‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 1 sur 108 · ANC"® LIE"® G. CARRÉ ET C. NAÜD · texte numérisé non relu

ANC"® LIE"® G. CARRÉ ET C. NAÜD

G. NAUD, ÉDITEUR

3, rue racine, 3

PRÉFACE

Dans le présent ouvrage nous nous sommes proposé de faire l’histoire des animaux et des drogues de provenance animale employés en thérapeutique.

Nos recherches antérieures sur les Insectes Vésicants puis celles sur les Cétacés et leurs produits (blanc de baleine et ambre gris) nous ont permis d’apporter quelques contributions nouvelles à l’histoire des drogues animales ; plus récemment nous avons entrepris et poursuivi pendant plusieurs années l’étude des glandes à parfum des Mammifères (Carnassiers, Rongeurs et Ruminants). Pour ces raisons nous avons pensé qu’il n’était pas trop téméraii’e de notre part d’essayer d’écrire une matière médicale zoologique.

La plupart des ouvrages récents où il est question des drogues d’origine animale ont été écrits par des zoologistes ; ce sont des Traités de «Zoologie médicale» et non des Traités de «Matière médicale ». Nous avons voulu, au contraire, nous limiter à l’étude des animaux ou des substances d’origine animale utilisés en médecine et développer plus spécialement le côté anatomique de leur histoire qui est précisément le plus négligé dans les ouvrages de Zoologie médicale. La connaissance de l’origine anatomique et de la texture des produits animaux nous paraît, en effet, avoir une grande importance. Si

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l’on établit, par exemple, que les glandes à Castoréum sont des diverticules, préputiaux, on peut déjà présumer, d’après ce que l’on sait des sécrétions préputiales, que le Castoréum résulte de la desquamation d’un épithélium pavimenteux ; et quand on a démontré que c’est bien en effet à une desquamation de cette nature qu’est dû le produit des glandes en question, il suffit de se reporter aux connaissances générales que l’on possède sur les desquamations épithéliales pour se rendre compte du mécanisme intime de formation de la drogue.

D autre part la texture anatomique peut fournir d’excellents caractères pour déterminer la valeur des produits employés si l’on connaît bien l’origine de ces caractères. Ainsi le contenu des sacs à Castoréum non adultérés, doit être, dans les échantillons desséchés, traversé de lames plus ou moins ramifiées dessinant sur la section des lignes blanchâtres très apparentes. La présence de ces lames s’explique facilement quand on connaît l’anatomie des sacs à Castoréum; elles figurent les replis SI développés que forme la muqueuse pour multiplier sa surface de desquamation. Dès lors, si ces replis manquent c’est qu’on n’est pas en présence d’un organe intact. Nous j, rendrons cet exemple entre cent qui seraient tous également démonstratifs.

Nous publions dans cet ouvrage nos recherches inédites sur les Viverridés, sur le Castor, sur le Chevrotain porte-musc, e tc. On nous reprochera peut-être à ce propos d’être entré dans des détails anatomiques trop développés, tels qu’ils auraient pu trouver place seulement dans un mémoire spécial. Cette critique pourrait paraître juste et nous l’avons envisagée avant de nous décider à agir comme nous l’avons fait. Il nous a semble, en raison de la place prépondérante que nous voulions donner à l’anatomie dans l'étude et la connaissance des

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