I DO
MAMMIFERES
générale intense. On le prescrit alors en lavement ou en potion, quelquefois en pilules ou sous forme de teinture. A vrai dire, le musc ne jouit plus d’un grand crédit auprès des médecins. Par contre, il est très employé en parfumerie et il forme la base d’un nombre considérable de parfums.
Ce n’est d’ailleurs point d’aujourd’hui que cette substance est recherchée pour cet usage. !M. JMilne-Ed^Yards [loc. cit., p. 77) rapporte que le musc figure parmi les objets précieux que le sultan Saladin envoya à l’empereur grec de Constantinople, Isaac l’Ange, en 1189, deux ans après la prise de Jérusalem. Parmi ces présents, en effet, figurent un Chevrotain portemusc (... bestiolam quæ fert muscum) et cent poches à musc (...centum folliculos musci) (i). L’engouement qui, au xvi® siècle, se manifesta pour les parfums, amena vers la fin de ce siècle une élévation telle du prix de cette substance qu’en quarante ans, de i54a à i58t, sa valeur marchande s’éleva du double. Ainsi en 1342, une livre de musc était évaluée à 100 livres tournois de 24 sous la livre; en i58i elle atteignait 25o livres tournois. INI. Leber (2) estimait à 2.200 francs de notre monnaie actuelle le prix attribué à la livre de musc dans l’ordonnance de 1342. La comparaison de ces chiffres avec ceux que nous avons donnés plus haut montre que la valeur du musc était à cette époque supérieure à celle qu’elle atteint aujourd’hui, puisque la meilleure sorte ne dépasse pas 2.800 francs le kilo en poche et 3.36o francs hors vessie, si l’on tient compte du rendement très élevé (80 p. 100) des poches en question (3).
(1) Extrait d’une chronique monastique [Cfironicon reicherspergense magni presbyteri), publiée par Wattenback, dans le tome XVII des Scripiores, des Monumenla Germanise historica, de M. Pcrtz {Hanovre, i8üi, in-folio, p. 43.0 à 534).
(2) Ch. Leber. Essai sur l'appréciation de la fortune privée au moyen âge, 2” édit., 1847, P- 309. M. Milne-Edwards fait remarquer que dans son évaluation, Leber semble avoir pris plutôt pour base le prix du musc en i542, date à laquelle il était déjà augmenté de valeur et atteignait i5o francs la livre.
(3) Toutefois si l’on se reporte à ce fait que nous avons signalé à savoir que le prix actuel, relativement bas du musc, est le résultat du change, tandis qu’il atteignait, il y a quelques années, jusqu’à 4.000 fr.ancs le kilogramme, en poches, on voit qu'à ce dernier prix il ne s’éloigne guère de la valeur qu’il atteignait en 1542.