‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 44 sur 108 · CONTRE · texte numérisé non relu

CONTRE

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Environ g.ï p

. lOü Tonkin;

5 p. roo Yunnnn, Tavvpee et Sawko.

Étant donné cju’il faut 20 à 25 poches pour faire un catty (6o4 grammes), on peut se figurer par là le nombre considérable de Ghevrotains que représente l’exportation annuelle d’une telle quantité de poches à musc.

Nous n’avons parlé jusqu’ici que du musc eu poche ou musc en vessie. Dans le commerce on distingue encore une sorte de

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musc dite musc hors vessie. Ce n’est autre chose que le musc extrait des poches, et mis ainsi en vente.

Inutile de dire qu’il est sous cette forme éminemmentpropre aux falsifications les plus variées.

Formes commerciales du musc en poche. — Les principales espèces commerciales sont actuellement les suivantes, désignées sous les noms de musc Tonkin, musc Tmv-pee, musc Yan-Nau., musc Saon’ko, musc de Birmanie et musc Kaba r (lin.

i" Musc Tonkin. — Le musc Tonkin pile I (fig. 44 et 45) est la sorte commerciale la plus estimée.

Fig. 44. — Musc Tonkin ; peau bleue. Fig. 45. — Musc Tonkin, peau bleue, Pile I, qualité extra. vu latéralement.

Les poches sont lenticulaires, arrondies ou légèrement ovales avec l’orifice très excentrique. Vers cet orifice, convergentdes poils blancs, gros et mous, qui s’arrondissent en lorme de tourbillon. Sur le reste du cuir, les poils sont rares, courts et fins, et la coloration brune du cuir apparaît. La face supérieure est aplatie ou un peu bombée; le contenu est de couleur brune (i).

(i) C’est à tort que ce musc porte le nom de musc Tonkin, cette contrée n ayant jamais produit de musc (il est chassé en effet sur les versants du Tiun-Nan). 11 semble

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La taille des poches amuse Tonkin est assez grande ; elles mesurent en effet environ S*""’, 5 de grand diamètre sur 4 6

de largeur et 2'"’, 5 d’épaisseur.

Fig. 46. — Musc Tonkin, peau grise Fig. 47. — Musc danipi; peau bleue, rognée; face viscérale.

On expédie le musc Tonkin soit en peaux bleues soit en peaux naturelles.

Le musc en peaux bleues donne un rendement de 8o p. loo environ (c’est-à-dire que pour i kilogramme de poches on

y avoir deux causes ù cette erreur : 1° Shong-Kin est la ville frontière du Thibet où se fait le grand commerce du musc et d'où il est expédié à Shangliaï. De Shong-Kin on a probablement fait Tonkin.

2“ .\u xviii' siècle, le musc qui arrivait en Europe venait par le Tonkin, surtout par l’entremise des missionnaires et des Jésuites.

Le muac Tonkin que nous décrivons ne répond pas absolument, nous semble-t-il, à celui que Guibourt (/oc. c//., p. OC) décrit sous le nom de M. Tonquin ; il est vrai que Guibourt lui attribue une forme lenticulaire, mais en même temps il le signale comme ù peu près également bombé sur les deux faces, tandis que les poches actuelles dites « musc de lonkin » ont leur face viscérale plus aplatie en général que la face inférieure. Ce qui pour nous caractérise le musc Tonkin, c’est la position très excentrique de l’orifice de la poche ; les nombreux spécimens que nous avons pu étudier chez M. Klotz, présentent tous ce caractère. Aussi croyons-nous ne pouvoir admettre l’opinion de Cauvet (Nouveaux éléments de matière- médicale, p. q.ï), qui attribue la figure du musc de Chine de Guibourt au musc Tonkin ; dans cette figure, l'orifice de la poche est central, comme il l’est en effet dans le musc de Chine et non excentrique comme c’est le cas pour le musc Tonkin.

11 est vrai que Guibourt décrit l’orifice du musc de Chine excentrique « situé entre le centre et le bord antérieur de la poche », tandis que la figure qu’il donne de cette sorte commerciale a l’orifice central. Xous pensons que le « musc de Chine première sorte » de Guibourt ou musc Nankin, est ce qu’on appelle aujourd’hui le musc Tonkin pile 1, et que la figure qu’il donne se rapporte à une autre sorte, le musc Yuti- Nan dont nous donnons la descriplion et que caractérise, avec sa forme arrondie, la position centrale de l’orifice de la poche. C’est ce musc Yun-nan que Guibourt décrivait sous le nom de musc Tonquin, ou du moins ces deux formes seraient très voisines, tandis qu il n’y a pas de rapprochement à établir entre le « musc Tonquin » de Guibourt et le musc Tonkin actuel.

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obtient environ 800 grammes de grain ou musc hors vessie). Le prix en est assez variable. 11 y a cjuelcjues années, ce musc valait 3 5oo à 4 000 francs le kilogramme. Actuellement, le cours varie de aSooà 2800 francs; cette grande diminution provient surtout du change.

Le musc en peaux naturelles ayant un cuir plus épais a un rendement moindre, atteignant seulement environ 60 p. 100. On achète cette sovio,, parée [trimming), c’est-à-dire rognée ou non rognée. Les peaux rognées sont celles dont on a coupé le cuir, très largement autour de la poche, pour lui donner meilleure apparence.

2M//WC Tawpee ou Dampi (?) (fig. — musc a la forme d’un œuf, ou d’une boule sphérique de 3 à 5 centimètres seulement de diamètre. Le cuir est réduit à une petite surface entourant l’orifice de la poche, qui est arrondi et assez grand ; aussi est-il presque toujours obturé au moyen d un bouchon de papiei ^i). Cette sorte commerciale a un rendement de 80 à 85 p. 100 et atteint une valeur de 3 000 francs. Son contenu est de coulcui brune comme le grain du musc Tonkin, mais son pailiun, moins odorant que celui de cq, dernier, rappelle davantage celui du musc Yun-Nan.

3“ Musc Yun-Nan (fig. 48 et 49). — Cette sorte commerciale provient du Yun-Nan, province du sud-ouest de la Chine ; le Chevrotain y est chassé sur les versants du Set-Chuan.

Cette sorte se distingue des autres par la forme plutôt conique que simplement bombée, de sa lace ventrale. L orifice se trouve au sommet du cône, c’est-à-dire dans une situation à peu près centrale. La face viscérale est d autre part follement bombée, et la limite entre les deux faces, constituée par la section du cuir qui se renverse un peu en dehors, étant 1res

(i) Ce musc Tawpee est évidemment celui que décrit Guibourt (p. CG) comme une variété de son musc Tonquin.

accentuée, l’ensemble de la poche figure une sorte de petite clochette de 4 « 5 centimètres de diamètre sur 3 5 à 4 centi-

mètres de hauteur. Les poils qui couvrent la face inférieure

Fig. 48. — Musc Yun-Nau. Fig. 49- — Musc Yun-Nan; poche

face inférieure. vue latéralement.

des poches de musc Yun-Nan sont d’un jaune roux, assez gros et serrés, mais coupés à i millimètre environ de la surface, de manière à constituer une sorte de velours, sauf tout au bord de l’orifice de la poche, où ils sont entiers. Cet orifice est obturé avec du papier ou de la paille de riz, pour éviter la déperdition. Le contenu ou grain est en effet moins pâteux que celui des poches de musc Tonkin et risquerait de se perdre à la

Fig. 30. — Musc Sawko. Fig. 5i. — Musc Sawko, peau fine.

longue ; il est un peu poussiéreux et son parfum, un peu moins j pénétrant que celui du musc Tonkin et moins persistant, a un I relent particulier de fauve.

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Le musc Yun-Nan donne un rendement de 55 p. 100. Sa valeur marchande atteint environ 2000 francs le kilogramme.

4“ Musc S(Hvko ou Tan-Hoc (üg. 5o et 5 1). — On trouve sous ce nom, dans le commerce, une variété composée des plus belles, poches du Yun-Nan dont le cuir a été rogné; aussi ces poches peaux fines) affectent-elles une forme presque sphérique, les deux surfaces étant presque également bombées. En raison de leur préparation, ces poches ont un rendement un peu plus élevé que les précédentes, et qui atteint 65 à 70 p. 100. Leur valeur est de 2400 francs en moyenne.

5“ Musc de Binnanie (fig. 5a). — Cette forme commerciale

Fig. 52. — Poche de musc de Birmanie, telle quelle se trouve dans le commerce, avec un lambeau de peau de 1 abdomen et le scrotum.

répond à celles décrites par Guibourt (p. 67) comme muscs venus par le Bengale. La poche est ronde ou ovale, accompagnée d’un lambeau assez considérable de la peau du ventre et rattachée à cette peau par un pédicule généralement assez étroit. Beaucoup de ces poches sont accompagnées du scrotum et des

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testicules qui se sont trouvés pris avec le lambeau de peau du ventre. Souvent aussi, nous trouvons une corde formant lien à la base de la poche.

Les poils qui couvrent ces poches sont longs, d’un blanc (i) nacré à la base et dans presque toute leur longueur, devenant un peu roux vers la pointe.

L’orilice des poches de musc de Birmanie est généralement obturé au moyen d’une goutte de cire noire portant l’empreinte d’un cachet où se peuvent lire des caractères chinois. Il ne faut pas croire, d’ailleurs, que ce cachet de cire est une garantie sérieuse ; nous avons précisément remarqué, au contraire, que les plus belles poches des diverses formes commerciales de musc ne portent aucune trace de cire, et qu’il en existe très souvent, par contre, à l’orifice des poches les plus falsifiées.

Le grain des poches de Birmanie est très foncé, presque noir; il a une odeur pénétrante à laquelle un relent de fauve assez fort retire de sa suavité. Sa valeur commerciale est inférieure, de beaucoup, à celle des espèces précédentes.

C’est évidemment à des poches de môme origine, ou du moins d’origine très voisine, plus ou moins complètement parées ou rognées qu’il convient de rapporter le musc décrit par Guihourt (p. 66), sous le nom de musc d’Assam^ et qui venait également par la voie du Bengale ; les poches étaient contenues, au nombre de deux cents environ, dans des sacs de peau renfermés eux-mêmes dans des caisses en bois ou en fer blanc. Les poches de musc de Birmanie que nous avons eues à notre disposition étaient également renfermées dans des caisses en fer-blanc.

Musc Kahardin de Sibérie ou de Tar tarie (lig. 53). — On

(i) Nous n’insistons point sur un caractère qui a paru très particulier à Guibourt, c esl-à-dire sur la forme ondulée des poils, car cette ondulation est propre aux gros poils de toutes les espèces de poches ; elle est seulement plus apparente ici parce que les poils sont conservés entiers, ou au moins très longs.

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désigne ainsi une sorte de musc de qualité tout à fait inférieui'e, ayant une odeur de terroir particulière qui le rend impropre à tout usage en parfumerie. Il provient des monts Altaï et autres parties de la Russie d’Asie. Les poches de musc Kabardin rappellent comme forme générale celle des poches de musc Tonkin ; elles sont toutefois un peu plus allongées et en outre elles ont une apparence ])lus sèche ; d’autre part, la couleur du cuir est presque blanche et les poils qui le recouvrent sont d’un blanc lustré (i) dans toute leur longueur, leur pointe seule prenant une teinte fauve, et comme ces poils, sur les poches

hardin de Chine^ on emploie les poches de musc de Sibérie pour frauder les bonnes sortes de Chine, après avoir eu soin de débarrasser ces poches de leur odeur sui generis par un lavage à l’alcool dilué (souvent on emploie du rhum).

Falsifications. — Nous examinerons successivement sous ce rapport le musc en poche et le musc hors vessie. En raison

(i) A l’examen de ces poches, au moins de celles que nous avons eues à notre disposition, on pourrait croire qu elles proviennent d'animaux à pelage blanc. Ceci n a rien qui puisse étonner étant donnée la région où vivent les Chevrotains qui fournissent ces poches à musc. Milne-Edwards [loc. cit., p. Go) a montré qu’il existe parmi les porte-musc qui habitent la même partie de la Sibérie, des variations considérables dans le mode de coloration du pelage. L'influence de l’âge, des saisons doit ici entrer en cause. Parmi les individus figurés par Pallas, les uns sont tachetés de gris clair, chez d’autres, les taches ont plus ou moins disparu, mais le dessous du corps est grisonnant partout. Enfin, le même auteur a décrit un individu mâle des environs d’Abakan, dont la robe était d’un jaune clair et une femelle, tuée au milieu de 1 hiver, dont tout le corps était presque entièrement blanc.

Fig. 53. — Musc Kabardin.

préparées, viennent très régulièrement converger vers l’orifice de la poche et le cacher, la tache formée par la réunion de toutes les pointes des poils en marque la position. La face viscérale de ces poches est lisse et d’un brun rougeâtre.

Sous le nom de musc Ka-

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de son prix élevé, le musc est, en ellet, sous ses diverses formes, l’objet de nombreuses falsifications.

Musc en poche. — C’est dans les Pile II et Pile III (voirp. 120), et surtout dans la Pile III, qu’on rencontre des poches amuse falsifiées au point que parfois il ne s’y trouve plus trace de musc. Bien plus, la poche môme est parfois fausse et constituée tout simplement d’un lambeau de peau de chevrotain ou de chèvre, enroulé, gonflé avec un produit quelconque, en général une sorte de mastic fait de sang et de terre, puis cousu de manière à alfectei: plus ou moins exactement la forme d’une poche à musc. On reconnaîtra immédiatement ces grossières falsifications à l’absence d’une face viscérale unie et glabre, et à la direction des poils qui ne rappelle en rien la disposition en tourbillon si caractéristique dans les poches vraies.

Fig. 54. — Poche de musc ouverte, inoiUrant les nombreux feuillets de papier d’emballage avec lesquels on l'a falsifiée.

Fig. 55. — Musc; poche falsifiée fendue en deux pour montrer 1 argile dont on l a remplie.

Une adultération plus fréquente et faite parfois avec une I étonnante habileté, consiste dans l’interposition de doubles de I papier entre les diverses couches qui forment la paroide lapoche : (fig. 54). Les poches de Yun-Nan se prêtent particulièrement ; bien à ce genre de fraude. Nous figurons un échantillon dont ; l’épaisseur des parois a été ainsi frauduleusement augmentée

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au point que la cavité du x’éservoir à musc est réduite à presque rien, et dans cette cavité, c’est un mélange quelconque que, pour comble, on introduit.

Enfin, des poches intactes sont vidées par leur orifice de tout ou partie de leur contenu, qui est remplacé par des matières lourdes et sans valeur, telles que de la terre glaise (fig. 55), du sang desséché, du charbon pulvérisé et tassé, du tabac, des muscles desséchés, de la gélatine, du marc de café, du mastic, de la cire, des résines, du fer, du plomb, du musc épuisé, etc. Les poches elles-mêmes sont parfois épuisées directement en partie dans un liquide approprié, après avoir été perforées en divers endroits.

Pour reconnaître ces diverses falsifications il faut s’assurer d’abord que les poches n’ont pas été ouvertes puis recousues. 11 est bon, dans ce but, de les laver avec précaution à l’eau tiède ou de les entourer de papier à filtrer mouillé, pour rendre les sutures plus apparentes. Mais ce procédé n’est pas applicable aux poches dites peaux bleues (voir p. lao); eu elfet, le travail qui consiste, pour parer ces poches, à enlever à la face viscérale les couches musculaires pour ne laisser que la couche épidermoïdale profonde, est confié souvent a des mains peu exercées qui ne savent pas ménager complètement l’intégrité de cette dernière couche ; il laut alors, sur place, consolider ou boucher les déchirures avec des bandes de papier fin. Le traitement que nous indiquons plus haut risquerait donc d’enlever ces bandes de papier et de laisser perdre une partie du contenu. 11 est bon d’ajouter aussi que des poches tout à fait intactes extérieurement peuvent très bien, comme nous le disions plus haut, être fraudées. On introduit des matières étrangères par leur orifice. Il faudra donc procéder avec beaucoup de précautions. D’ailleurs, pour des personnes exercées, c’est l’odorat qui est le meilleur guide. Les poches falsifiées ont un parluin beaucoup moins pénétrant et souvent une odeur très paiticu-

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Hère, qu’avec un peu d’habitude on arrive à discerner très bien.

Le toucher également est d’un grand secours : les poches falsifiées n’ont pas la même résistance, la même élasticité que les autres ; le doigt y enfonce et laisse une empreinte comme si la poche contenait du mastic, tandis que l’empreinte disparaît rapidement si le contenu est du musc pur.

En enfonçant une épingle par l’orifice, celle-ci pénètre comme dans du beurre quand la poche n’est point fraudée, et l’on perçoit au contraire un grincement très caractéristique quand de la terre y a été introduite. On peut également sonder les poches avec la petite sonde que nous avons décrite page 125 et examiner à loisir le musc que l’on retire.

Quant aux poches qui, avant d’être vendues, ont été percées et épuisées, on les reconnaît au premier coup d’œil à l’aspect inégal et ridé de leur surface après leur dessiccation.

Musc hors vessie. — Le musc pur est une substance solide, onctueuse, granuleuse.

11 cède à 1 eau les o5 p. 100 de son poids lorsqu’il est sec ; sa solution est décolorée par l’acide azotique ; elle précipite en brun sale par l’acétate de plomb et se trouble légèrement au contact du tanin. La substance odorante du musc est dissoute en entier par l’alcool à 4o°, employé à chaud.

Elle est moins soluble dans l’alcool fort ; l’éther et le chloroforme en dissolvent fort peu. Enfin le musc brûle en répandant une odeur ammoniacale et laisse de 4 à 6 p. 100 de cendres grises.

Ces caractères étant connus, il est facile de les appliquer à la recherche des fraudes.

Tout d abord, si on chauffe du musc avec un peu de potasse ou d ammoniaque, on aperçoit au milieu d’innombrables globules de graisse les corps étrangers qu’il contient et qu’on peut isoler facilement alors par des lavages successifs.

Si le musc a été mouillé pour en augmenter le poids, il perd Beauregard. Mat, méd.

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à la dessiccation (à 120“) plus de 4^ à 46 p. 100 de son poids, proportion qu’il ne dépasse jamais s il est pur.

Si on l’a additionné de musc épuisé, on ne peut reconnaître cette fraude que par l’emploi des dissolvants qui entraînent moins de matières que si le musc était pur. 11 est dillicile, pour ne pas dire impossible, de reconnaître autrement que par l'odorat s’il a été mélangé avec du musc de qualité inférieure.

L’addition de membranes, de fibres musculaires desséchées se reconnaîtra au moyen du microscope ; il en sera de même pour le sang desséché ou bouilli, puis séché, pulvérisé, mis en pâte et granulé à la façon du musc véritable, qu’on introduit dans les poches pour y remplacer le contenu enlevé, foutelois l’examen microscopique dans de telles conditions est rendu assez difficile pour des personnes peu habituées aux recherches microscopiques, en raison des déformations subies par les globules. On pourra alors procéder à la détermination de l’hémine (voir p. i-io), ou encore à un examen spectroscopique pour déceler la présence de l’hémoglobine. D autre part, ce meme musc ainsi adultéré pourra être épuisé par de 1 eau distillée froide à laquelle il abandonnera de l’albumine que la chaleur et l’acide azotique divulguent aisément.

La o-élatine additionnée au musc donne à la solution aqueuse

une consistance tremblotante et précipite par 1 alcool et par le tanin.

Le marc de café se reconnaîtra au microscope par les cellules cornées de l’albumen et les fibres allongées de 1 épisperme des grains.

Le noir animal laisse, après complète incinération, un abondant résidu de phosphate de chaux.

On retrouve le fer et le plomb par les méthodes chimiques. Récemment D. WoHî (i) a appliqué à cette recherche les rayons de Rœntgen pour déceler dans la poche, même la falsi-

(i) D. Wolff, Pharmaceutische CentralbL, XXXVII, septembre et décembre 1896.

ML'SCS ARTIFICIELS

fication. Nos propres recherches au moyen des rayons X nous ont montré d’autre part que si l’on peut ainsi décéler la présence des métaux on ne saurait y trouver un moyen pour reconnaître l’argile ou l’addition de muscs épuisés.

L’éther auquel le musc pur ne cède presque rien, dissout les corps gras qui peuvent y avoir été mélangés.

L alcool fort et bouillant entraîne les baumes et les résines ajoutés au musc épuisé par l’eau. Ces matières seront précipitées par l’eau de leur solution alcoolique.

Le tabac à priser donne au musc une couleur brune très foncée et une odeur caractéristique, surtout à la combustion. On pourrait aussi rechercher la présence de la nicotine.

^lais, d une façon générale, on reconnaît la présence de la cire, delà résine, des baumes, du tabac, par l’odeur produite en touchant le musc suspect avec un fer rougi au feu.

Muscs artificiels. — Sans parler du produit désigné sous le nom de musc indigène, formé de bouse de vache desséchée et additionnée de la sécrétion musquée produite par les glandes sous-caudales du blaireau, il nous faut dire deux mots de substances d origine chimique qui ont été lancées depuis quelques années dans le commerce et qui ont, au premier moment, déterminé une sorte de panique sur le marché du musc naturel. Ces muscs artificiels ont lait l’objet d’une étude générale de la part de M. le professeur Junglleisch, et nous extrayons ce qui suit de son mémoire (i) :

«D une manière générale, ditM. JungHeisch, les chimistes qui se sont occupés de l’étude des hydrocarbures aromatiques ont remarqué la production d une odeur plus ou moins semblable à celle du musc lors de la préparation des dérivés nitrés des carbures renfermant à la fois un noyau benzénique et des radicaux alcooliques ».

(i) Jungfleisch. Les produits chimiques employés comme parfums, in Journal de pharmacie cl de chimie, 5® série, t. XXIV, 1891 .

MAMMIFERES

Le musc artificiel de Baux’ (i) est un déi’ivé ti’initi’é du métaisobu tyltohiène

il a une odeur très puissante mais plus fugace que celle du vrai musc, il est vendu en dilution dans de l’acétanilide ; diverses formules, ont été indiquées depuis, qui ne sont que les résultats de recherches opérées dans la môme direction 'i). En tout cas, il n’y a aucune relation enti’e la composition chimique de ces produits et celle du vi’ai musc. Non seulement, dit M. Jungfleisch, « la production de corps nitrosuhstitués dans l’organisme animal semble à priori bien invraisemblable, mais encore la réaction suivante montre que le musc d’origine animale ne renferme pas de molécule (AzO'‘) : si l’on soumet comparativement à l’action des agents réducteurs ordinairement employés, le musc naturel et le musc artificiel, l’odeur caractéristique du premier est à peine altérée, tandis que l’odeur du second disparaît rapidement. D’autre part, l’odeur du musc naturel s’annule complètement si l’on traite les solutions par un sel soluble de quinine ou par fiodure de potassium, tandis que le parfum du musc artificiel n’est nullement atténué par ces réactifs ».

Depuis la découverte de M. Baur, des recherches ont été faites et on montré qu’on peut obtenir des muscs très odorants, seulement dinitrés.

:NI. Bouché [loc. cit.) indique qu’actuellement les muscs lire vetés pouvant donner un rendement intéressant sont au nombre de neuf :

(,) Le procédé de M. Baur consiste à chauffer dans un appareil à reflux «'cc du chlorure d’aluminium anhydre un mélange à molécules égales de loluene et de chlorure d'isobutyle. On distille dans un courant de vapeur d’eau, on recueille la peu qui passe entre 170 et 200» et on la traite par un mélange d’acide nitrique ’J'

draté et d’acide sulfurique fumant. On verse le mélange dans 1 eau, il se 1°"“ cristaux que l’on purifie. (J. Bouché. L’état actuel de l’industrie de la parfumeiie France, in Revue Générale des Scieiices^ i5 août 1897*)

MUSCS AItTIFICIELS

Muscs trinitrés.

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