‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 27 sur 108 · CARNIVORES · texte numérisé non relu

CARNIVORES

l’exception de la loutre

(i) Dans nos formules, nous donnons le nombre des dents d'un seul côté.

MAMMIFERES

Si

Le noml)re des molaires est variable ; les postérieures sont souvent tuberculeuses, mais les couronnes des antérieures portent ordinairement des lobes tranchants, propres à couper et à déchirer les chairs (fig. 8). De chaque coté et à chaque mâchoire une des molaires se distingue par ses grandes dimensions et ])ar l’existence d'un talon (pii se projette en dedans ; cette dent reçoit le nom de cii/'iu/ssiei'e ; a la mâchoire supéiieuie elle est représentée parla dernière prémolaire ; à la mâchoire

Fig. 8. — Tête osseuse de chien.

inlerieure, par la première vraie molaire. Quand on compare la dentition des divers genres de Carnivores, on constate ([u’elle présente des variations assez grandes, affectant tantôt un caractère carnassier très prononcé (Félidés), tantôt une allure insectivore (Viverridés), tantôt môme un caractère omnivore ou Irugivore (Ursidés). G est toujours à la machoiie inférieure (i) que se manifestent le plus nettement les caractères propres de la dentition d’une es[)èce déterminée : ce qui se conçoit puisque la mâchoire inlérieure est la partie active de

(i) Voir, Beauregarcl, C. li. de la Soc. de Biologie, i8y3.

CA n.y/ voues

l’appareil masticateur; on reniarcjuera, en outre, cpie chez tous les genres franchement carnassiers, la voûte palatine présente de chacpie côté une fosse profonde qui sert à loger le sommet de la carnassière inférieure correspondante ; cette fosse disparaît chez les espèces à régime moins carnivore.

Une autre particularité caractéristique des Carnivores est offerte par la forme des condyles de la mâchoire inférieure et par celle des cavités glénoïdes qui leur correspondent. Le condyle est cylindrique et transversal ; la cavité glénoïde est une sorte de gouttière transversale dont le bord postérieur est renforcé en une apophyse que de Blainville a parfaitement caractérisée du nom à' apophyse d'arrêt (apophyse postglénoïde). Le condyle engagé dans cette gouttière ne peut exécuter que des mouvements de rotation sur son axe, sans pouvoir se déplacer ni en avant, ni en arrière, de sorte que la mâchoire inférieure fonctionne seulement par élévation ou abaissement, à la façon d'une branche de cisaille. Ces mouvements sont absolument en rapport avec la fonction coupante des dents.

Chez les Pinnipèdes les variations dans la dentition sont beaucoup plus étendues ; mais comme nous n’avons point à nous occuper de ce groupe, nous n’insisterons point sur ces variations.

Parmi les autres particularités anatomiques des Carnivores qu’il nous parait utile de relever, nous mentionnerons plus spécialement l’existence <\e glandes odorantes^ les unes avoisinant l’anus (glandes anales) et produisant une substance à odeur forte plus ou moins méphitique ; les autres, en relation très proche avec les organes génitaux et sécrétant des produits aromatiques à odeur de musc. Les glandes anales sont beaucoup plus généralement répandues chez les Carnivores (jue les glandes de la seconde espèce qui s’observent seulement chez quelques genres.

Nous rappellerons enfin certains caractères propres à l’appa-

MAMMIFERES

reil génital : les vésicules séminales font défaut; le canal de rurèthre arrivé au bord postérieur du pubis fait un coude brusque pour se porter en avant, en s’appliquant contre la face ventrale de la symphyse pulnenne. 11 continue ainsi son trajet dans la direction de l’ombilic et est enveloppé dans toute cette portion abdominale d’un long fourreau préputial qui le fixe à l’abdomen. Des muscles spéciaux déterminent sa sortie ou sa rentrée dans le fourreau.

Ces muscles sont : i° \e?, rétracteiirs de la verge qui prennent naissance, en arrièx’e, dans la région périnéale, au voisinage du sphincter externe de l’anus, par des cordons fibreux allant s’attacher au sacrum ; en avant ces muscles s’insèrent sur les côtés des corps caverneux en avant des racines de la verge ;

2° Les protracteurs du fourreau (ou élévateurs) qui naissent des ])arois de l’abdomen en avant de l’ouverture préputiale et vont se réunissant sur le rebord postérieur du prépuce de manière à constituer une sorte de sphincter en forme d’anse ;

3" Les rélracteurs du fourreau consistant en une paire de muscles qui s’avancent sur les côtés de la verge, de la région périnéenne jusqu’au manchon préputial et qui le tirent en arrière.

Le pénis des Carnivores est fréquemment renforcé par un os (os du pénis) qui se développe dans la cloison conjonctive unissant les deux corps caverneux.

Cl.\.ssific.vtion. — Les Carnivores peuvent être divisés comme suit :

Carnivores.

Fissipèdes.

Pinnipèdes.

I Cynoïdes. — Canidés.

Æluroïdes.

Hyœnidés.

Arctoïdes.

Félidés, t Vivcrridés.

f Mustélidés.

■. Procyonidés.

f Ursidés.

VJVERRIDES

VIVERRIDÉS

Caractères généraux. — Les Viverriclés sont des Carnivores à corps allongé à museau pointu et long ; ordinairement pentadactyles ils sont digitigrades, semi-plantigrades ou plantigrades selon les genres. La queue, assez longue, est enroulée chez ({uelques espèces.

Les Yiverridés sont très carnassiers; de vive allure, ils courent bien et grimpent avec agilité.

En outre de glandes anales bien développées, ils possèdent généralement des glandes à parfum situées entre l’anus et les orilices externes des organes génitaux. Ces glandes à parfum sont décrites dans les ouvrages les plus récents qui traitent de leur siège (i), aussi bien que dans les Zoologies médicales (a\ comme des glaiides périnéales. Nous verrons par la suite, en les étudiant dans les différentes espèces, qu’il faut en réalité les considérer comme des glandes préputiales.

Les genres de la famille des Yiverridés qui nous intéressent sont au nombre de trois : Viven'a^ Genetta et \ ivcrricula.

Genre Viverra. — Les Yiverra sont digitigrades, à ongles plus ou moins complètement rétractiles.

Leur système dentaire répond à la formule suivante :

1 ^ , c ^ , pm ^ ,

m = 4o dents,

c’est-à-dire que le nombre des dents est à peu près le mèm«

(1) J. Chalin. Recherches pour servir à l'histoire anatomique des glandes odorantes des Mammifères (Carnassiers et Rongeurs), in Ann. des Sc. nul. zooL, 5“ série, t. XIX, t8;4.

(2) R. Blanchard. Traité de zoologie médicale, 1890.

MAMMIFERES

que chez les Chiens ; toutefois ces derniers ont une molaire

tuberculeuse en plus à la mâchoire inférieure (m “y)-

Toutes les espèces du genre Viverra possèdent des glandes à parfum. Ce sont des glandes préputiales et leur produit connu sous le nom de Viverreum ou Civette a une forte odeur de musc. Ces glandes à parfum sont des glandes sébacées conglomérées (i) et par là elles ne sauraient être assimilées aux glandes anales qu’on trouve également chez ces animaux comme chez la plupart des Carnivores et qui sont des mélanges en proportions variables, selon les espèces, de glandes sudoripares et de glandes sébacées (2).

Le genre Viverra comprend deux espèces qui fournissent le viverreum : ce sont la Civette et le Zibeth auxquels il convient de joindre le Tangalunga, la Rasse et la Genette.

1“ Civette d’Afrique [Viverra civetta, Schreb.) (fig. 9).

Aspect extérieur. — La Civette mesure environ jo centimètres de l’extrémité du museau à la naissance de la queue ; celle-ci a 43 centimètres de long ; la hauteur de l’animal au garrot est de 28 à 3o centimètres. La tète se prolonge en un museau assez pointu garni de longues moustaches. De nombreux poils raides donnent au pelage une apparence grossière et rude ; sur le dos et la base de la queue, ces poils se développent en une crinière que la bête hérisse quand on l’irrite.

La teinte générale de la robe est grisâtre avec des taches noires qui forment sur les côtés du corps, les cuisses et les épaules, des bandes transversales et des cercles oculiformes,

(1) Pilliet et Boulart. Sur quelques glandes conglomérées du tégument externe, in Bull. Soc. zool. de France, t. X, i885.

(2) Voir p. i3, pour les caractères distinctifs des glandes sébacées et sudoripares et pour le mode de sécrétion de la graisse devenant véhicule de la matière odorante.

CIVETTE D'AFIUQCE

et dessinent quatre ou cinq anneaux sur la première partie de la queue. Le cou est blanc, marqué de trois larges bandes longitudinales noires; la l’ace est blanche aussi, saul les joues

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