogue qui agit très rapidement et très vio-
lemnneiit. Les symptômes qui se rapportent aux irrégularités de
la c;ir<i^lation sont ceux-ci*: Il y a un mal de tête battant très
carrLctéristiquc. La douleur peut exister dans toute la tête,
ou ell^ pgy^ gjj.g ^j^^j^g ]^ front, le vertex, l'occiput, ou toute
.nu ro partie ^q i^ ^^^g Qq battement n'est pas une simple sen-
^nion^ c'est un ù\'û actuel. Il semble réellement que les vais
^eaux sanguins éclalernient, tellement l'action de la drosuo
^^olento. Lo battement est synchrone aux pulsations du
^\. ?*• ïxï sang semble arriver par un grand courant vers la
j '^ et la tête. Les vaisseaux sanguins extérieurs sont dis-
^^- l>es jugulaires externes ont l'air de deux cordes tor-
^^^^s, les carotides battent violemment, et sont dures, ten-
^^^ > et ne cèdent pas à la pression. Li\ face est profondément
f^"î§^ - Ce battement est accompagné de douleur profonde, avec
^^ii^^^se, ou de souffrances aiguës violentes.
N^ous trouvons Glonoïn applicable au coup de soleil, indiqué "jt par les symptômes déjà mentionnés, ou par des symptô- ^(js qui montrent que la congestion prolongée a produit des effets déprimants sur le cerveau. I^ face devient plutôt pâle, le pouls, qui était d'abord plein, devient doux et faible, et la
my
respiration difficile. Il iVy a pas Icgit de gêne^ à la poitrine qu'au bulb€, alleignani ainsi les nerfs de la respiration. Les yeux sont souvent fixes. Le patient peut même être inconscient. Glonoln, donc, se trouve être notre meilleur remède pour les e0ets de la chaleur, soit que le trouble vienne d^s rayons (tirecls c(u soleil, du temps chaud, ou du travail à la chaleur intense d'une fournaise, comme dans le cas des fondeurs et des mécaniciens. Ces effets du soleil et de la chaleur ne sonl pas localisés à la tête seule, mais peuvent atteindre tout le corps. Ainsi, nous notons de l'oppression de la respiration, avec des palpitations de cœur, des nausées et des vomissements, la langue étant blanche. Celte nausée n'est pas d'origine gastrique, mais cérébrale, co^moie avec Rhus tox,, Bellad., et Apomorphine, L'appétit est absent ; il n'y a aucun désir de la nourriture ; il y a un horrible sentiment de vide dans l'épigastre, et souvent aussi de la diç^rrhée. fous ces symptômes peuvent demander e[ den:i tendent Glonoln.
D'autres effets encore do celle congestion se trouvent dans l'œil. Les yeux sentent ^omiue ç'ils étaient trop grands et sor- [e^i fin ^YAnt çorrune s'ils ^ll£\ienl éclater- hors de la tête. Glonoîn e$t indiqué dans les maladies des yeux venant dç> Texposition à une lanière très, bi^ill^nte, comme dans le cas <le quelqu'un obligé de travailler à un pupitre, i\ une lumière clu\udA% brUl^^le. A l'exomen opUtalnipscopique, on trouve les vi\iss^aux de la rétine distendus, ou d^us (es cas exlrên>es, de V^ppplexie de 1^^ rétine.
D'autres effets encore de l'augmeutaition de la pression sanguine de Gloncnn peuvent être no(^és dans les symplôrues de la bouche. Par exemple, il y ^a de la diffi<îulté <lans la conversation par la diminution de force de la langue, résultat de la pression cérébrale. Le vin aggrave toiis ces symptômes.
Un autre effet de la congestion cérébrale est les connilsionf^. Glonoln est un remède admiroble pour les convulsions survena^it pendant le travail, l^s couvnisions puerpérales. L^ face est rouge l)rillant et bouffie, le pouls pleirr et dur, et l'urine alburpineuso. La malade a de l'écume à la bouche ; elle est sans conUç^iss^pc^, Les ruains sout serrées, les pouces d;]\ns les paumes. D'autres fois, les rnains sont étendues comme avec Secale, et la malade est sans connaissance. Je pense que G/onoîn est un des meilleurs remèdes que nous ayons pour la forme congeslive des convulsions puerpérales, cette forme qui est annoncée par un afflux de sang ^ la tète, spécialenient s'il y a de ralbumiriurie. Il est ^ussi inestimable daps la congestion d« Ici tête par la suppression des règles.
MATIÈRE MÉDICALE CLINIQUE Ul
Les symptômes mentaux attribiiables à cette congestion sont: la syncope et la défaillance soudaiiKî, la Tace élant pâle, ou souvent livide, des taches noires devant les yeux, soudaine aUaque de perte de connaissance ; des rues bien connues sem- Went étrangères au malade. Ce dernier symptôme est très dangcretïx. Supposez qu'une personne sujette à la congestion apoplectique est soudain prise dans les rues d\ine de ces attaques et ne sait où elle est, Glonoïn est le remède pour elle.
Un autre remède pour cette perte de la localisa,U<«l Ç3t Pé-
O^i-elquefois la congestion est assez grande pour rendre le mal^ide furieux. Il essaye de s'échapper, de sauter par la fenf'tfe. Glonoïn est aussi utile pour les mauvais effets de la peui-.
J« l'ai mentionné brièvement en parlant A'Opium, Il y a une horrible appréhension et aussi quelquefois la peur d'être empoisonné. Ce dernier symptôme le place à côté de *Hyosc., ^ktis iox., Kali brom., et Baptisia.
L^fi autre usage de Glonoïn est son application au traumatisme. On Ta trouvé un excellent remède pour les douleurs et '^s Outres sensations anormales survenant tardivement après '^es coups locaux. Longtemps après avoir reçu un coup, la région lest douloureuse ou sensible, ou une vieille cicatrice se rouvre ; alors Glonoïn paraît soulager.
ïl ost nécessaire pour vous de vous rappeler les distinctions enlr^ Bellad. et Glonoïn, parce qu'elles se rencontrent dans l'es oongestions et les inflammations du cerveau chez les enfarits ^i i^g vieillards. Elles se partagent les honneurs de ces "^^l^-dies, parce que chacune a un nombre de cures confirmées. Noix3 avons le cri encéphalique avec Glonoïn, qui n'est pas ^^ ^'^^Veirqué avec Bellad., de sorte qu'il semble que Glonoïn répondr-^it à un cas plus grave que Bellad. Les s>Tnptômes qui ^'ous aideraient sont les suivants : D'abord Glonoïn : les symp- '^'^Os de la tête sont pires en penchant la tête en arrière ; pires P^*" le temps humide, pires par l'application d'eau froide, qui î?^^^ même des spasmes; améliorés en se découvrant, améiioi**4^ à l'air libre ; quelquefois le malade est obligé de se lever
^^ <i-^ se promener en dépit de la douleur que cela cause. Un ^^''^F^tôme très marqué, qui vient avant les convulsions puer- P^^'^lies et qui est un symptôme venant tôt dans la congestion ^^r^l>rale par la suppression des règles et un symptôme prédo- "^^^-^ni dans les mauvais effets de la chaleur du soleil est une *^^s^tion comme si la tête était énormément grande. Il semble
que la lôl€ s'étend. Quoique ce symptôme se trouve avec Bel lad., il n'est pas si caractéristique de ce médicament que Glonoln.
Maintenant Bellad, a le soulagement en se penchant en arrière, en se levant avec la tête tranquille. Bellad. a ordinairement du soulagement en se couvrant la tête, tandis que Glonoîn a le soulagement en se découvrant, quoique ce dernier symptôme ail moins d'importance que les autres.
Le meilleur antidote de Glonoîn que je connaisse est Aco nii.