‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 28 sur 108 · CivcUe d’Afrique · texte numérisé non relu

CivcUe d’Afrique

et la région sous-orbitaire qui sont noires. Enlin la moitié terminale de la (jueue et les pattes sont d’un brun noir unil'orine.

CxRACTKHEs ANATOMIQUES. — La dentition répond à la lormule (pie nous avons indiquée plus haut. Le nombre des dents y est à peu près le même que chez les Chiens, saul qu’une tuberculeuse l'ait délaut à la mâchoire inférieure. iNIais si par le nombre de scs éléments la dentition de la Civette est comparable à celle des Chiens, les did’érences morphologiques sont assez sensibles. C’est surtout à la mâchoire inférieure que ces caractères spéciaux à la Civette s’accentuent nettement. La carnassière inférieure se disting-ue très sensiblement de celle du Chien par le plus grand développement de la portion tuberculeuse (portion postérieure) ; il y a là une évidente diminution du type carnivore ; en outre, les tubercules sont pour la plupart coniques, pointus e,t dressés de telle sorte ([ue la couronne parait hérissée et est assez comparable à une couronne d’insectivore. La deuxième et dernière molaire inférieure est tout à fait tuberculeuse ; enfin les prémolaires.

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la quatrième surtout, tendent vers la constitution tuberculeuse.

Somme toute la dentition de la Civette est beaucoup moins carnivore que celle des Chiens et des Chats; par certains côtés

(carnassière intérieure surtout), elle se rapproche des dentitions insectivores (tig. lo).

Organes génitaux. — Nous devons [)lus particulièrement insister sur l’étude des organes génitaux, car les glandes à parlïim qui sécrètent le viverreum en sont une dépendance.

Chez le mâle, en effet, ces glandes siègent à la face ventrale du pénis, entre les testicules et l’orifice du prépuce ; chez la femelle elles sont placées sur le trajet du conduit vaginal et s’ouvrent en arrière de la vulve.

Nous étudierons d’abord l’appareil mâle. La description générale que nous avons donnée plus haut de l’appareil génital mâle des Carnassiers s’applique parfaitement à la Civette; nous noterons toutefois qu’il n’existe pas d’os du pénis, et que les glandes de Cowper sont très développées. Quand on examine la région périnéo-génitale d’une Civette, voici comment les choses se présentent : d’arrière en avant (voir fig. ii) on trouve :

1° L’anus, orifice circulaire à bords plissés radialement. A

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quelques millimètres au-dessus de la marge de eet orifice se voient deux petits orifices étoilés, situés à droite et à gauche ; ce sont les'orifices des glandes anales.

2“ En avant de l’anus, à un centimètre environ de cet orifice.

Fig. II. — Région périnéo-génitale de la Civeltc, d’après J. Chatin.

a, anus. — b, fente à parfum. — p, glandes à parfum. — t, testicules. — v, extrémité antérieure du fourreau préputial.

on aperçoit les testicules formant sous la peau une double saillie (tig. ii t).

3° Une légère dépression, de 5 millimètres de longueur, sépare leur bord antérieur d’une éminence ovoïde plus volumineuse, présentant sur sa ligne médiane une longue fente antéro-postérieure ; cette éminence ovoïde est formée par les glandes à parfum {p).

4° A son extrémité antérieure se voit l’extrémité terminale du fourreau préputial (c).

Pour se rendre mieux compte des rapports des diverses parties que vient de nous montrer l’examen superficiel de la région périnéo-génitale, il faut disséquer la peau de cette région, comme le montre la figure 12. On voit alors que les glandes anales sont deux sacs ovoïdes occupant les parties latérales postérieures de la région périnéale, de chaque côté de l’anus. Les testicules siègent également dans la région périnéale, et si on les écarte un peu, comme le montre la figure, on aperçoit sur la ligne médiane la racine de la verge et les muscles bul-

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bo-cavenieux et ischio-caverneux (voir p. 40 clans leur situation normale (fig. 12, ^ et i). En outre, deux longues bandelettes musculaires partant du voisinage du sphincter externe de l’anus se prolongent en avant, en s’accolant sur la ligne médiane, et vont s’insérer à la surface du pénis ; ce sont les

Fig. 12. — Régicn pcrinco-gcnitale de la Civeltc; la peau disséquée et rejetée

de chaque côté.

a, anus. — b, glandes anales. — c, testicules. — d. glandes à parfum, —f, racine de la verge. — /, muscles ischio-caverneux. — g, muscles bulbo-caverncux. — o, orifice du vas Zibeihi. — r, rétracteurs du pénis.

rétracteurs du pénis (/). La même dissection montre ejue le pénis s’engage à la face dorsale du renllement formé par les glandes à parfum dans un profond sillon creusé entre les deux masses en forme de croissant cpii constituent cet ap nareil glandulaire. Il n’adhère point dans toute l’étendue du sillon, mais seulement sur une longueur de 2 centimètres dans sa portion la plus antérieure. En avant de l’appareil glandulaire.

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le pénis et son fourreau font une saillie de quelques millinièlres (fig. 12).

Telle est la disposition générale des parties. Il ressort de cet examen que les glandes à parfum ne sont point des glandes périnéales, puisqu’elles sont placées très en avant de la racine de la verge. Elles siègent, comme on le voit, à la face ventrale du pénis près de son extrémité terminale ; elles sont en réalité une dépendance du fourreau de la verge, car c’est aux dépens de ce fourreau qu’elles sont développées.

Or nous avons montré dans nos généralités (voir p. 34 et suiv.) que le fourreau chez les Quadrupèdes est une portion de la peau de l’abdomen qui fixe la verge sous l’abdomen et que ce fourreau répond, au jioint de vue embryogénique, au prépuce de riiomme. Pour ces diverses raisons les glandes à parfum de la Civette doivent être considérées comme des glandes préputiales (i). Nous verrons que d'autres particularités et spéciale-

(i) Nous .avons cru devoir insister sur la détermination exacte de la situation topographique des glandes à parfum de la Civette, d'une part, paree queeette détermination a une importance très grande dans l'étude comparative des glandes annexes de l'appareil génital des animaux qui leur doivent de figurer dans la matière médieale, et d'autre part, parce que cette détermination n’avait pas eneore été faite d'une façon précise. Les auteurs de traités de matière médicale ne se sont point préoccupés de cette question, ne visatit que l'anatomie descriptive des organes ; de même les anatomistes, de leur côté, n'ont généralement pas étudié ce point spécial, sauf toutefois M. .1. Chalin qui, drlns scs intéressantes recherches sur les glandes odorantes des Mammifères {loc. cit.), n'a point maïupié d’envisager ee côté de la question. Mais bien que considérant les glandes à parfum des Vivcrridés comme des annexes de l’appareil génital, M. Chatin les classe parmi les glandes périnéales pour les raisons suivantes : « Si, dit cet anatomiste (loc. cit., p. 3a), quelques particularités de situation, ete., nous obligent à les considérer (les glandes à parfum des Viverridés) comme des annexes des organes de la copulation, on ne saurait cependant les regarder comme des parties aussi importantes que les glandes préputiales ou vulvo-vaginales. Qu’on ne s'y trompe donc pas, ajoute-t-il, en groupant ces glandes comme des annexes de l’apj)areil génital,, je n’entends nullement les décrire comme des parties constituantes de cet appareil ». Aussi M. J. Chatin désigne-t-il, d’une façon générale, les glandes on question comme glandes périnéales. Xous admettons bien que les glandes à parfum des Viverridés ne fonctionnent point, dans l’acte de la copulation, à la façon de la prostate ou des glandes de Cowper, car elles paraissent surtout destinées à attirer les sexes l'un vers l’autre par l'odeur qu elles répandent, mais cela ne nous paraît pas légitimer l’extension du terme périnéal à une région qui représente, d'une manière évidente, le fourreau préputial. Le périnée a des limites bien déterminées anatomiquement (voir p. 3p) et en dehors desquelles est le fourreau préputial ; aussi croyonsnoiis devoir classer les glandes en question parmi les glandes préputiales, c'est-àdire dans un même groupe avec les glandes à castoréum et avec les glandes à musc du Chevrotain.

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ment rorigine des muscles qui enveloppent ces glandes viennent à l’appui de cette manière de voir.

Structure de l'appareil a parfum (fig. j3). — Examiné en place l’appareil à parfum se présente sous la forme d’une éminence ovoïde ou arrondie, couverte de poils et divisée en deux lobes par une fente médiane antéro-postérieure mesurant chez les sujets adultes environ 3‘^'”,5 de longueur. Les lèvres de ('ette fente forment une sorte de bouri’elet haut de i centimètre ; en les écartant on aperçoit une poche à contour elliptique, profonde de à parois grisâtres, formée par invagi-

nation de la peau, comme le montrent les nombreux poils épars à sa surface. Un examen plus attentif de ses parois permet d’y reconnaître une multitude de pores par lesquels, en pressant sur les côtés de l’organe, on fait sourdre une substance jaunâtre. Cette poche est le « vas zibethi » des anciens, autrement à'ilXe réservoir à parfum; dans son fond, elle est fendue longitudinalement, mais sur une longueur de i centimètre seulement; dans son ensemble elle peut donc être comparée à une sorte d’entonnoir à orifices linéaires ; l’un de ces orifices constitue la fente à parfum extérieure; l’orifice opposé, beaucoup plus court, s’ouvre sur le fond de l’organe à parfum vers sa partie antérieure, car dans ses a/3 postérieurs l’invagination atteint le fond et y est soudée. Dans le tiers antérieur, au delà de l’orifice profond du réservoir, le fond est formé par une sorte de raphé cylindrique constitué, comme le montre la coupe (fig. i3), par la saillie que fait le canal de l’urèthre ou le conduit vaginal logé, dans une sorte de gouttière creusée à la face viscérale de l’organe glandulaire. C’est la surface convexe de cette gouttière, au point où elle est occupée par le conduit génital qui forme le raphé en question. En écartant les lèvres de la fente profonde du réservoir à parfum, on constate que de chaque côté du raphé on peut pénétrer dans un sac de forme ovoïde, ayant environ 2 centimètres dans sa plus grande

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liauteur, et ({iii est creusé au milieu de chaque masse glandulaire. En un mot, la partie glandulaire de l’organe comprend deux masses à peu près réniformes embrassant chacune dans leur fa(;e concave un réservoir propre. Ceux-ci communiquent chacun avec le réservoir impair commun, par l’intermédiaire de l’orifice linéaire qui occupe le fond de ce dernier, dans son tiers antérieur.

l-'ig. ,'j. — Appiircil à partum de la Civette femelle ; coupe perpendiculaire au faraud axe de l'appareil (d'après un dessin original de M. Millot).

c, vas Zibcllii. — [>, réservoir propre droit. — r, raphé produit par la saillie du conduit vaginal v. — s, réservoir primaire.

En outre, les deux réservoirs propres communiquent encore entre eux par-dessus le raphé, car celui-ci n’est pas assez élevé pour atteindre les lèvres de l’orifice jirofond du réservoir commun, de sorte que le produit de sécrétion peut passer d’un réservoir propre dans l’autre, aussi bien que des deux réservoirs pro[)res dans le réservoir commun.

Ces réservoirs propres sont, comme le réservoir commun, tapissés par une invagination de la peau ainsi que le montrent les nombreux poils <[ui hérissent leurs parois; ces poils sont très fins, incolores ou à peine jaunâtres.

De nombreux pores se voient également à la surface de leur paroi. Sur la section que nous avons figurée et qui permet de suivre très facilement les détails que nous donnons, on peut voir que ces pores répondent à autant de petites outres (de taille irrégulière sur la coupe, en raison de ce que celle-ci ne

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passe pas évidemment par l’axe de toutes ces cavités) de la forme d’un pépin de poire dont la partie pointue aboutit au pore. Ces petits réservoirs primaires sont remplis de produit de sécrétion qu’ils reçoivent directement du tissu sécréteur de la glande.

En résumé le viverreum sécrété par le tissu glandulaire est recueilli successivement dans trois sortes de réservoirs.

1° Dans les réservoirs primaires qui en grand nombre sont creusés dans le stroma même du tissu de la glande;

2° De là le'viverrcum passe dans le réservoir propre à chacune des deux niasses glandulaires ;

3" Enfin ces deux réservoirs le déversent par leur partie antérieure dans le vas zibelhi o\\ réservoir commun impair; il sullit pour le recueillir en ce lieu, d’écarter les lèvres de la fente apparente extérieurement sur la ligne médiane ventrale de l’ap[)areil à parfum et d’y puiser avec un instrument quelconque. iNlais tout le produit de sécrétion ne suit pas cette voie; nous avons dit, plus haut, qu’en pressantsur la glande on fait sourdre de la sulislance odorante par les pores qui s’ouvrent sur la paroi du réservoir commun; en elfet des glandes sébacées déversent directement par ces pores leur produit dans le réservoir commun, mais ce sont des glandes de petite taille relativement à celles qui forment le corps de la glande et beaucoup d’enti-e elles sont annexées aux poils.

Nous n’aurions pas achevé la description des organes à parfum si nous ne signalions qu'ils sont enveloppés par un appareil nuisculaire puissant très facile à reconnaître à la dissection et dont il nous reste à indiquer l’origine.

La peau du fourreau préputial pas plus que celle du prépuce ne renferme trace de muscles striés. Il est donc logique de penser (pie l’appareil musculaire des glandes à parfum ne peut être emprunté à la peau de la région oii il s’est développé. Mais d’autre part, comme nous l’avons dit (p. 4b), le fourreau préputial chez les Carnivores est pourvu de muscles dont

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