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drogues, qu’il n’était pas mauvais de montrer aux élèves auxquels ce livre est destiné jusqu’où doit être poussée l’étude anatomique si l’on veut en tirer toutes les conséquences.
Ainsi, pour les glandes des Viverridés, par exemple, il y a un intérêt réel à démontrer qu’elles sont d’origine préputiale et qu’elles rentrent ainsi dans le même groupe que celles du Castor et du Chevrotain porte-musc. On s’explique alors que, pour une part au moins, leur produit résulte d’une desquamation épithéliale. Mais ces glandes ont des faisceaux musculaires striés dans leur paroi et on sait que le prépuce n’en possède pas ; il y a là une apparente anomalie et il faut bien dès lors montrer par des dissections que ces faisceaux sont fournis par les muscles extrinsèques du fourreau préputial et que leur présence se légitime ainsi parfaitement. Ces démonstrations pourront paraître un peu longues ; nous estimons qu’elles auront l’avantage de montrer aux élèves qui liront ces pages comment il faut procéder pour arriver à la détermination d’homologies plus ou moins cachées. Il ne s’agit point ici d’un livre élémentaire, encore moins d’un manuel, mais bien d’un livre d’enseignement professionnel supérieur; et cette considération nous a engagé à ne point tant craindre d’entrer dans le détail des faits que d’apporter des solutions sans preuves à l’appui.
On remarquera encore que nous avons mis quelque insistance à résumer, pour chaque classe d’animaux, les caractères anatomiques généraux et qu’à propos des Mammifères, en particulier, nous sommes entré dans des considérations assez développées sur les points d’anatomie et de physiologie générales qui nous ont paru pouvoir être utilisés. Au cours de l’ouvrage nous avons mis une insistance non moins grande à renvoyer le lecteur à l’exposé de ces connaissances générales
PRÉFACE
quand cela nous paraissait nécessaire. Nous avons remarqué trop souvent, en effet, que les élèves qui étudient une drogue semblent se trouver en présence de quelque chose de très spécial, qui n’a rien de commun avec ce qu’ils connaissent déjà. Gela tient, en partie au moins, à ce qu’ils n’ont pas pris l’habitude de rapprocher anatomiquement, cette drogue d’organes homologues qui leur sont connus par ailleurs. La faute en est bien un peu aux livres qu’ils ont entre les mains et dans lesquels ils trouvent certainement d’excellentes choses, mais où le souci de l’anatomie est peu marqué. C’est ainsi, par exemple, qu’on leur donne encore partout pour leur faire connaître la structure de la paroi des poches à musc l’antique description de Pereira. A la rigueur, cette description est exacte, mais les désignations employées par cet auteur pour les diverses couches de cette paroi remontent à une époque où les notions générales sur la structure de la peau et des muqueuses étaient encore assez sommaires ; aussi ne cadrentelles plus avec ce que nous savons aujourd’hui de ces tissus et l’élève est bien excusable si dans la paroi dé la poche à musc, telle qu’on la lui décrit, il ne sait pas reconnaître la peau couverte de poils extérieurement et doublée intérieurement d’une muqueuse dermoïde. Lui montrer ce rapprochement c’est enlever à la drogue son caractère étrange et éclairer bien des obscurités.
De même l’élève prendra rapidement une compréhension nette et large des choses si à propos des glandes sébacées (pie renferment les organes à parfum des Viverridés on le renvoie à un court chapitre général sur la structure intime et le mode de sécrétion des glandes sébacées. Alors le viverréum ne lui apparaît plus que comme une sécrétion semblable à tant d’autres de nature analogue qu’on rencontre dans l’organisme.
PRÉFACE
Il est inutile de multiplier ces exemples ; nous avons voulu seulement montrer dans quel but nous sommes entré dans des explications d’ordre anatomique ou physiologique que l’on pourrait taxer d’excessives.
D ailleurs, nous n’avons point négligé non plus la partie zoologique. Autant que cela nous a paru nécessaire pour l’histoire des drogues étudiées nous avons donné les renseignements zoologiques que nous avons pu recueillir nousmêmes en empruntant aux plus récents mémoires traitant de ces questions. Mais nous nous sommes gardé de tenter, comme cela se fait abondamment dans les Traités de « Zoologie médicale >>, de constituer une sorte de cadre général da^'ns lequel pourraient rentrer tous les animaux, aussi bien ceux qui ont quelque rapport avec la médecine que ceux qui n’ont rien à voir avec elle. Notre but était plus modeste et nous serons heureux si en suivant la méthode que nous avons adoptée après mûre réflexion, nous avons pu rendre quelque service a ceux qui s’occupent de matière médicale. Nous remercions nos éditeurs de ce qu’ils ont fait pour donner à cet ouvrage une forme séduisante et particulièrement de la libéralité avec laquelle ils nous ont laissé éclairer notre texte de figures dont la plupart sont originales.
Paris, 20 avril 1899.