‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 50 sur 108 · CHÈVRES · texte numérisé non relu

CHÈVRES

Parmi les ehèvres, le Bouquetin et l’Ægagre méritent d’être mentionnés ici, quelques-uns de leurs produits se trouvant encore dans le commerce comme médicaments ou ayant eu à une époque ancienne une grande célébrité.

Bouquetin {Copra ihex, L.).

C’est une espèce sauvage qui vit dans les hautes chaînes de montagnes et dont on distingue un certain nombre de variétés locales (B. des Alpes; B. des Pyrénées, B. de Sibérie B. du Caucase, B. de Crète, etc.).

i6o MAMMIFÈRES

Le Bouquetin des Alpes (fig. 6i), devenu très rare aujourd’hui, a le pelage d’un gris fauve, marqué d’une bande dorsale noire. Le mâle se distingue par ses cornes très grandes (i), rapprochées sur le front et divergentes en dehors ; ces cornes sont fortement comprimées latéralement et présentent une crête

très saillante à l’union de leur face antérieure et de leur face externe. Elles sont en outre relevées d’une trentaine de gros bourrelets circulaires, particulièrement bien marqués dans leur partie moyenne.

On trouve encore dans le commerce, comme produit pharmaceutique, le sang de Bouquetin desséché. Cette substance était autrefois employée comme antipleurétique. Nous ignorons quelles propriétés curatives on lui attribue actuellement.

D’après un échantillon que nous devons à INI. Buchet, directeur de la Pharmacie ceiitrale de France, cette substance se présente dans le commerce, non plus, comme la connaissait Guibourt (loc. cit., p. 83), « enfermée dans de petites vessies qui ont la forme d’un saucisson », mais en vrac. Le sang desséché en plaques minces est grossièrement divisé en petits fragments. Ceux-ci sont noirs, luisants et sans saveur. C’est d’ailleurs un produit complètement délaissé et qu’on ne trouve plus guère que dans les fonds de maofasin ou dans les collections,

(i) Elles peuvent atteindre i mètre de long, suivant leur courbure, alors que celles de la femelle, appelée Élagne^ n’ont guère que 14 à centimètres. La femelle est dépourvue de barbe.

ni'. ZOA flDS

Ægagre [Capra œgagrus) (Gmel.).

C'est la Chèvre du bézoard, de Chardin, Tavernier et autres I voyageurs.

('ette espèce se trouve dans les montagnes du (Caucase, de rArménie, de la Perse et du Thibet.

L’Ægagre a le pelage couehè, formé d’un poil ras comme celui du cerf; il est d'un roux glacé de gris, marqué sur le dos d’une raie noire. Il existe une barbe dans les deux sexes. Les cornes, très petites chez la femelle, sont grandes chez le mâle, arquées régulièrement, avec l’extrémité postérieure tendant à rentrer en dedans ; elles ne sont point marquées,

' comme chez le bouquetin, de gros bourrelets circulaii'es, mais de rides ondulées qui par places sont un peu j)lus saillantes et groupées en faisceau.

Bézoards.

I « On employait autrefois en médecine, dit Cuibourt, sous le nom de bézoards, des calculs retirés des intestins de plusieurs Mammifères Ruminants, auxquels on attribuait la 1 propriété toute merveilleuse et si banale de résister à la I malignité des humeurs, à la peste, aux venins, etc. On les distinguait en orientaux et en occidentaux. Les premiers,

I (pii étaient les plus estimés, étaient attribués généralement à l'Ægagre de Perse ou pasèn (i), que l’on croit être la souche de nos Chèvres domesticpies. Les seconds, que l’on supposait venir d’Amérique, étaient atti’ibués aux Lamas et aux Vigognes ; mais je n'ai jamais pu m’assurer qu’aucun bézoard du commerce vînt véritablement d’Amérique, et tout porte à croire au contraire qu’ils étaient tous apportés d’Asie ».

‘Le bézoard de l’Ægagre ou B. oriental., encore désigné par Cuibourt sous le nom de B. lithofellique., est un calcul intes-

(i) Ou pascMg.

Beaukkgaiîd. Mat. méd.

MAMMIFÈRES

tinal ovoiclo, pesant 3o à 4o grammes, de eouleiir verdâtre, ayant l’aspeet cireux. Comme tous les ealeuls, il se montre Ibrmé de couches concentriques, à cassure nette, sans structure cristalline. 11 fond facilement à la chaleur (;t brûle a la (acon d’une résine. Très soluble dans 1 ah'ool qu il colore en vert, il laisse séparer de ses dissolu tion.s conccuitrécs une matière cristalline blanche, désignée sous le nom d acide lilhofelliquc.

La production du bézoard de l’ÆgagTe serait liée, d’après Kæmpfer, à l’existence de plantes résineuses et aromatiques dont l’ÆgagTe se nourrit dans les montagnes <|u il habite.

Nous mentionnerons seulement pour mémoire le B. fam'C ou B. ellagique [pierre de porc ou. de Medacca}^ la pierre de C.oa ou bézoard artificiel, et autres concrétions analogues an sujet desquelles on trouvera dans (jiiibourt d amples lenseignemenls. Nous réserverons pour une étude spéciale \cuuhi( •n'is véritable bézoard ou calcul intestinal du Cachalot, dont nous parlerons en traitant des Cétacés.

Ægagropiles.

C’est ici également le lieu de parler des yEgagropiles, lorniatioiis trouvées dans l’estomac de divers Ruminants et qui consistent en boules de poils feutrés provenant des poils (pie ces animaux avalent en se léchant. On en trouve chez le Veau, le Bœuf et le Mouton et dans l’intestin du Cheval.

Dans les collections il existe également des boules splnC riques dites ægagropiles marins ou pelotes de mer, lonm'cs de filaments enchevêtrés de la zostère marine. Ils ressemblent beaucoup aux Ægagropiles animaux, mais s’en distinguent facilement en ce que leurs filaments ne dégagent point par la chaleur l’odeur de corne brûlée que donnent les poils véritables.

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