LEÇON LIX
CUPRUM META.LLICUM
Cuprum metalL et cuprum acelicum sont employés indifféremment par beaucoup de médecins comme ayant la nlême symptomatologie. I-'idée primitive de ceux qui ont proposé la substitution du second au premier était basée sur la supposition que l'acétate de cuivre est so lubie, tandis que le cuivre métallique ne Test pas. (^ela s'applique naturellement à la substance, mais non aux pr6[)araiions potmliiilisros.
Le cuivre a pour complément Cale, onlr. Il est antidote par le sucre et l'albumine. Ile par, comme antidote général des métaux, entre en jeu comme antidote dynamique, comme aussi Bellad. et Stramonium, Le cuivre possède un intérêt considérable comme prophylactique. IjCs ouvriers en cuivre contractent rarement le choléra asiatique. Ici il ressemble à Sulphur, Contrairement à Sulphur, ceï>endant, il est un remède pour les symptômes du choléra. Il est indiqué pour les symptômes suivants : froid intense do la surface dii corps, coloration bleue de la p)eau, crami)es musculaires, les muscles des mollets et des cuisses sont tirés en noeuds. Il y a une sensation d'inquiétude extrême, rapportée par le malade h Tépigastre, et accompagnée d'une dyspnée très intense. La dyspnée est si inlen.«^e que le malade ne peut porter son mouchoir près de sa figure; cela lui coupe la respiration. Ce tableau de Cuprum semble se placer entre Camphor. et Arg. nitr, Carnphor. a les symptômes de collapsus, comme Cuprum ; et Arg. nilr. a rinquiétude terrible à l'épigastre avec dyspnée. Il diffère de Camphor* en ceci; Camphor. n'a pas la prédominance des cram|>es qui existent toujours dans le collapsus de Cuprum.
Il y a un autre état dans lequel Cuprum peut être employé, et c'est dans l'urémie ou les convulsions uréipiques, suivant le choléra. Le caractère de ces convulsions apparaîtra dans quelques minutes quand je parlerai des symptômes nerveux du remède.
Nous trouvons Cuprnm indiqué dans la ohlorose, après l'abus du fer. Les symptômes sont pires j>ar un temps chiiud.
Nous lo trouvons aussi indiquf» dans la fièvre avec tendance marquée à de fréquentes rochules, par conséquent dans une sorte de fièvre à rechutes.* Ce n'est pas la fièvre récidivante spécifique, mais plutôt une fièvre dans laquelle les rechutes sont lo résultat du manque de réaction.
Cuprnm lorsqu'il est pris à fortes doses, produit une colique inflammatoire, présentant une combinaison de symptômes nerveux et de symptômes inflammatoires ; ils sont gastro-intestinaux. Nous troiivons l'abdomen aussi dur qu'une pierre; il y a d'abord une constipation obstinée, h laquelle succèdent parfois des selles aqueuses, sanguinolentes, verdûtres. Les vomissements sont terribles et d'un caractère spasmodique. Il semble être soulagé en buvant de l'eau froide. Ici, il est très différent d*Ar$enicum, Veratrum, et d'autres remèdes. Maintenant, qu'estce qui se produit dans cet ensemble de symptômes ? En premier lieu, Cuprnm n'agit pas seulement sur les intestins, les enflammant, maïs il agit sur les nerfs, causant la constriction des* tissus, particulièrement des fibres musculaires involontaires, comme dans les vaisseaux sanguins, et avec cela noiis avons une irritation directe produisant l'inflammation. Maintenant, pour comprendre clairement le caractère de Cuprum^ il faut vous rappeler l'autre côté de ce tableau. Cet étal est bientôt suivi de collapsus avec grande prostration, dont il est excessivement difficile pour le malade de se tirer. Ainsi, nous avons comme symptôme éloigné de Cuprum, symptôme qui a été fort négligé, le manque de réaction. Nous avons vu que toute une série de remèdes sont utiles dans cet état. Nous savons tous que Sulphur peut souvent être employé : nous avons appris dans quelles circonstances Carbo veg. est indiqué, que Laurocerasus. Valériane, et Ambra grisea répondent h certains tem- [)éraments nerveux ; Capsicnm chez les individus flasques, indolents, h tissus relAchés, et Psorimim dans les cas psoriques bien marqués. Mais ici nous avons, quand Cuprnm est le remède, une tendance de tous les symptômes h récidiver. C'est spécialement une indication quand ce manque de réaction survient chez des personnes qui sont complètement épuisées par un surmenage à la fois corporel et mental. Je connais un cas dans lequel Cuprum prévint une paralysie des deux jambes, et l'indication était ce surmenage du cerveau et du corps.
Ainsi, dans la pneumonie, nous pouvons avoir h employer Cuprum pour amener une réaction avant que le remède approprié ne produise la guérison. Il est indiqué par les attaques
de suffocalioii soudaines, avec refroidissement de la surface du corps, avec grande prostration et dyspnée disproportionn'Se avec rimporlance de Thépatisation. Le corps est couvert d'une sueur froide, visqueuse.
La principale action de Cuprunij et celle qui demandera son plus fréquent usage dans la pratique, est sur le système nerveux. Nous le trouvons indiqué, par exemple, pour les spasmes dans les affections du cerveau, comme la méningite. Il n'y a aucun remède dans la matière médicale qui le surpasse, et très peu l'égalent, sous ce rapport. Nous le trouvons indiqué quand il y a eu une éruption supprimée, que ce soit la scarlatine, la rougeole, ou l'érysipèle. Les symptômes qui le demandent sont les suivants : délire d'un caractère violent ressemblant beaucoup à celui de Bellad,^ le malade mord le gobelet qu'on lui offre, délire loquace en se réveillant de son sommeil, ou bien, en devenant conscient, il semble effrayé. Ici, il est l'exacte contre-partie de Stramonium, Mais c'est un remède agissant beaucoup plus profondément que Strcun, 1 "^^ convulsions ont ordinaircmonl un point de déi)art cérébral -' c coloration bleue de la face et des lèvres, les globes oculaires sont tournés et il y a de l'écume à la boucbe et de violents symptômes convulsifs, spécialement des miiscles fléchisseurs. La convulsion est suivie d'un profond sommeil. Ce spasme, spécialement s'il est épi lepli((uo, peut être annoncé par un violent cri. Il y a du grincement des dents.
Cuprum n'est pas très fréquemment indiqué dans la névralgie, mais il peut quekjuefois être employé dans les attaques soudaines de névralgie avec congestion active affectant les nerfs qui se rendent aux muscles involontaires.
J'ai (Mn|)loy('î i^ipvum arscnicum à li Iroisiènie i)uissance, sur la recommandai ion du \y .1. H. Marsd<Mi, pour la névralgie d'»s viscères abdominaux. Je l'ai i)rescrit dans des cas dans lesquels aucun autre remède ne semblait être indiqué, et je crois avec d'excellents succès.
ZlNCl M.
Zincum melallicum est la préparation de zinc que nous employons le plus fréquemment. Vous noterez le fait très particulier que deux préparations conten«Tnt de la strychnine, Nux romica et Ignatia, ont des relations d'opposition avec Zinc, Igna-
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lia succède bien à Zinc.^ et peut même agir comme un antîdolc pour ses effets sur le système nerveux. Nux vom. tend plutôt à accroître les effets du Zinc^ en fait, il lui est antipathique.
Hepar aussi antidote Zincum, comme il fait pour tous les autres métaux. C'est un remède sûr à employer dans les cas d'empoisonnement métallique (juand les symptômes n'indiquent pas un antidote spécial. Zinc* précède souvent Apis quand il y a partout des douleurs aiguës, coupantes, \^nant rapidement des soubresauts des tendons pendant le sommeil, la tête chaude, les pieds froids; les reins agissent encore.
A doses toxiques, les sels de zinc produisent du fourmillement, c'est-à-dire une sensation comme si des fourmis grimpaient sur le corps. Cette sensation de rampement ou de démangeaison est soulagée par le frottement ou par la pression. Il y a même une vibration trémulnnte par tout le corps. Celle-ci est ressentie par le malade et est vue par l'observateur. Plus tard, apparaissent des accès de défaillance, avec beaucoup d'engourdissement et une nausée mortelle. Dès que l'eau touche l'estomac, elle est vomie. Cet état ost augmenté par les acides, aussi si quelqu'un donnait au malidc du vinaigre ou du jus de citron, cela ne ferait qu'ajouter à son tourment en augmentant la nausée. Avec tout cela, il y a du vertige. ï^a tête chancelle, les yeux ont une sensation comme s'ils étaient tirés l'un à l'autre, et il y a une pression rude et lourde ù la racine du nez. Ces symptômes sont suivis de convulsions et de stupeur, et finalement, si le poison ne peut être antidote, de la mort. .Je voudrais vous avertir aussi, si vous renconlroz un tel cas d'empoisonnement, de ne pas donner de vin ou d'autres stimulants, car tous les symptômes du Zinc, de la tète aux pieds, sont empires par le vin
D'autres remèdes ayant l'aggravation en buvant du vin sont Uhododcndron, Glonoln, \ux vom,, Sélénium, Ledum^ Fluoric. acid., Antini, crud., et Pulsalilla,
Glonoîn a le mal de tète congestif, rendu pire par le vin.
Ledum est indiqué par les douleurs tirantes dans les articulations, aggravées en buvant du vin.
Fluoric. acid, a l'aggravation par les vins rougeSi
Puisai, par les vins sulfatés.
Aniim. crud. est indiqué pour les mauvais effets des vins sûrs du Rhin. ^
Bovista, facilement intoxiqué.
Silicea, ébullition de sang, avec aggravation par le vin.
IjCs ouvriers en zinc, après dix ou douze ans, souffrent des symptômes suivants: douleurs dans le dos; sensibilité des plan-
les des pieds; fourmillement, engourdissement, et refroidissement des jambes; sensation comme d'un lien autour de l'abdomen; tiraillements crampoïdes des muscles.
L'excitabilité réflexe est accrue de telle sorle que l'irritation dans une partie du corps produira une violente secousse dans une autre. La sensibilité muscukûre est diminuée, aussi le malade vacille quand il a les yeux fermés, ou quand il est dans le noir. Il y a des tremblements muscubires qui simulent presque ceux de la paralysie agitante. Plus tard encore, la démarche devient raide, les mouvements sont spasmodiques, le pied s'appuie dans la marche sur toute la plante. Par envahissement du système nerveux sympathique, il y a de l'anémie et une émaciation progressive et générale.
En étudiant le Zinc comme remède^ il faut vous rappeler que c'est un médicament qui agit d'une façon prédominante sur le système nerveux. Celte influence qu'il a sur le tissu nerveux est plutôt une influence de dépression que de stimulation. Il affaiblit les nerfs cérébro-spinaux, et aussi ceux du sympathique, on les nerfs ganglionnaires comme on les appelle plus justement. Il est donc à employer dans ces maladies dans lesquelles il y a de la faiblesse du système nerveux. Un état très utile dans lequel nous pouvons employer ce médicament, est celui du second chapitre, maladie non développée à cause de répuisement nerveux. Par cela, je veux dire que Zinc, est un remède inestimable quand le malade es! trop faible nerveusement pour développer une maladie, et pour cela qu'il souffre de toutes les conséquences d'une maladie cachée, d'une maladie dépensant sa force sur les organes internes. Pour vous en donner un exemple dan« les maladies à exanthème, nous trouvons Zinc, indiqué dans la scarlatine, ou dans la rougeole quand l'éruption reste mal développée.
Comme résultat du non-développement de la maladie, le cer voau souffre, comme nous allons le voir.
Maintenant, comme autre sii^ne éxident de cet état nerveux de non-réaction, nous trouvons des douleurs dans les ovaires qui sont soulagées pendant le flux menstruel. Un autre exemple de cette action de Zinc, se trouvera dans l'asthme catarrhal dans lequel il est indiqué. Cet asthme est accompagné d'une grande constriction de la poitrine (Cadmium sulph,, Kali chlor,, et Cactus gr.) et est soulagé dès que le malade peut expectorer. De même encore dans les organes virils il y a une irritation locale qui peut être le résultat de l'irritation spinale, ou de la masturbation. Cette irritation est soulagée par l'écoulement spermatique.
Nous trouvons encore que pendant la dentition l'enfant cède devant lefforl nerveux et que Jes dents échouent dans leur développement. Il a un pouls lent, semblant venir par longues ondes; il est as&oupi, et est couché la nuque profondément enfoncée dans loreiller, a\ec les yeux mi-clos et louchants, la face pâle et plutôt froide, ou iillernatixemont rouge et pâle. L'enfant pousse des cris à haute voix, non exactement le cri encéphalique, mais quelque chose d'approchant, avec tremblement général, s'enfonçant les doigts dans le nez (comme on le trouve avec Cina, Arum triph., Veratrum, et un petit nombre d'autres remèdes), ou épluchant nerveusement ses lèvres sèches, rôties.
Cela vous rappellera aussi Arum triphyllum. Il y aura des mouvements automatiques de différentes parties du corps, ordinairement les bras et les mains, et particulièrement des mouvements agités, inquiets des pieds. Ce dernier symptôme est une puissante indication de 7Àncum. Si le malade est encore assez conscient pour prendre de l'eau, il la boit avec hâte. Dans les cas extrêmes Tairdomen est brûlant et creusé,et les selles et les urines involonlaircîs. Dans Içs symptômes cérébraux moins accentués, l'enfant se réveille délirant, comme effrayé par d'horribles rêves. Il semble ne connaître personne, Il roule la tête d'un côté à l'autre. Il peut avoir des convulsions, avec cris anxieux et sauts hors du lit, en grinçant des dents et en roulant les yeux. L'enfant est excessivement de mauvaise humeur et irritable avant l'attaque, avec le corps brûlant et une grande agitation, particulièrement la nuit.
Zincum peut être indiqué dan-s la chorée ou danse de saint Guy, quand elle est causée par une frayeur ou parla suppression d'éruptions, spécialement quand la santé générale est très atteinte. Il y a une grande dépression de l'esprit, et de l'irritabilité.
Une autre forme encore de trouble cérébral demandant Zincum est la méningite. Ici il est indiqué lorsque au commencement (\\u] c s I? rhumatisme, par exemple, ou par toute autre cause, Aous trouvez ces douleurs aiguës, lancinantes, dans la tête; elles soiil ompirées par le vin, ou par tout ce qui stimule. Il y a aussi ilor^ douleurs pressantes, d^'cbirantes, dans l'occiput, particnlioroment vers la base du cerveau, ol ces douleurs semblent frapj^ior à travers les yeux, et par sympathie dans les dents. Il y a une douleur très angoissante, crampoïde, à la racine du no/., tout comme nous en avons Irouvé dans les symptômes d'empoisonnement. Ces symptômes vous - suggéreront le Zinc, dans une série de maladies, maïs spécialement
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dans la méningite venant du non-développemenl d'une éruption.
Ainsi, vous trouvez Zincum indiqué dans la scarlatine avec les symptômes cérébraux que j'ai mentionnés, et avec les symptômes additionnels suivants: L'éruption est imparfaitement développée; la peau est plutôt livide; lenfant est agité et délirant, ou bien encore tranquille et inconscient; même dans la scarlatine lisse ou scarlatine de Sydenham, Zinc, peut supplant^er Belladonna en raison de l'affaiblissement de l'enfant. Un cas encore pire que celui-ci jDeut survenir, et Zincum être encore indiqué, et c'est quand la peau est bleuâtre et froide, le corps pesant, et le pouls presque filiforme, tellement il est faible et sans amplitude. Comparons Zincum avec d'autres remèdes.
Cuprum, a les syniptôm<^s cérébraux, les convulsions avec cris violents, emprisonnement du pouce qui s'enfonce dans la paume de la main, l'enfoncement do lu tête dans l'oreiller, et le spasme prédominant dos musolf's n'''rl!iss"urs; la face est ordinairemnel rouge, ou même pourpre; los cI^miIs sont Srcrrées, l'enfant a de l'écume à la bouche; il se rô\ cille de son sommeil effrayé et ne reconnaît personne autour do lui, tout comme avec Zincum et Stram. Tous ces syniptonios avec Cuprum sont le résultat d'une éruption suppriniéo. Avec Zinc, ils sont dus au non-développement d'une éruption. l-*os symptômes sont plus violents avec Cu~ prum; ils ressemblent plus à ceux crune inflammation active.
La scarlatine de Delladonnu est différente. Bellad. est indiquée dans la variété lisse de scarlatine, dans les stades du début. Le vomissement est violent, et les symptômes cérébraux prédominants. Il y a des cris, un aspect féroce des yeux et de la rougeur de la face. La gorge est rouge vif et gonflée, et la langue couverte de papilles élevées ; le malade sursaute dans son sommeil en criant, et s'attache aux i>ersonnes qui sont auprès de lui. Suppos(?z cependant que le cas progresse et que l'éruption ne sorte pas ; l'enfant devient pAle et livide ; il roule la tête dans l'oreiller, grince des rlonls, et crie chaque fois qu'on le remue*; les pieds sont agités : alors Bellad,, Cuprum ou Lachesis ne feront pas de bien, il n'y aura que Zinc, qui en fera.
Si le cas augmente malgré Zinc, et si la peau devient livide et froide, le pouls filiforme, Camphor, peut encore amener une réaction, spécialement s'il y a de la sueur froide.
Dans certains cas, Veralrum album sera indiqué.
Dans d'autres cas, il faudrait penser i\ IJijdroc. acid.
Cale. ostr. est souvent oublié dans la scarlatine. Il doit être placé à côté de Zinc, particulièrement chez les enfants scrofu
leux, quand réruption est développée, ou bien qu'elle rétrocède, laissant la face normalement pâle et gonflée.
Zimuni est indiqué dans beaucoup de formes de mal de lêle. L'une d'elles est un mal de têle aiguillonnant, déchirant, pire (Uns le côté de la tôte, fort augmenté par le vin; ce mal de tête est aussi aggravé après le dîner. Quelquefois \x)us lrou\erez 7Anc, indiqué pour la douleur obstinée dans la tète, obstiné par sa persistance, et cei>endant inlermitlent, tantôt très intense, tantôt s'évanouissant, mais revenant perpétuellement. Il est aussi indiqué pour l'hypochondrie et la pression sur le sommet de la tète, augmentant après le dîner.
Vous trouverez encore Zinc, indiqué dans V hydrocéphalie^ suivant le choléra nifanlile. L'enfant roule sa lèle; il se réveille de son sommeil coinnune s'il étiiit effrayé, et regarde avec terreur autour de la chambre ; l'occiput est souvent brûlant et le front plutôt froid ; il y a du grincement des dents; les yeux sont sensibles à la lumière, et sont fixes et brillants; la face est creuse et pâle, ou alternativement rouge et pâle ; le nez est sec ; il y a des secousses musculaires pendant le sommeil, enfin, il y a constamment un remuement agité des pieds. Dans rhydrocéphalie, Ziiicum est étroitement allié à Cale, phosph.
Je voudrais maintenant parler de l'action de Zinc, sur la moelle. Zinc, est un bon remède dans les maladies de la moelle, de caractère fonctionnel, spéciakmont dans l'irritation spinale. Les symptômes qui le demandent sont ceux-ci : D'abord ot avant tout douleur profonde, intense, vers la dernière vertèbre dorsale cl la j)roniière lombaire, et ceci est pire quand le malade est assis plulùl que lorsqu'il marche. Ce symptôme, je ])eux vous l'assurer, est une bonne indication de Zinc. Je pense (jue le même symptôme se trouve d'une façon très voisine avec Sepia. Il n'a pas la môme localisation, cependant, mais il a la même aggravation. Il se trouve aussi d'une façon caractéristique avec Kobalt, Cette douleur <lans le dos de Zinc, est accompagnée de brûlure le long <le la colonne, brûlure que je crois , d'un caractère purement subjectif et non congestif. Nous trouvons aussi avec Zinc, du tremblement des membres, avec une sensation comme s'ils étaient sur le point d'être paralysés; sensation spasmodique soudaine d'éclatement dans la région du cœur ; le cœur paraît battre régulièrement, cjuand il semble tout à coup qu'il va éclater à travers la i>oitrine ; constriction de la poitrine, donnant une haleine courte ; le pouls est lent, ou faible et îrrégulier ; faiblesse et défaillance dans reslomac à 11 heures du matin. Vous trouverez encore ce dernier symptôme avec Phosph., Nairum carb.^ Sulphur, et lodium.
Zirwum est aussi indiqué dans la paralysie par ramollisse-: ment cérébral, suivant la suppression de la sueur des pieds, avec vertige, tremblement, engourdissement et fourmillement. Ces symptômes sont, soulagés par la friction, et très aggravés par le vin. Il peut y avoir un ptosis accentué avec cette paralysie.
Dans ces affections paralytiques, Zincum est semblable à Phosphorus et Plumbum, Il ressemble à Phosphorus en ce que ies deux remèdes répondent aux cas d'affaiblissement et de ra moUissement du cerveau avec le tremblement qui raccompagne. Phosph. n a pas l'aggravation par le vin ni le ptosis.
Plumbum a à peu près les mêmes symptômes que Zinc, mais il y a de plus une vicialion de la nutrition, ou de Tatrophie de la partie paralysée. Il y aura des douleurs dans les membres atrophiés, alternant avec la colique.
Un ou deux mots maintenant sur certains effets locaux de Zinc, et nous en aurons fini avec ce remède. D'abord nous le trouvons indiqué dans certaines affections des yeux; par exemple, dans ramblyopie, iiccompagnéo de mal de tête intense, qui dépend probablement d'un changement organicpie dans le cerveau ou ses méninges, et avec douleurs inlonses p la racine du nez. I^es douleurs sont j)'irticulièronienl pir<^s i\ l'angle interne de chaque œil. Les pupilles sont coniracié.?s.
Nous pouvons aussi employer Zinc, pour h's o]»aciîc'»s de la cornée suivant les atta(|ues répétées et <le longue durée d'inflammatioji de celle membrane. La liieilleure i>réparalion est ici Zincum sulphuricum.
Le pterygion peut être guéri par Zliw., particulièrement s'il y a des douleurs cuisantes et |>iquantes dans l'angle interne.
Zinc, est aussi utile pour les paupières granuleuses. Zinc, sulph. est ici préférable à Zinc, niclall.
II est aussi indiqué dans la |>roso})algie quan-d les douleurs sont intenses et accompagnéo<»s de coloration bleue des paupières.
Zincum a des symptômes gastriques et hépatiques marqués. 11 produit un goût amer, qui est rapporté par le malade aux piliers du voile. Dès qu'une cuillerée d'eau arrive à l'estomac elle est rejetée. 11 y a du pyrosis, qui est augmenté par le vin et aussi pendant lîi grossesse. Quand cela survient pyendant la grossesse, il y a souvent en même temps des varices des jambes. La faim est particulièrement manifeste le matin. Zincum affecte aussi le foie. Vous trouverez rapporté dans les pathogénésies primitives un symptôme, dont j'ai oublié les termes propres, mais qui est, en substance, ceci : Il y a une sensation
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comme d'unie tumeur dure dans le voisinage de Tombilic, et qui est accompagnée de douleurs de crispation. Ce symptôme a conduit à l'emploi du médicament dans rhyj)ertrophie du foie.
Zincum affoclc Tabdomen d'une façon analogue à Plumbum, produisant des douleurs crispantes autour du nombril, avec une conslii)alion très obstinée. Ceci est accompagné de beaucoup de pression dans le dos, comme si Tabdomen était tiré on arrière à travers le racbis.
Maintenant, dans presque tous les cas dans lesquels Zincum est utile, vous trouverez que la prédominance de la douleur et de la pression est dans les côtés de Tabdomen; ainsi elle doit affecter principalement le côlon ascendant et descendant. L*urine contient souvent du sang ; elle est queUpicfois trouble et d'une coloration argileuse, et présente un sédiment jaunâtre. I^ malade ne jHîut uriner que s'il s'assied les jambes croisées, et cela quoique la vessie soit pleine.
La toux de Zinc, est spasmodique, comme si elle allait briser in poitrine eu morceaux* Les crachats |)euvenl être sanguinolents. Ceci se rencontre particulièrement avant ou pendant la période menstruelle. Elle est aussi aggravée en mangeant des choses douces. Vous trouverez quelquefois Zincum utile chez les cnfanls qui, chatiuc fois qu'ils toussent, meltenl la main sur leurs organes génitaux.
Pour son action sur les organes génitaux mAles, Zincum est analogue à Conium. Il est indiqué dans la spermatorrhée suivant un abus prolongé des organes génitaux, avec grande hypochondrie. La face est pâle et creuse, avec des cercles bleus autour dos yeux. Il y a une grande irritation locale. Les testicules sont forlcment rétractés contre l'anneau. Il diffère de (^onium en ce que ce dernier remède n'a pas l'irritabilité excessive.
Zincum est aussi utile dans les maladies des organes féminins, spécialement pour l'irrégularité dans la fonction menstruelle, particulièrement quand elle est accompagnée d'ulcération du col de l'utérus et de douleur creusante dans la région ovarienne gauche. Tous les symptômes s'améliorent à rétablissement du flux menstruel.
LEÇON LJi
Ferrum et le^ sels de Masrnésie
FerRUM METALLICl'M.
Ferrum a deux <'omi)lomonl.s, Cinchnna ou China, cl Mumina. Ferrum ei Alumina sont complôniculairos dans la chlorose; et Ferrum et China dans Tanémie par porte des fluides animaux.
Maintenant, le meilleur antidote du fer que je connaisse est Pulsatilla, Et par une heureuse fortune, Puisât, antidote aussi Cinchona, qui est si fréquemment donné en combinaison avec le fer par les médecins de la vieille école.
Ferrum agit surtout bien chez les jeunes gens, garçons ou filles, qui sont sujets à des irrégularités de la distribution du sang. Les joues sont congestionnées d'un rouge vit, ce qui leur donne une apparence de sant»' florissante; •?! cependant c*esl s<»ulement un mas(fue de pléthore. Quand ils ne sont pas excités et qu'ils sont tranquilles, ils ont tendance à être pûtes, et la face a une couleur terreuse. Parmi les symptômes qui montrent cette irrégularité de la distribution (\\\ sang, nous avons les suivants : violent mal de télé martelant, qui a ordinairement un retour périodi-que et est pire après minuit: saignement de Jie/. avec flux rouge vif aux joues: le nez ^st rempli de sang caill-'î foncé pendant une attaque de catarrhe: asthme, associé à une pousscV» de sang à la poitrine, et pir-'^ après minuit, moment auquel le malade est obligé de s'îiSFeoir et de ch'couvrir sa poitrine. Il découvre sa poitriie pour se rafraîchir et s*r:rî?eoit pour respirer. Ferrum ré non ri aussi à l'hémoptysie, spécialement chez les jeunes g.ircons on les jeunes fill-^s, qui sont sujets à la consomption et qui sont aux tout premiers stades de la phtisie floride. Presque tous ces symptômes soiil excit-^s nar les émotions et accompagnés crun-'^ grande fatigue, .-^n d-^'oit de lap-
paren-ce de santé. Môme la névralgie que Ferrum peut guérir a la plénitude des vaisseaux sanguins comme état concomitant. Cette névralgie est excitée par le lavage à loau froide, spécialement après avoir eu trop chaud. Ixs douleurs sont d'un caractère battant, et sont pires la nuit. Presque tous ces symptômes, aussi bien les congestions que les douleurs sont soulagés en se promenant doucement. Mainlena-iit, vous pouvez comprendre Faction <Ie Ferrum si vous vous riipjvelez cette seule qualité du médicament. Il a le |K)uvoir de dilater les vaisseaux sanguins, probablement en diminuant l'action des nerfs vasomoteurs; aussi vous ne trouvez pas un pouls plein bondissant comme avec Aconit^ mais un pouls plein dépressible. Vous trouverez, quand Ferrum est indiqué, que les parois de l'abdomen sont endolories, comme contuses. Cela est dû, non à l'inflammation, mais h la dilatation vasculaire. Cela place Ferrum à côté de Gelsem, et le sépare d'.lcon//.
Nous avons maintenant h étudier Ferrum comme un remède de la chlorose. Nous n'employons pas Ferrum, ou au moins nous ne le devrions pas, comme le font les allopathes dans la chlorose, parce que dans cette maladie il y a une quantité défectueuse de fer dans le sang. Tel n'est i>as le principe homopopathique, qui fait donner le médicament.
I^ principe homœopalhique est de corriger Tapprovisionnement défectueux en hématine qui est h la base du manque de fer dans le sang. Cette insuffisance n'est pas due au manque de fer dans la nourriture absorbée, mais à l'impuissance de l'économie à l'assimiler. Aussi Ferrum n'est pas le remède de h chlorose. Il peut cependant être indiqué dans cette maladie quand existent les symptômes suivants : En premier lieu, d'une manière générale, il est indiqué pour la chlorose avec éréthisme, c'est-à-dire la chlorose avec éréthisme sanguin. Il est ordinairement aggravé pendant le temps froid, moins cependant que pendant le temps chaud. I^ face est ordinairement pâle, cireuse ou terreuse, et sujette, h la moimlre émotion, à un flux rouge. I^a plus petite émotion de plaisir ou de chagrin, l'entrée soudaine de quelqu'un dans la pièce, la venue d'un étranger, et en fait tout ce qui trouble l'esprit, cause la rougeur de la figure. Les joues deviennent rouge vif. Mais ce n'est pas ime vraie pléthore, ce n'en est que le masque. I^ face est réellement d'une couleur terreuse, mais rougit à la moindre émotion. L'estomac est toujours désordonné, le malade élant sujet à de la gastralgie et à une lourde pression dans la région de l'estomac. Avec cela il y a une sensation comme si quelque chose roulait dans la gorge et la fermait comme une valve. Il y a une
grande aversion pour la viande, et en fait iK>ur tout ce qui est réellement nourrissant. Les aliments ont peu ou pas de goût. Le malade a de fréquents accès de nausée, qui viennent dès qu'il mange, ou périodiquement à minuit. Ici cela rappelle le malade d'Arsenicum.
Les muqueuses sont anonnalement pâles. Par exemple, le vermillon des lèvres se change en simple rose pâle. Si le malade est un homme, le gland est ridé et blanc, presque aussi pâle que le prépuce. Ainsi encore rinlérieur de la bouche et les gencives sont presque blancs, ce qui montre cette absence de sang. Les règles sont profuses et consistent en sang aqueux et en petites masses, et sont îiccompagnées de douleur dans Tabdomen comme dans le travail. La malade est très inactive ; c'est avec grand effort -qu'elle peut se remuer. Elle est soulagée par l'exercice. Elle est frissonnante pendant la plus grande «partie du jour, avec flux rouge vif des joues le soir. Il y a des palpitations de cœur avec bruit de souffle très marqué. Les vaisseaux sanguins par tout le corps battent violemment. Quelquefois l'anémie augmente tant que la malade est atteinte d'œdème des pieds.
Le malade de Ferrum est sujet à de fréquents maux de tôte congeslii's, avec douleurs pulsatiles dans la tête, ordinairement pires après minuit. La face est rouge ardent pendant l'attaque, et les pieds sont froids. Cela ressemble beaucoup à Bellad. mais est indiqué dans une classe de cas très différents de ceux qui demandent ce remède. Ces malades se plaignent toujours de vertige ou d'élourdissement, pire quand ils se lèvent brusquement d'une position couchée ou assise. Le vertige est aussi provoqué par le passage sur un pont ou par de l'eau courante, ou par la promenade en voiture. Tels sont les cas dans lesquels vous verrez Ferrum réussir. Un médecin anglais a dit que Ferrum devait être administré après le repas au lieu de l'être avant, l'auteur pense que ce remède agit mieux alors. Je ne sais s'il en est ainsi ou non. Uoi autre usage que nous pouvons faire de Ferrum, venant de sa tendance à produire les ébnllilions de sang, se trouve dans la phtisie floride. Il est indiqué chez les gens jeunes qui sont sujets à la tuberculose, rivalisant ici avec le Phnsphorus bien connu. Il est indiqué plus que Phosphorus quand il y a apparence de pléthore, avec grande oppression de la poitrine au plus }>elit exjcrcice. Las narines se dilatent et travaillent fort avec les efforts pour respirer. Il y a de fréquentes épistaxis, et aussi des hémoptysies, le sang étant rouge vif et non coagulé. La toux est d'un caractère sec, irritant, et est augmentée en buvant quelque chose de chaud.
Elle est ordinairement accompagnée d'une sensation douloureuse de meurtrissure dans la poitrine, et d'une violente et profonde douleur dans l'occiput. En plus de celte phtisie éréthique, nous pouvons trouver Ferrum indiqué à une période plus avancée quand l'expectoration est purulente et verdâtre et a une très mauvaise odeur, et est mêlée <le stries de sang.
Cela me rappelle \\\\ sel de fer, Ferrum phosphoricum. Celuici est un remède qui a été sugiréré |)nr Schiissier dans tous les cas d'inflammation .*ivant que lexsudtaion se soit produite. Il base sa prescription sur les effets combinés de Ferrum et de Phosphorus, Ferrum plios, se tient à mi-chemin entre Aconit et Gelsemium. En réalité, il dévelo|)pe ce stade d'inflammation que les pathologistes décrivent comme indi(iué par l'agrandissement des vaisseaux sanguins, a\ec parésie des nerfs vaso-moteurs.
Schiissier a proi)osé Ferrum phosph. comme pouvant être substitué à Aconit, Il a été donné si souvent que je vous le propose maintennat avec ces qualificalions : Les indications de Ferrum phosph. sont les suivantes : I^ pouls est plein, arrondi, et mou; rinflammalion n'est pas encore arrivée à l'exsudation; l'écoulement, si c'est une muqueuse qui est affectée, est striée de sang. En d'autres termes, l'état qui le demande est la surcharge des vaisseaux sanguins- Si un malade phtisique prenait froid, et ainsi lombait dans une grande prostration, et avait cette expectoration striée de snng, Ferrum phosph., môme à la 200^, apaisera rapidemeiU la congestion pulmonaire. De même pour la congestion secondaire suivant la pneumonie. Le poumon droit, par exemple, est enflammé, quand soudain le gauche se congestionne. Ici Ferrum phosph. agit encore. Ou bien encore, par une chaude journée d'été, un enfant en transpiration est exposé «au froid, et la transpiration est arrêtée. En conséquence, se produit une inflammation intestinale. Les selles sont aqueuses et sanglantes. Ici encore, c'est un cas pour Ferrum phosph. Au début de la dysenterie, Ferrum phosph. ne fait jamais aucun bien s'il v a du ténesme. Alors il vous faudra donner Mercurius ou quelque autre remède,
Nous pouvons employer Ferrum metalL lui-môme dans In diarrhée. Les selles contiennent de la nourriture non digérée, et viennent dès que le malade essaye de manger. Dans la maladie d'été des enfants ou choléra infantile, nous trouvons ces symptômes revenant tout ta fait régulièrement ou périodiquement juste après minuit, quand les selles lientériques peuvent être accompagnées de vomissements périodiques. Ces symptômes de Ferrum le placent avec Cinchona et Arsenic, dans un petit groupe de remèdes de la diarrhée, et plutôt en avant
d'Oleander, ce dernier éUanl indiqué quand les selks lienlériques surviennent des heures après avoir manf^cé. Par exemple l'enfant évacue un jour ce ([u'il avait mangé la veille. Avec OVichona, et Arsenic, la selle apparaît plus après que pendant le repas.
On doit aussi penser à Arg. nilr, dans ces cas de diarrhée. Il semble que Tenfanl n'ait qu'un boyau étendu de la bouche à l'anus.
Dans les hémorrhagies utérines, Ferrum est utile quand il y a un flux de sang rouge vif, souvent mêlé de caillots, et que ce symptôme est accompagné de l)eaucoup de rougeur. La figure qui est ordinairement pâle et blafarde, devient rouge vif 'et fluxionnée, la respiration devient rapide et un ]>eu laborieuse, tout comme avec Ipéca, Le pouls lui-môme est très augmenté de fréquence et de force. Ferrum dans les hémorrhagies semble prendre place entre Cinchona et Ipéca. Comme (^inchona il n'îpond aux cas. accompagnés de très grande prostration chez des personnes naturellement anémiques. Il est allié à Ipéca pour le flux de sang rouge vif venant violemment, et la difficulté de la respiration.
Ipéca répond î\ Thémorhagie qui vient violemment et brusquement. Elle peut '>tre accompagnée de naus('^ ou non, mais il v a souvent une respiration bruyante, précipitée.
Enfin Ferrum est indiqué dans les types intermittents de fié vre, particulièrement après l'abus de la quinine. Pendant le stade de chaleur on trouve les vaisseaux sanguins distendus, particulièrement aux tempes et à la face, un mal de tête battant, de l'augmentation de volume de la rate, et même de l'hydropisie.
Mac.xesia carbonica.
I^ magnésie est très employée sous une forme on une autre par les allopalhes comme médicament purgatif. Ouand on en abuse ainsi il pveut en résulter diverses conséquences. Elle jxîul devenir mauvaise par sa tendance à s'accumuler dans les intestins, sous forme d'incrustation de phosphate ammoniacomagnésien, et aussi par ses effets éloignés sur le système nerveux. Son action sur ce dernier ressemble à celle du Zinc, et on peut l'employer pour des formes semblables de névralgie. La
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constipation pour laquelle on Ta prescrite peut être empirée, et on aura alors à prescrire Nux vom.
Rheum est aussi à donner pour Tabus de la magnésie, quand en résulte de la diarrhée avec selles sûres, glaireuses, et ténesme.
Puisai, peut être utile pour certains symptômes.
Coloc» est indiqué quand des douleurs crispantes résultent de l'abus de la magnésie.
Chamo, est indiquée quand la magnésie cause de la névralgie.
Presque tous les symptômes de Magnésie carb. paraissent graviter autour de l'action du médicament sur les organes gastro-intestinaux. Tous les autres symptômes dépendent plus ou moins dé cette action, ou bien sont secondaires en importance. Pour vous décrire le malade de Magn. carb. je dois dire que le médicament agit sur les adultes et sur les enfants. Si le malade est im enfant, vous le trouverez chélif et maladif par nutrition insuffisante; il refuse le lait, qui, s'il est pris, cause de la douleur danfi l'estomac ou est évacué sans être digéré. L'enfant est sujet à de fréquentes douleurs de colique crispantes, qui ressemblent beaucoup à celles de Colocijnth, L'enfant rétracte ses membres pour soulager ces douleurs abdominales. Les selles sont, d'une façon caractéristique, sûres, vertes, et glaireuses comme l'écume d'une mare à grenouilles (vous rappelant ici Rheum et Chamo.), et sont précédées de beaucoup de crispations et de grondements dans les intestins, et leur apparence a été très exactement comparée à l'écume d'un étang à grenouilles. Quelquefois, quand les selles ne sont pas absolument diarrhéiques, elles ont un aspect comme s'il y avait dessus des masses de suif. Dans les cas intenses, vous trouverez l'enfant pauvrement nourri, et sa bouehe pleine d'ulcérations aphteuses. qui sont simplement des indications de l'état d'appauvrissement de l'économie par la défection de la nutrition. Avec ces symptômes vous pouvez voir comment on peut employer Magn, carb, pour l'état de marasme des enfants. Il y a plusieurs médicaments qui ressemblent beaucoup ici A Magn, carb,, et il sera bon pour nous de les considérer.
En premier lieu, Magnés, carb, est semblable à Co/ocj/niiï.. en ce qu'il a les douleurs de colique crispantes, faisant plier en deux l'enfant, mais il se distingue de ce remède par \e?> selles vertes, muqueuses.
Encore plus grande est la resseml)lance entre Magn. carb, el Rheum. Ici la ressemblance est dans les selles sûres, visqueuses. Le premier est le remède qui, des deux, agit le plus pro-
MATtÈAB MÉDtOALB CLtKtQUË 610
fiHidétnent^ et si vous êtes dans le doute sur celui que vous devez donner, Rheum doit précéder TaulreJe dois dire que Rheum est un remède assez infidèle. Avec les selles sûres, muqueuses, écumanteSf il a la colique crispante et les secousses des muscles de la face et des doigts pendant le sommeil.
Chamomilla ressemble à Magn. carb. dans beaucoup de cas, particulièrement dans les maladies des enfants. Dans les deux remèdes, l'anxiété et l'agitation prédominent. Mais avec Chamo, il y a des selles verl-jaunâtre, ayant l'aspect d'œufs brouillés. Les deux remèdes ont l'amélioration par le mouvement, les deux ont les douleurs crispantes avant la selle, et les deux ont l'irrégularité dans la nourriture comme cause de la maladie.
Magn. carh. est aussi semblable à Cale, ostr. Les deux ont les selles sûres, le rejet du lait, et la nutrition imparfaite du corps. Cale,, cependant, peut facilement se distinguer de l'autre par la sueur de la tête, de la face, et du cuir chevelu, par les pieds humides et froids, et par le grossissement du ventre.
Dans le tnarasme, comparez aussi Magn,, carb. avec Anlitn, crudum, Sulphur, Podoph,, Sepia, et Nalrum carh.
Si le malade de Magn, carb. est un adulte, nous pouvons avoir quelques-uns des symptômes suivants pour nous guider. I^s symptômes gastriques et hépatiques prédominent. Le malade souffre de ce qu'on a appelé dyspepsie acide. Les aliments comme les choux et les pommes de terre, et les aliments amylacés en général, ne sont pas digérés dans ces cas. Le malade ressent de l'anxiété et do la chaleur en mangeant; il a si chaud qu'il ne peut pas dormir, cependant il craint l'air froid.
Les femmes enceintes peuvent avoir besoin de Magn, carh,
quand elles souffrent du mal de dents, et quaad les douleurs
sont pires la nuit et forcent la malade h se lever et à marcher.
Il y a uji autre remède que je mentionnerai sous ce rapport, et auquel votis penseriez difficilement. Il y a quelques années, vingt ans peut-être, un médecin de cette ville traitait une dame daîts les premiers mois de sa grossesse, qui souffrait terriblement d'un mal de dents. Il lui donna Magn, carh. et d'autres remèdes ; la douleur continuait toujours. I^ D' Lippe fUt appelé en consultation, et il pensa à Ralanhia, qui a le mal de dents la nuit, forçant le malade à se lever et à marcher. Vous pouvez vous rappeler ces deux remèdes, et vous pouvez les placer avec Chamo,, qui est complémentaire de Magn. carb.
Les règles sont ordinairement en retard et peu abondantes, et elles ont cette particularité : elles coulent surtout la nuit, et au début du lever lé matin; cessant dans l'après-midi. L'écoulement est aussi plus abondant dans l'intei^valle dès douleurs.
L'oci est vrai, qu'il soit fibondanl ou rai-e. Dans tous les sels (!(» inngnçsie, lo flux miMislriiel esl foncé ou noir, presque comme de la j)oix.
Magu, varb. a des relations a\ec le rhumatisme, les affections fies niusclcs et des articublions. Il est favorable dans le rhuinalisinc de l'épaule droite. Il a aussi des douleurs rhumatismales dans les memhr-iîs, qui sont pires après une longue promenade,, améliorées par la eh ileur, cl pires au lit.
Scmyiiinarin ressemble à Magn, cnrh, en ce qu'il a le rhumalisme affoclant le muselo dclloïde dro'iL II y a i)]usieurs années, ayant employé Sam/uinaria un grand nombre de fois sans clïet, je inen <légoûtai tant que j'annonç^ii que je ny croyais plus, l.'ne semaine après, j'avais deux cas rapidement guéris par ce médicament.
\'ux mosch, esl indiqué dans le rhumatisme affectant le deltoïde gauche.
On a rapporté deux cas de catarrhe guéris par Magn. carb. Dans un de ces cas le malade ékiit disposé au mal de tête et aux clous.
M.U.NESIA MrRL\TICA.
Magn, mur,, ou le chlorure de magnésie, agit particulièrement sur les femmes et les enfanls, spécialement sur les femmes hystériques el les enfants scrofulcux.
Il est indiqué cliez les femmes qui souffrent de paroxysmes hystériques, avec les symptômes suivants : après dîner, la malade est prise de nausws, d'éructations, d'accès de tremblement et de défaillance. Ils surviennent après le dîner parce que c'est le principal repas, et qu'on mange plus h ce moment qu'à d autres, î^a malade est anxieuse et agitée, et est toujours plus mal par le Iravail mental. Les ma\ix de léle sont décrits comme congestifs, avec une s<Misation comme d'eau bouillante dans le crAne, ou comme d'un engourdissement frontal. les douleurs so)il rapportées aux tenip^^, et semblent soulagées p:'.r une ferne ï)ression avec la main. Klles sont aussi améliorées en enveloi)piint chaudement In tèîo. ]j\ malade se plaint aussi d'ui.c sens^ilion comme d'un-e boul ' montant de l'estomac à la gorge: cette sensation est soulagée par l'éructation. Ceci montre qaie l'accunuilation dé gaz dans l'estomac esl la cause de ce r^^flexe. La
aialad^ a aussi de la pesanteur dans la région utérine et des jspasmes ulériiis. Les règles sont noires et comme de la poix, el sont accompagnées de douleur dans le dos en marchant, et dans les cuisses en étant assis. Elle a aussi de la leucorrhée après chaque selle, ou suivant les spasmes utérins. Dans presque tous ces cas dans lesquels Magn, mur. est indiqué, vous trouverez la constipation carncloristiquo, dans laquelle les sellei^ sont évacuées avec grande difficulté, étant composées de masses dures, ou bien étant si sèches qu'elles s'émiettent en passant Taiius. Si vous trouvez ce symptôme i)résent avec les symptômes utérins, vous pouvez être sûr que Magn. mur, soulagera là malade.
Dans d'aulres cas, nous trouvons (juo le foie est atteint. Magn. mur, est un de nos meilleurs nMuèdes j)our les maladies du foie. Le foie est augmenté de volume el l'abdomen gonflé. Il y a des douleurs dans le foie, qui sont pires par lo loucher où en se couchant sur le côté droit. Ua langue est large, chargée, jaune, et prend l'empreinte des dents. Vous verrez ainsi combien il ressemble à Mercurius, mais il diffère de ce remède par la selle émieltée carficléristique. 11 y a souvent de l'œdème des pieds par trouble de la circulation porte, des j)alpitations de cœur, et de la dys])née, ces doux derniers symptômes étant des symptômes réflexes venant du désordre hépatique. Vous trouverez aussi celte selle émietlée.
Xous trouvons fréquemment Magn, mur, indiqué pour l'augmentation de volume du foie des enfants, qui ont une croissance chétive, et qui sont rachitiques. Ils souffrent aussi d'affections de la peau. Ils ont ce qu'on appelle tinéa ciliaris, une éruption qui vient ù la racine des poils, parliculièrement des pau[)ières. Los cheveux lombenl. lue éruption écailleyse apparaît aulour (les cheveux, la pe.ui s'ulcère, et les cheveux tombent. Avec celte teigne il y a des vésicules sur la figure, et un ozène Acre, avec rougeur et gonflement ^t élat écailleux du nez. Il y a aussi de la transpiration des pieds. Ici nous ïious rappelons Silicea. Mais la sueur de Silicca esl fétide.
Une caracléristique générale de Magn. mur, apparlenanl aussi bien aux hommes qu'aux femmes esl la i)alpitation de cœur, pire quand le malade est lran(iuille, et améliorée par le mouvement. Ce symptôme a été maintes fois confirmé. Il y a un autre symptôme qui survient fréquemment chez les femmes, et qui esl l'impossibilité d'uriner sans appuyer sur les parois abdominales.
IjCS analogues de Magn, mur. doivent être étudiées ici, ou bien vous ne pourrez pas le séparer des médicaments ayant une ac-
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lion similaire. Nous trouvons que dans les spasmes utérins Cnulophyllum et Aclea racem. agissent comme Magnes, mur,. Je dois dire que je crois que Ccuiloph. tient la tète de la liste. Je ne connais pas d'autres médicaments qui produisent un tel état spasmodique continu de lutérus, sauf Secale.
Il faudrait mentionner Silicea comme semblable à Magn. mur, pour le traitement des enfants scrofuleux. Les deux remèdes ont la sueur des pieds, l'hypertrophie du foie, l'ozène, le rachitisme. La différence est oelle--ci. Le malade de Silicea a une sueur dont Todeur est fétide, aussi bien à la tête qu'aux pieds. C*esl une bonne distinction. Il y en a beaucoup d'autres. II y a une ressemblance entre les céphalées des deux remèdes. Silicea et Magnésium mur. ont tous deux le mal de tête, soulagé en enveloppant chaudement la tête.
Mercurius est analogue à Magn. mur. dans les affections du foie. Il s'en distingue par sa diarrhée avec ténesme, ou plus exceptionnellement avec selles grises ou cendrées.
Ptelea aussi ressemble à Magn. mur.; il est utile dans la congestion du foie quand il y a une sensation comme d'un poids et d'une pression dans l'hypochondre droit. On trouve le foie augmenté de volume. Le malade trouve du soulagem<ent en se couchant sur le côté droit.
Les sels de magnésie ont été placés avec le Zinc y comme remède agissant sur le système nerveux. C^ fait a amené Schùssler à employer Magn. phosph. comme tonique nerveux.