LEÇON LXIII
Sels de Chaux
Il y a loute une série de sels de ehaux qui ont été expérimentés. Le premier sur la liste est Cale, os/r., ou la chaux des huîtres. Cette pn^ivaration, qui nous a élé donnée par Hahnemann, a élé expérimentée sous le nom de earhonale de chaux ou Calcarea cat^b. On Ta tiré de la couche movenne de Técaille d'huître où liahnemann supposait qu'il pouvait trouver sûrement un spécimen parfaitement pur de carbonate de chaux. Chimiquement parlant, ce n'est pas un carbonate de chaux, car il doit contenir certaines des -substances animales appartenant à rhuître. De plus, il contient toujours une trace de Cale. phos. Vous voyez ainsi la raison pour laquelle le D' Héring a proposé de rappeler Cale, osir, au lieu de Cale. carb. Cale, fluorica a été expérimenté par le D' Bell de Massachussets. Nous n'en avons que peu de symptômes. C'est un des 12 remèdes des tissus de Schilssler. Cette combinaison de Tacide fluorliydrique avec k chaux nous donne un très i)uissant médicament dans le traitement des maladies du système osseux. Je vous ai déjà rapporté un cas dans lequel Cale, fluorica eut un bon effet dans une nécrose de la mâchoire. Nous trouverons aussi que c'est un médicament utile dans les tumeurs des os. Cale, phosph. est aussi un médicament de valeur.
Ce devrait être votre devoir et votre plaisir de connaître les distinctions entre ces divers sels de chaux, et spécialement entre Cale, ostr,, et Cale, phosph. Ils ne sont ])as indiqués précisément dans les mêmes cas. Ouand l'un est indiqué, l'autre no peut pas l'être*. Ils ne sont pas difficiles à distinguer, de sorte que je pense que nous pourrons faire les distinctions nécessaires.
MAT. MKD. CL. 41
W4 MATIÈRE MÉDICALJS CLINIQUE
Un chapitre de l'histoire de Cale, phosph, a un certain intérêt. II y a quelques années une préparation pour la cure d'une certaine maladie fort introduite sur le marché en Europe. Elle acquit bientôt une grande réputation. Après quelque temps, les guérisons quelle effectuait devinrent de moins en moins fréquentes. Finalement, un homme riche dont la cure par cette préparation n'avait pas réussi, poursuivit la compagnie pour l'avoir trompé. L'analyse de la préparation devint nécessaire On trouva que le principal Ingrédient était du phosphate de chaux. Au commencement, les fabricants employaient le phos phale de chaux tiré des os; mais plus lard, ils avaient trouvé meilleur marché de le faire au laboratoire, et sans employer d'os du tout. I^ compagnie ])rétendit que le phosphate de chaux est du phosphate de chaux, quelle que soit la manière de le faire ou en quelque endroit qu'on' le trouvAt. Qu'il y ait une différence entre le phosphate de chaux obtenu dans le labora toire du chimiste et celui qui vient des os des animaux, cela se voit par la différence de l'efficacité thérapeutique des deux préparations, comme le montrent le cas ci-dessus et bien d'autres.
Cale, sulphuriea-^ ou le sulfate de potasse est un autre ées remèdes de Schûssïer. Il a été expérimenté par un des étudiants du New- York Collège.
Schûssler dit que Càlc. suif, agit énergiqu^oment i>our guérir la supj>Ufation et tînh^vcr la Umiéfaction des clo\is. La palhogéhésie» quoiqu'elle ne soit pas positive, favorise plutôt celte
L'1h)poph6iiphite «e cha\ïà^ donné à là ^côlid^ décimale, a pi^oduit les symptômes suivants : douleur profonde ijséwinte au sômtt\t>l dé là têle, causant une dépression des srnsAtions, m la pléhilwde eï de l'oppression dans la région du co^ur, de la plénitVtdte de là tête et de la poitrine ; les veines des mains, des b^às, du eou et de la iêté font saillie comme des coMes ; diffl cull'é de la respiration, obligalion d'avoir la fenêtre ouverte ; sueur prôfuse par tout le corps ; membres sans force pài- faiblesse des muscles.
Tous les sels de chaux agissent d'une façott prédorainànle dans la dii-ection mentionnée en tête. Ils affectent tous la nulrilioh du coii>s, aussi ils sont d'iin grand usage dans le pVemîer Ag'è è\ dans rcnfanèo, qiiand k cï\)issance doit s'aceomplfr. Ils TavoriseV\l le développement des os et des autres lissils. Vo\i& trouverez que certains d'entre eux, le C. ostr,, et le C, phosph,, causent de l'anémie quand ils sont poussés à l'extrême. Ils affectent tous les glandes et ils agissent tous sur les os.
MATIÈRE MÉDICALS CUNtQW 643
Caixiarea ostrearum.
Caïc, ostT. est un médicament qui p-eul être indiqué dans presque toutes les maladies et ne le cède en importance qu'à Sulfur. V^ous vous rappellerez que ce n'est pas un pur Carbonate de chaux, mais iju'il contient du phosphate de chaux et de la matière organique venant du corps de l'huître. Cliimiquement, il lie diffère que peu du carbonate de chaux fait dans les laboratoires.
Cale» bsïr, réjyond aux cas dans lesquels il y a une croissance défectueuse, aussi c'est un remède très nécessaire dans lenfance el le jeune âge. Il alïecle surtout le système végétatif, altérant matériellement la nulrition du corps. Sous son influence, la sécréUon et Tabsorplion progressent rapidement, et ainsi il devient un remède favori dans le cas où la constitution est à changer. Les glandes sont promplemenl affectées par laV;haux ; elles gonflent, s'enflamment, et deviennent même le siège de dé{)ôls pathologiques. Ceci est spécialement vrai des lymphatiques cer- \icaux et mésentériques. Le système nerveux, c'est-à-dire les n<;r-fs animaux, n'est pas primitivement atteint, mais devient èven-tuellement influencé par le défaut général de la nutrition, causant ainsi des spasmes, de l'excitation, etc. Le malade de Cq]c. nsîr. est gras et potelé, phitôl d'une graisse soufflcMî que solide el ferme. La face est plutôt paie, ayant cependant, à l'oc- (Vision des bouffées de rougeur. Ordinairement la couleur est (1 iirto pâleur aqueuse ou de craie. L'enfant est lent dans ses mouvements. Il n'est pas actif, nerxcux, ou rapide, comme nous le trouvons dans le cas de lenfanl de Sulphur. La craissance est iiTQgulière, de sorte que la tête est d'une grosseur disi)roportionnée avec le reste du corps. C'est lui défaut de la croissance osseuse*; ainsi on trouve que les fontanelles restent ouvertes, perticuî-ièrement la fontanelle antérieure. L*abdomen est gros et a été comparé à un bassin renversé. I^es traits sont plutôt forts, et les lèvres, particulièrement la lèvre supérieure, sont gonflées- La dentition est lente. Le cuir chevelu transpire d'une façon profuse, particulièrement pendant le sommeil. Ce n'est pas ordinairement une sueur chaude, et ce n'est pas non plus une sueiir froide ; mais elle esl froide en raison de l'évaporation naturelle. Quand l'enfant s(î réveille, on voit <4ue l'oreiller est hutttide ou mouillé sur un petit espace autour de la tête. Les piods sont souvent froids ou visqueux. (Ne soyez pas cependant abusés
544 BIATIÈRE MÉDICALE CLINIQUE
par ce symptôme, car il y a des enfants qui, portant des chaussures trop lourdes, ont les pieds humides.) Ces malades souffrent de sueurs partielles d'autres parties du corps. C'est en soi-même un symptôme presque certain de Cale. ostr. Ainsi la sueur peut affecter la poitrine ou les genoux quand toutes les autres parties du corps sont parfaitement sèches. Maintenant, à côté de ce tableau extrême, nous pouvons avoir l'état opposé, un état de grande émaciation. La peau pend flasque et par plis. En dépit de cette émaciation, l'abdomen reste anormalement gros. Ces enfants sont scrofuleux, et c'est la pure scrofule, pour laquelle Cale. oslr. est indiqué.
Il y a une autre forme, dont le caractère est tuberculeux, et dans celte forme Phosphorus est indiqué. Nous trouvons le même gonflement des glandes, la même ulcération indolente, et la même difficulté pour apprendre à parler et à marcher, mais le malade a une peau délicate, raffinée, et les traits sont minces et plutôt jolis. Les cils sont longs et soyeux, les cheveux longs et lisses. C'est une sorte de scrofule qui, si elle n'est pas neutralisée, se terminera finalement par la tuberculose pulmonaire.
Quand l'nfant de Cakarea devient plus Agé, il est long à faire sa dentition. Il peut même avoir de la fièvre et des convulsions accompagnant l'éruption tardive des dents. Dans les cas dans les(iuels les convulsions persistent, Ccdcarea est bien supérieur à Bellad. Il y a presque toujours une inflammation scrofuleuse des yeux. Il y a des pustules sur la cornée, et elles menacent de détruire celte membrane. Les parties environnant l'ulcère sont très vasculaires. L'enfant craint particulièrement la lumière artificielle, quoiqu'il, se plaigne amèrement de la lumière du jour lui frappant les yeux en se réveillant le matin. Les écoulements oculaires ont tendance à être doux. La cornée reste plus ou moins opaque à la suite de l'ulcération. Ccdcarea a souvent été employé après la disparition des symptômes aigus pour enlever l'opacité coméenne et l'épaississement chronique des paupières. Aucun remède n'est meilleur que Cale, pour les opacités cornéennes ; mais il faut comparer Apis^ Saccharum officinale, Cuprum, Alumen, Kali biehr., et Natrum suif.
Saccharum officinale en particulier doit être rappelé comme semblable à Cale. osir. Ce médicament a été expérimenté chez beaucoup de personnes, et a de nombreuses confirmations. Il est indiqué clicz les enfants qui ont de gros uienibres, qui soiil gras cl gonflés, avec une tendance à l'hydropisie. Il a produit l'opacité de la cornée ot devrait la guérir. Les états mentaux qui m'ont amené à l'emploi du sucre de canne sont les suivants: L'enfant est délicat et capricieux ; il ne se soucie pas des ali-
ments substantiels, mais veut de' petites babioles ; il est toujours de mauvaise humeur et pleurant, et s*il est assez âgé, il est indolent, et ne se soucie pas de s'occuper d'aucune façon. Tout paraît lui donner trop de peine.
Vous trouverez que dans les symptômes des yeux, Cale, agit mieux après Sulph. qu'avant. Il répond aux cas avancés qui sont traînants et refusent de réagir à Sulfur. Hahnenîann a noté que Calcaréa succédait particulièrement à Sul(ur quand il y avait une tendance à la dilatation des pupilles.
Un autre remède qui offre un rapport avec Cale, osir, dans les troubles scrofuleux ou tuberculeux est Aeide nitrique. Celuici doit être substitué à Calcaréa si les ulcères de la cornée progressent et menacent de perforer ou de détruire la cornée.
Les enfants de Calcaréa sont sujets aux éruptions cutanées, particulièrement à l'eczéma. Cet eczéma est tout à fait caractéristique. Il apparaît sur le ouir chevelu, avec une tendance à descendre et à envahir la face. Fréquemment, il apparaît par plaques sur la figure et le cuir chevelu, formant d'épaisses croûtes, qui ressemblent souvent à d'épais dépôts de chnux. Un autre symptôme qui peut suggérer Cale- est le suivant : L'enfant s'é- ^ratigne la tête en se réveillant de son sommeil. T-e changement du sommeil à l'activité semble produire la démangeaison dans l'éruption existante.
Nous trouvons chez ces enfants scrofuleux qui demandent Calcaréa^ l'inflammation de l'oreille externe, et aussi de l'oreille moyenne ou caisse du tympan. D'abord, Calcaréa produit l'épaississement de la membrane du tympan, avec tous les symptômes d'une ouïe défectueuse. Il y a dans les oreilles des bourdonnements, des ronflements, et des sifflements, qui tous dépendent de la pression anormale sur la chaîne des osselets. L'otorrhée a une apparence pâteuse ou grasse. Elle est purulente, mais elle a aussi une apparence de bouillie, tout à fait comme du papier mâché. En nettoyant l'oreille externe de ce pus et en regardant la membrane du tympan, on la trouve perforée par l'inflammation antérieure. Vous trouverez les bords de la rupture épaissis et granuleux, et vous pourrez même noter une tendance à la formation de polypes. Les douleurs ont un caractère soudain de secousse ou de pulsation.
Ici Calcaréa, selon les meilleures autorités, doit être suivi de Silicea si l'ulcération devient très torpide et ne guérit pas en dépit de la chaux. Ive malade de Silicea a la tête d'une grosseur disproportionnée avec le reste du corps. La sueur se montre sur «<tijt le corps et sur la figure plutôt que sur le cuir chevelu seul, et la sueur des pieds les rend douloureux. Vous vous rappelle-
Ci6 MATIÈRE MÉDICAtC CLINIQUE
rei ces aymptôixKîs en revoyant noive \eço^ sur SUicea. A ^W de Silicea vous powrrk?: ici comparer Cciic,^ avec IlepoF e\ Mer-
Avec c€s inflammations des yeux cl des oreilles sous rinfluence de Calcarea nou-s pouvons avoir une hypertrophie scrofuleuse des ganglions lymphatiques du oou, des aissclfea^ elc. Ik scât durs et fermes, et cèdent très lentement à la mé<iicalion.
Nous avons aussi dans ces cas un coryza ou catarrhe nasal chronique. Les ailes du nez sont épaissies et ulcérées. Il lend à y avoir une éruption scorbutique humide des narines. Il y a une odeur fétide, comme <!*œufs pourris, de poudre h canon ou de fumier, venant du nez. Le nez» est bouché, avec un pu» jaune épais. Le malade a souvent un saignement de nez le malin. Ici \X)us pouvez comparer Bellad., qui suit bien Calcarea,
Maintenant, si les enfants de Calcarea sont atteints d'une diarrhée estivale ou d'un véritable choléra infantile, vous trouverez les symptômes suivants des organes digestifs : Il y aura un désir exagéré d'œufs. Pourquoi, je ne le sais pas; cela i^cui être ù cause du soufre dos œufs. Ccst un symptôme très commun. Le lait déplaît. D^s qu'ils eu pronuent ijs le vomissent en gAteaux sûrs ou en caillots, (^'ost un symptôme deniandant forlemeriL Calcarea» Ou bien le lait peut être évacué par les intestins, en masses caillées blanches, 11 y a un appétit voracc et de la soif, celte dernière pire le soi-r. La diarrhée aussi est pire vers le soir, se distinguant ainsi de Sulphur, Les selles sont verdâtres, et peuvent contenir des aliments non digécés. Elles sont plus ou moins aqueuses et sûres.
Pour ces symplûines, Cale, ofilr. est semblable a deux ou trois auli'es médkîaraentH. L'un est Aetlmsa cyiiapium. Celui-ci est iu*diqué dans les vomissomeuls <]es enfants, quand ils voïiiissent tout ce qu'ils l>oivent, parliçulièremeut le lait^ qui'e^t rejeté en caillots blancs ou jauucMres ou verdûlr«s. Te vomissement dé|)rinve l'on fa ni tellement (ju'il tombe eudonui,
Un autre remède encore est Anllmon. cruduni, qui a cet étal: Après avoir tété, Tenfanl vomit son' lait en petit» caillots blaïucs, mais refuse ensuite de téter ; le malade (VAethuna, au coniraiBe, veut recommencer à téter. 11 v a aussi la diarrhée caracltérifttique <VAniim. criidum^ qui vous aidera à le dislin^wr des cas demandant Krensnte. Si ce dernier n'avait pas d'autre symplôme que le suivant, il serait encore inestimable et ne pouirait. pas être remplacé : L'estomac est si faible qu'il ne peut garder ou digérer la. nourriture, de sorte que les aliments sont vomis immédiatement ou des heures après avoir mangé.
Phosph, et Arsenicum devraient aussi être comparés pour oe vomissement.
Xous trouvons encore Cale. osir. indiqué pour l'hydroeéph»lie aiguë duus ses stade* de début. Ici, comme dans beaucoup d'autres cas, il agit parliculièremenl bien après Sulfur. 11 peut même taire du bien quand existent des symptômes d*épanchement. Il est ii>diqué surtout par les symptômes généraux conslilulionnels présents dans le cas.
Dans ces cas vous trouvez souvent qu'il succède bien à l'emploi antérieur de Bellad. Vous êtes demandé» pour soigner un de ces cas. Vous trouvez le malade avec la tête chaude, la face rouge, des tressaillements d^ms le sommeil, et vous lui donnez Belladonna, qui le soulage. Après quelques jours, une rechute survient, vous donnez ck^ nouveau Bellad,, qui, celte fois, échoue.
Cette intermittence de la maladie vous montre que ce n'est pas un cas de Belladone. Alors vous avez à choisir un autre médicament, qui est quelquefois SulfuT\ et très fréquemment Calcarea, c^ dernier s[)écialement si le mnlade est Tenfanl caractéristique do Cnlcarea, Bellad. o{ Cale, soni complémentaires, particulièrement dans les affections des enfants, les troubles cérébraux, et la dentition.
Nous trouvons encore Calearea iudifpié plus tard dans la vie, à la i)ul>erté. Ici il est plus fréquemment indiqué cliez les filles que chez les garçons. Nous le trouvons indiqué au moment de l'apparition des règles, quand elles sont retardée*. I^ jeune fille a une apparence i)}éthorique, et souffre de congestions de la tôle el de In })oilrin^. Klle est grasse et d'apparence robuste, mais si \ous examinez le sang de ces malades, vous trouvez qu'il a une quantité disj)roportionnée de globules blancs ou leucocytes. Elle se plaint de palpitations de cœur, de dyspnée, et de mal de tête, pire en montant. Calearea amènera le flux menstruel el guérira tous ces symptômes.
Vous pouvez encore le trouver utile à la puberté, pour les symptômes similaires quand la tuberculose des poumons est menaçante. Le malade a cette dyspnée, ces palpitations et ces afflux de sang à la poilipne en montant, et môme des hémorrhagies pour les poumons. Il y a une toux sèche la nuit, qui devient grasse le matin. Le malade a de la fièvre, qui est pi-re le soir avec transpiration partielle r>i douleur de la poitrine au toucher, cette sensibilité étant plus intense sous les clavicules. La digestion est fortement troublée.
Le malade ne peut manger aucun aliment gras sans avoir mal au cœur. 11 y a une tendance chronique h la diarrhée, et avec cela du prolapsus anal. Ainsi, vous voyez que Calearea est
018 MATi£^E mSdicale clinique
un compagnon de PhosphoniSy mais il y a une différence entre les deux remèdes. La différence s'exprime par ces quelques symptômes. Avec Calcarea^ vous trouvez le malade scrofuleux et gras, et son histoire passée vous montre les symptômes bien marqués de Calcarea, Enfants, ils ont été longs à faire leurs dénis, ont eu des fontanelles qui se fermaient lentement, et souvent il reste encore un gonflement de la paupière supérieure disproportionné.
D autre part, la malade de Phosphorus est élancée, d*une croissance exagérée, grande pour son âge, et a la poitrine étroite. Elle a dos tissus d'un grain fin, au lieu d'être grasse et épaisse comme avec Calcarea.
Calcarea est indiqué à une période tardive dans la phtisie quand de grandes cavités se produisent. Il agit particulière ment sur le jioumon droit vers son. tiers moyen. 11 .y aura de la douleur au milieu du côté droit de la poitrine ; des râles muquenx bruyants s*entendent dans toute la poitrine, naturelle ment plus accentués du côté droit. L'expectoration est purulente, vert jaunâtre, et sanguinolente. Le malade a une grande répugnance pour la nourriture animale, comme la viande, qui passe sans être digérée. L'émaciation progresse, la sueur augmente, et les règles, si c'est une femme, s'arrêtent. Tels sont les symptô mes qui demandent Calcarea dans la tuberculose.
Encore plus tard dans la vie, nous trouvons Caicarea indiqué pour les maladies des femmes, particulièrement pour les irrégularités dans la menstruation. Il est spécialement indiqué quand le flux menstruel est trop fréquent, venant toutes les deux ou trois semaines, et est profus, arrivant presque à la ménorrhagie. I>e flux est provoqué par l'exercice exagéré ou par les émotions. I^ malade se plaint de sueur de la tête et de froid aux pieds.
Un des meilleurs remèdes que je connaisse pour la profusion ordinaire du flux menstruel, venant fréquemment et sans caractère constitutionnel marqué par lequel on puisse juger le cas, est Trillium pendulum, spécialement si les règles épuisent beaucoup la malade. Je ne l'ai jamais donné qu'à la 6' dilution.. Elle a été suffisante dans tous mes cas.
Pour la suppression des règles, Cale, a plusieurs remèdes concordants. Bellad- s'applique quand il y a de l'hyperémie, un afflux de sang à la tête, une sensation subjective de refroidissement, de l'insomnie, et des battements aux tempes.
Gelsemium est indiqué dans la suppression des règles quand il y a un état assoupi, apathique.
Gloiwïn est un remède admirable quand il y a un violent battement dans la tête, et particulièroment si l'urine est albumi-
neuse, comme cela peut. arriver, à cause de la congestion des reins. ^
Aconit, est indique pour la suppression des règles par de violentes émotions, comme une frayeur.
D autres médicaments eneore indiqués dans ces dernières circonstances sont : Aclea spicala et Lyco podium.
La leucorrhée de Cale. oslr. est assez profuse, avec démangeaison et brûlure considérable, et est généralement laiteuse, purulente, et d'apparence jaune ou épaisse. Il est spécialement indiqué pour la leucorrhw survenant avant la puberté, même chez des bébés.
In autre remède que j'ai trouvé de grande valeur dans la leucorrhée des petites filles est Cauloph. quand l'écoulement est abondant et affaiblit beaucoup lenfant.
Calcarea est utile dans les maladies des organes sexuels mâles. C'est un de ce i>etit groupe do remèdes, .Vax, Siilfur. et Calcarea, qui a été d'abord suggéré i)ar Jahr pour la faiblesse sexuelle venant de la masturbation ou d'autres excès sexuels. (■aie. est indiqué quand il y a un désir sexuel excessif, mais ce désir sexuel est plus psychique que physique, c'est-ù-dire qu'il y a plus de passion que de circonstances concomitantes objectives. Les érections sont diminuées ou imparfaites [jendant le coTt, rémission est imparfaite ou prématurée. Calcarea est aussi indiqué lorsque, après des abus de cette sorte, un homme se range à une vie morale et tranquille. Sa puissance sexuelle est du earactère que nous venons de décrire, et sa satisfaction est suivie de ces symptômes : vertige, mal de tête, et faiblesse dans les genoux.
Dans les cas plus légers, qui ne tiennent pas à une origine aussi profonde qu^ le défaut de nutrition, vous trouverez Dioscorea tout à fait suffisant pour les pertes séminales excessives avec faiblesse des jambes, particulièrement aux genoux.
Chez les vieillards qui, ayant passé leur jeunesse et le début de leur vie d'homme dans l'habitude d'excès vénériens, sont tout aussi excitables dans leur passion sexuelle à 60 ans qu'à 18 ou 20, et qui cependant sont physiquement impotents, Agnus castus est un bon remède.
Nous pouvons employer Cale. osir. en raison de son action sur le système nerveux. Il est indiqué dans les fièvres nerveuses, même dans les fièvres typhoïdes, au commencement de la maladie, avec ces symptômes : le malade tombe dans une sorte de sommeil troublé et rêve de sujets perplexes qui le réveillent. Il se remet à dormir et rêve de la môme chose. Dès qu'il ferme
les yeux, il voit des {versonnos, des objets qui disparaissent dès qu'il les ouvre. Plus tard, d<nns le cours de la fièvre typhoïde, vers la seconde semaine, vous trouverez (\iic. oslr. indiqué lorsque, par exemple, l'éruplion n*apparaîl i)as el que le malade arive ù une sorte de stupeur. L'abdomen se gonfle et devient plus tym])ani([uo. l^e malii<le devient très agité, anxieux, inconscient. Il crie, a des ti^essaillements, et saisit des nîèches de che\eux. I^e corps peut être trop brûlant et les membres froids et visqueux. Il peul y avoir do la <liarrh(Se ou de la constipation. Il se rr^veille en sursaut et regarde autour de lui comme effrayé. Un médicament qui est ici complémentaire <le Calcarea est Lycopodium^ dont les symptômes ont déjà été mentionnés.
Un autre usage que nous pouvons faire de Cale. oslr. dans les affections nerveuses est un usage qui n'apparaîtrait pas d'inio élude superficielle du médicament el qui ait son *ipplication dans Vinfiomnie, L'insomnie qui demande ce remède ne consista pas simplement à rester couché éveillé une heure ou deux, mais c'est cette longue insomnie qui est le signe précurseur de certaines maladies et Taccompagnement d'autres. Par exemple, pendant les suites de couches, une femme ne peut pas dormir. Dans ces cas, vous avez les symptômes suivants : Elk a des visions en fermant les yeux ; elle se réveille et tressaille au moindre bruit et est hors d'elle-même d'angoisse. La langue devient sèche. Elle est presque à l'état d-e manie aiguë. Cale, osir. particulièrement à la 30* dilulîon, donné toutes les trois heures i>endant le jour, produit presque invariablement im besoin de dormir la nuit suivante. Comment Calcarea le produitil ? Comme l'opium» la caféine ou le chloral ? Non, mais en amenant un sommeil sain. Il y a encore un emploi de Cale, oslr. pour celte malheureuse affection, le delirium tremens. Il <'st indiqué lorsqu'il y a absolument les mômes symptômes que j'ai menlionnés pour l'insomnie, particulièrement avec visions de rats el de souris, et d'objets horribles qui terrifient le malade. Il parle en délirant de feu et d«e meurtre. Il a une peur constante d'être en train de devenir fou.
Cale. osir. semble capable de guérir Tépilepsie, non pas tant les paroxysmes eux-mêmes qu'en aidant le changement de constitution par lequel celte U^rrible maladie peul être guérie. L*aura qui précède l'attaque dans certains cas commence par le i)lexus solaire et monte, et le malade est pris de convul sions (celles-ci caractéristiques de Nux lom^, Bu{o, el Silicea). Dans certains cas, il sont, comme si une souris lui courait sur le bras. Dans d'autres, l'aura peut descendre de Tépigastre dans l'utérus et les membres. Les causes de l'épilepsie de Calcarea
M-^i|i^RE ^DICALE GJLINIQVÇ 651
sont la frayeur, la suppression d'une éruption chronique et aussi des excès vénériens. Il succède très bien à Sulfkkur.
Yows avez tendance à penser d'abord à Sulphur pour celle senaalion d'une souris se proineuaut sur le bras ; le symptôme est lout à fait le même avec Sulphur et Calcarea; les causes nussi sont les mêmes, cesl-iWirc des excès vénériens et la supi>ression d'une éruption.' Coicor^^a «st particulièrement indiqué, ou si les pupilles ne se dilatent pas après Tusage de Sul phur.
Pour les paroxysmes, Acide hydrocyanique est un médicament utile.
Artémisia vulgaris est indiqué dans les cas qui sont venus de la frayeur, et dans lesqivels les atiaquos sont redoublées.
Si une indigestion amène la maladie, ^^ux lom. est le premier remède auquel il faut penser, spécialement si Vanra part de l'épigastre et s'étend on haut.
Cale. oslr. est utile dans les maladies des os et dans 1^ courbui>o du rachis, spécialement |X)ur les incurvations de 1î\ région dorsale chez des enfants qui sont lents h apprendre k parler et à marcher, qui sont faibles des chevilles, el tournent leurs pieds selon les muscles qui sont affaiblis. Il y a un remède qui a été suggéré pour celte faiblesse des jambes que je n'ai jamais pu confirmer, et qui est Pinus sijlvesiris. On dit que celui-^i a guéri Témaciation des extrémités inférieures avec retard ponr apprendre à marcher, chez les enfants scrofuleux. Cale, ostr, est aussi indiqué dans les affections des jointures ; par exemple pour la tumeur blanche et la coxnlgie. Il est indiqué au deuxième stade de ces maladies, ([uand des abcès se sont formés.
Maintenant, vous devez apj)rendre h distinguer entre Calcarea et Silicea, Pour Tobserv-'iteur superficiel, les cas sont très res«vemblants, mais il y a quelques différences que vous pouvez noter. D'abord, le mala<le de Silicea a la sueur sur toute la têle el cette sueur a une odeur sûre ou fétide ; la tête a crû d'une façon nnormole, le reste du corps étant plutôt émacié; la sueur des pieds avec Sillcca a tendance à être fétide ; elle produit un état à vif entre les orteils et k la plante des pieds : la face est terreuse ou jaunâtre comme de la cire. L'enfant de Silicen est nerveux et excitable plutôt qu'indolent comme dans le cas du malade de Cale, ostr,
Silicea a la même nutrition imparfaite par assimilation défectueuse que Calcarea. Il semble y avoir, chez l'enfant de Silicea, une faiblesse marquée du système nerveux cérébro-spinal; el cependant, avec cette faiblesse, il y a un certain degré d'irritabilité de telle sorte qu'il est rendu plus mal par toute
impression extérieure. Ainsi, 8*il y a une tendance à l'épilepsie, tes plus petites émotions tendront à le faire tomber en convulsions. Il y a plus de tendance à l'ulcération avec Silicea qu'on n'en trouve avec Ccdcarea. Ce qui s'écoule de ces ulcérations n'est pas un pus louable et sain, mais plutôt filant et excoriant.
Cale. ostr. est utile dans le rhumatisme. Les symptômes l'indiquant sont les suivants : affections rrhumatismales, causées par le travail dans l'eau; rhumatisme des muscles, du dos et des épaules, après échec de Rhus. Il est aussi indiqué pour les nodosités goutteuses des doigts. Il peut être encore utile dans la goutte constitutionnelle et l'arthrite déformante.
Rhus iox, semble être le meilleur remède que nous ayons pour le lumbago que les douleurs soient ou non améliorées par le mouvement. Il semble avoir une affinité spéciale pour les muscles profonds du dos.
Cale, fluorica est un bon remède pour succéder à Rhus dans les cas chroniques ; pour le lumbago, empiré en commençant à remuer, mais amélioré par la continuation du mouvement.
Secale cornulum est indiqué par la crampe subite dans le dos,
Nux vom. doit être donné dans le rhumatisme du dos, quand le malade est incapable de se tourner dans son lit s'il ne commence par s'asseoir.