‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 51 sur 108 · PE USINE · texte numérisé non relu

PE USINE

Mouton domestique {Ovis a/ie.s'., L.).

Xous avons donné plus haut (p. i5i) les caractères (jui distintçuent le Mouton de la Chèvre. A ces caractères, nous ajouterons que les races domestiques sont basses sur pattes, d’allures lourdes et disgracieuses.

Le Mouton Iburnit à la matière médicale deux substances, savoir: la pe[)sine et la lanoline.

Pepsine.

La pepsine est un ferment soluble sécrété par des glandes s[)éciales (glandes à pepsine, voir p. i;;) de la muqueuse de 1 estomac des Mammifères. (Aiez les Ruminants ces alandes sont localisées dans la caillette, et c’est plus spécialement de la caillette du Glouton et du Veau qu’on extrait la ])epsinc (i) ; on l’obtient aussi de l’estomac du Porc.

La pepsine se présente dans le commerce sous trois formes principales dites : i° pepsine en paiUeUes, titrant ,m à loo (:>.); 2® la pepsine e.rtr active., titrant 5o à6o, et 3“ la pepsine amylacée ou pepsine médicinale, titrant 20.

C est cette dernière tonne qu’on trouve ordinairement dans les pharmacies, c’est celle qui est inscrite au codex. Elle résulte d un mélange en proportions convenables de pepsine extrac-

(1) La raillettcdu \eau, est utilisée pour la fabrication de la présure; cette substance est composée du laiten partie caillé que contient la caillette, mélangé au suc gastrique. Llle est acide et se présente sous forme de grumeau.’c blanchâtres qui prennent une teinte grise avec le temps. On conserve la présure, lavée et séchée à l’air, pour faire «ailler le lait, dans la labrication des fromages. Sa partie active est une diatase.

(a) Le titre indi«[ue la «piantité de fibrine de Porc lavée et fraîchement essorée que peut dissoudre i gramme de pepsine, à une température de 5o“, et en milieu acidulé par 1 aci«le chlorhydrique, condition essentielle «V l’action du ferment. 11 est démontré en effet «jue le produit des glandes gastriques n’est pas le ferment pepsine lui-même mais un proferment, la propepsine ou pepsinogène , qui est incapable d’agir par luimême ; pour transformer la propepsine en ferment actif, il faut un agent zymoplaslifjue. Logent en «juestion est par excellence l’acide chlorhydrique en solution, à i à 3 p. I 000, ou une solution étendue de chlorure de sodium (Dastre). Dans l’essai de la pepsine médicinale qui doit titrer ao, le Codex prescrit l’emploi de l’acide chlorhydrifjue, c est-a-dire «pi il se rapproche autant «pie faire se peut, des conditions dans lesquelles 1 action de la pepsine s'opère dans l'estomac.

MAMMIl'EHES

live et d'amidon. Elle a une odeur qui rappelle celle de la présure mais qui n’a rien de putride; elle est partiellement soluble dans l’eau.

On devra, en vérifiant son titre, se mettre en garde contre une falsification trop fréquente dans certaines pepsines étrano-ères et (lui consiste dans l’addition d’acide cldorhydricpio permettant de dissoudre et non de peploniser une quantité de fibrine supérieure cà celle que peut peptoniser la proportion de pepsine extractive contenue dans la pepsine additionnée d’amidon.

On trouve aussi des pepsines acidulées à l’acide tartriipie; d’autres dont l’amidon a été remplacé par du sucre de lait; ces dernières olfrent l’inconvénient, si elles ne sont pas soigneusement mises à l’abri de l’humidité, de devenir iort acides jiai conversion du sucre de lait en acide lactique.

Lanoline.

Cette substance, récemment introduite dans la thérapeutique par Liebreich, est extraite du suint des Moutons [œsypus des anciens). Les eaux de lavage des laines apres tiltration, sont traitées par du sulfate de magnésie; de la un savon magnésien mélangé à la cholestérine ; après lavage et dessiccation, ce savon est décomposé par l’acide chlorhydrique; les acides gras mélangés de cholestérine sont traites par l’éther de qiétrole en vase clos à 3o“ et la solution est filtrée sous pression, ün enlève le pétrole par distillation et l’acide chlorhydrique en excès par le carbonate de magnésie; enfin on lave, puis on fond la matière et on la passe a la chausse. Quand la lanoline est refroidie on y incorpore son poids d’eau et on obtient le produit pharmaceutique qui est très blanc et doux au toucher. Sans eau, c’est une substance jaunâtre, visqueuse, à réaction neutre.

La réaction suivante la caractérise : une petite quantité dissoute dans l’anhydride acétique, puis additionnée de ipielcpies

l'IEL ÜE BfJEEF

gouttes d’aeicle suHïirique se eolore en beau vert. La lanoline fond a 42”; elle est soluble dans l’éther, le chlorolorine, la benzine; insoluble dans l’alcool.

Elle sert d’excipient pour les pommades, soit seule, soit additionnée de 5 à aj [). 100 d’axonge.

BOVIDÉS

Ce groupe do Uuminants comprend des espèces à large mulle, ordinairement nu, a cornes arquées, recourbées en dehors; de grande taille et de Ibrmes trapues, les Bovidés sont encore caractérisés par leur cou épais, au bas duquel pend un fanon; leur queue, longue, est terminée par une touffe de poils.

Bœuf domestique [Bas laii/ ns, L.).

lia les caractères généraux que nous venons d’indiquer, avec un front plat plus haut que large, des cornes cylindro-coniques peu épaisses à la base, dont la forme générale varie avec les races. Ce n’est point le lieu d’entrer dans les détails sur les races obtenues par croisement ou par sélection suivie ; nous ne considérons ni la viande ni le lait comme des produits appartenant a la matière médicale. Si nous avons parlé du Bœuf, c est qu il donne quelques substances qui ont leur importance en pharmacie; nous faisons allusion à la bile du bœuf, et a la gelaUiie qu’on extrait des os. Nous joindrons à l’étude de ces produits celle de la pancréatine.

Bile ou Bel de Bœuf.

Le fiel de Bœuf est encore inscrit au Codex. On trouve dans celui-ci la formule de l’extrait de fiel de Bœuf obtenu par éva|)oration au bain-marie (Codex, i8q5, p. 4i5).

M AM Ml F F. RE S

CaractèFes physiques. — La bile est produite par le foie, et comme elle est secrétée sans interruption, elle s’amasse dans un l’éservoir appelé vésicule biliaire (i), oii elle ai’ri\e, chez le Hœuf, à la fois par l’intermédiaire du canal cystique et par l’entremise de canaux biliaires qui se rendent directement à la vésicule (conduits hépato-cystiques) (2).

La bile, avant son entrée dans la vésicule biliaire, est d’un jaune verdâtre, sans odeur et sans saveur. Son séjour dans la vésicule lui fait subir une sorte de concentration; elle devient d’un vert sombre, prend une saveur amère et une odeur nauséabonde toute particulière. En outre, elle s’enrichit de mucus et devient filante. Sa densité chez le Bœuf = 1,026 (Thénard). Ce sont là les caractères physiques de la bile employée sous le nom de fiel.

CaractèFes chimiques. — C’est une substance à réaction légèrement alcaline et qui répond à la constitution chimique suivante : elle renferme, chez le Bœuf, environ 9 à 10 p. 100 de principes solides, qui consistent en combinaisons de l’acide taurocholique et de l’acide cholique ou glycocholique avec la soude (3), en cholestérine et en mucine, enfin en petites proportions de chlorure de sodium et de phosphates et en traces de fer.

La bile fournit encore diverses matières colorantes, dont l’une d’un rouge-brun, appelée hilicuhine ou cholépyrrhine, produit les autres par oxydation (4). Le principal de ces pro-

(1) Quaiul cette vésicule existe, car elle manque fréquemment chez les Herbivores, j)ur exemple chez le Cheval, le Cerf, le Chameau, etc.

(2) Cette disposition anatomique s’observe également chez le Moutou. On sail, au cotitraire, que chez l’homme et la plupart des autres Mammifères, le canal bépati<|iie formé par la confluence des deux canaux biliaires droit et gauche, reçoit seul la bi <, d'oii celle-ci jjasse dans le canal cystique pour arriver a la vésicule biliaiie.

(3) La bile des Herbivores contient surtout des cbolates, celle des Carnivores, surtout des taurocholates. Chez l'homme, on trouve les deux acides ; chez le Porc, la hile renferme des acides spéciaux, l'acide hyoglycocholique et l’acide taurohyocholalique.

(4) Dastre [C.. R. Soc. de biol., 1897) et Camus [C. R. Soc. de bioL, 1897) ont montre le mécanisme de cotte oxydation, produite par un ferment ou oxydase, dont ractioii paraît renforcée par la lumière et par la chaleur.

I'ANCUEATIM:

<luits tl’oxydation est la bili verdi ne ^ dont la coloration est verte.

Usages. — Labile est employée pour le dégraissage; l'extrait ipi'on en prépare, comme nous l’avons dit plus haut, a pour but d’empècher sa putréfaction.

Pancréas. Pancréatine.

Le pancréas, volumineuse glande en grappe coni[)osée ([ui occupe dans l’abdomen l’anse duodénale, produit une sécrétion (i), le suc pancréaticjue, dont la substance active a reçu le nom de pancréatine. Cette pancréatine est essentiellement un mélange de trypsine et d’amylase; par la trypsine elle agit sur les matières albuminoïdes et les ])eptonise, autrement dit les hydrate à la façon de la pepsine ; par son amylase elle transforme les matières amylacées en glucose.

La thérapeutique utilise aujourd’hui la pancréatine, et bi Codex (3) donne les indications suivantes nécessaires à la préparation de la |)ancréatine médicinale : « Pancréas, i partie ; eau, 3 parties. Les pancréas, débarrassés des parties étrangères <pii les accompagnent, sont divisés et délayés dans l’eau légèrement chloroformée pour empêcher l’altération. Après quelque tem|)s de contact, séparez le résidu insoluble, exprimez-le et (iltrez le li((uide obtenu; recevez-le tians des vases à large

(1) La sérrclion paiicréutiquo est iiilermitlonte conime celle des glandes salivaires ; < liez le Lieiif, par exemple, la sécrétion est très faible dans l intervalle des périodes de digestion intestinale, tandis quelle s'accroît considérablement, au contraire, au point de s elever a une proportion do 200 à 2-0 grammes par heure à la fin de la jicriode de rumination (Colin ). 11 résidte d expériences du mémo auteur, que le Mouton et le Por<' sont loin de présenter, proportioiinellement au poids de leurs pancréas, des ([uantiles de sue pancréatiijuc aussi considérables que le Breut ; chez cet animal, 1.1 période d aetivité tonctionnelle de la glande parait, sous rinlluonec du régime ordinaire, durer environ quatre heures. Ce sont là des renseignements dont il y a lieu de tenir eompte si 1 on veut obtenir des pancréas donnant un fort rendement en suc pan- (lé.itique pour la préparation de La pancréatine. On n'oubliera pas toutefois que la gr.inde abondance de la sécrétion cori'ospond à un abaissement dans la teneur en matières fixes, leau, dans ces circonstances, prenant une grande part à l'augmentation du produit en quantité.

(2) Codex medicamentarius. Pharmacopée française, supplément, iS()4, p. 82.

MA M MI F En ES

surface et évaporez-Ie rapidement dans un courant d’air, à une température qui ne doit pas dépasser 45“ ».

I^a pancréatine médicinale est une poudre d'un l)lanc jaunâtre, à peu près entièrement soluble dans l’eau. Elle doit pej>toniser cinquante fois son poids de til^rine et saccharifier (piarante fois son poids de fécule d’amidon ou de pomme de terre.

i” Pour déterminer son pouvoir peptonisant on délaye à froid dans 5o o-rammes d’eau distillée, o gr. 20 de pancréatine médicinale et 10 grammes de fibrine essorée. On abandonne à l’étuve ou au bain-marie à 5o“ |)eiidant six heures. Le liquide filti •é doit alors ne se troubler (pie très légèrement par l’addition d'acide azoticpie et donner très nettement la réaclion caractéristique des peplones, dite rcaclioii du biiivet (i).

2“ Pour constater le pouvoir saccharifiant de la pancréatine on emploie la liqueur cupro-potassique normale. 100 grammes d’empois contenant 6 grammes de fécule ou d’amidon chauffés pendant six heures à 5o° avec o gr. 10 de panci'éatine médicinale, doivent donner un li([uide filtrant facilement et décolorant cpiatrc fois son volume de licpieur (‘iqiro-potassiquo (Codex!.

Peptone médicinale.

La pharma<‘opée française a récemment admis (Supplément, i8g4, p. 85) la peptone médicinale (pi'ou obtient par l’action de la pepsine ou de la pancréatine sur les diverses matières albuminoïdes (2). Nous renvoyons au Codex pour le mode de préparation officinal de cette jieptone ; il se résume dans l’ac-

(1) La réaclion du hiiirel s'ohlienl comme suit : on additionne le liquide d'mic (jiianlilé d’eau suffisante pour obtenir une solution à peu près incolore dans laquelle on verse un peu de lessive de soude, puis quelques gouttes d'un soluté aqueux desulfabde cuivre à 2 p. 100. On doit obtenir une belle coloration violet poiir])re. Le nom île réaction du biuret vient de ce que le bicyanatc d’ammoniaque ou biuret donne la même coloration sous l’influence des mêmes réactifs.

(2) On n’oubliera pas toutefois que les produits de l’action de la pepsine sur les albuminoïdes diffèrent de ceux que donne la pancréatine.

PEVTONE MÉDICINALE. - GÉLATINE ,6^

lion de la pepsine en présence de l’acide chlorhydrique sur la viande de bœuf cà une température de 5o“; l’opération terminée on sature l’acide parle bicarbonate de soude. Le corps obtenu est solide, spongieux ou granulé, suivant le mode d’opération; il est d’un blanc jaunAtre, d’une saveur amère et aromatique. Complètement soluble dans l’eau, la peptone médicinale est insoluble dans l’alcool faible.

Le soluté aqueux ne doit se troubler ni par la chaleur ni par I aci<le azotique. Dilué jusqu’à former un liquide incolore, il doit donner très nettement la réaction du biuret.

Gélatine.

-Vous avons dit que la matière organique des os, ou osséine, a la propriété de se transformer en gélatine, par l’ébullition dans l’eau. Mais l’osséine n’est point le seul produit susceptible de donner de la gélatine dans ces conditions. Le tissu conjonctif (tendons, ligaments, derme, etc.), l’épiderme et scs produits, tels que la corne, les poils, les fibres, traités par I eau bouillante, donnent aussi de la gélatine (i).

La gélatine pure est solide, cassante, incolore, ou à peine jaunâtre, et transparente. Insoluble dans l’alcool et dans I éther, elle se gonlle dans l’eau froide et se dissout dans l’eau lioiiillante. .Sa solution en se refroidissant se prend en o-elée a moins que l’ébullition avec l’eau n’ait été très prolongée ou <pi elle ait été opérée sous pression à une température dépassant ioa“(2). La gélatine donne avec l’acide sulfuriipie du gly-

(1) Oïl a appelé gluUnc, ou gclinc, ou coUngène la .substance analogue à rosséine <|ni existe dans ces tissus et lournit de la gélatine par l ébullition avec l'eau. D'autres MiDs ances comme les cartilages (<p,i donnent de la chondrine par l'eau bouillante), les libres elmstupies, etc., ne donnent jias de gélatine, bien que le Codex de 189.Î (p. aiS) a ai U e Cki.atini; a.ni.male, indique les cartilages parmi les matières qui donnent de la gélatine La chondrine produite par traitement des cartilages par l'eau bouillante «lillere de la gélatine en ce qu elle est précipitée par les acides et par l'alun.

(2) Cest la un fait dont il faut tenir grand compte, aujourd’hui que la gélatine est employée pour solidifier les bouillons de culture, ce qui lui donne une grande importance au point de vue médical. Quand la gélatine a été introduite dans le bouillon, ou

cocolle; avec le tanin elle forme un composé insoluble et imputrescible ; c’est cette réaction qui est utilisée dans le tannage des peaux.

Préparation . — La gélatine pure se prépare au moyen des os (jue l’on dégraisse par l’eau bouillante et que l’on traite ensuite par l'acide chlorhydrique pour dissoudre les sels calcaires. L’osséine qui reste après ces opérations est traitée par l’eau bouillante. On peut éviter le traitement par l’acide chlorhydrique en soumettant les os dégraissés à une pression de plusieurs atmosphères dans des autoclaves ; l’osséine se transforme en gélatine qui se dissout, tandis que la partie minérale reste insoluble.

On emploie aussi à la j)réparation de la gélatine les peaux, les cornes, les tendons, qu’on soumet simplement à l’action de l’eau bouillante.

La gélatine obtenue par l’un quelconque des procédés (pic nous venons d’indiquer est étendue en plaques minces qm^ l’on fait sécher sur des cordes tendues dont on voit encore la trace à la surface des feuilles après leur complète dessiccation. La gélatine la plus pure re(;oit dans le commerce le nom de grenétine^ du nom du falnâcaut de Rouen qui la prépara pour la première fois ; elle est incolore, insipide, inodore et tout à fait transparente. On la substitue presque constamment aujourd’hui à l ichthyocolle (voir plus loin).

l’ACIlVDEUMES

A ce groupe se rattachent les Suidés ou Porcins, dont nous avons à parler brièvement.

soumet la solution à l’autoclave pour la stériliser, or il' importe de ne pas dépasser la température de loo à io5", sans quoi on risquerait d'avoir un liquide qui ne prendrait plus en gelée. 11 est bon d’ajouter qu il y a sous le rapport de la susceptibilité de la gélatine anx hautes températures de grandes dilTérenccs selon les variétés que I on emploie. Il sera néanmoins prudent de ne jamais dépasser ioj°.

Ce sont des Artiodactyles à peau épaisse et coriace, hérissée de poils grossiers ou soies. Leur museau se prolonge en un groin tronqué à l’extrémité et soutenu par un os prénasal (os du groin) (lig. 6o.). Us ont 4 doigts à tous les membres, pourvus chacun d’un sabot, mais deux seulement de ces doigts louchent le sol; les deux autres, placés eu arrière, sont plus courts et n’arrivent j)as à terre.

Les canines sont fortes et saillantes, à croissance continue. Les supérieures (boutoirs) sont plus ou moins comj)lètement recourbées et dressées en haut, en même temps que le bord de leurs alvéoles.

Cochon domestique ou Porc (Sus scrofa, L.).

Le Porc se caractérise, parmi les Suidés, par ses oreilles pendantes et ses soies généralement rares. Sa dentition répond à la formule :

ly ; <•— ; P'**y ; m— = 40.

Les canines, marquées de stries longitudinales, ne prennent pas un 1res grand développement; les vraies molaires ont leur couronne lormée d’un grand nombre de tubercules inégaux émoussés par l’usure, qui donnent à la surface triturante une conliguration très cojupliquée et tout à fait caractérislicpie.

La peau du Porc, sous l’inlluencc du régime et de la sélection, développe un lard épais, qui fournit une graisse abon- I danle. En outre, une graisse plus solide s’amasse au voisij nage des reins; c’est celte dernière qui, sous les noms I d a.xouge et de saiudou.x\, est utilisée en pharmacie pour la j [ïicpaiation d un gi'and nombre de pommades.

Axonge.

Origine, préparation. — L'axonge sc prépare au moyen de la panne de porc. On désigne ainsi le grand épiploon ell amas de lissu adipeux qui l'orme autour des reins une atmosphère graisseuse (capsule adipeuse de certains auteurs). La panne, soumise à une douce chaleur, donne une graisse ipii est appelée axonge

Fig. 62. — Têle osseuse de Sanglier.

OU saindoux. Les résidus du traitement par la chaleur sont l'ormés par les membranes et les débris des cellules adipeuses débarrassées de leur matière grasse.

[/axonge encore li([uide est agitée doucement pour Cavoriser son mélange avec l’air et ac(juérir ainsi une belle blancbeui. Il ne Tant toutefois pas y laire pénétrer une trop grande (piaiitité d’air, car elle rancirait rapidement (i).

Bien préparée elle est blanche, molle, grenue et se soliddic à ; sa saveur est douce et son odeur agréable et sni ge-

(i)On relardfi l'alléralion da Faxonge par l’oxygène de l'air en la .haiillaiil an bain-marie avec diverses matières eomme le ben join (axonge benzoïnéc), les bourgeons de peuplier (axonge popnlinée), le baume de loin, etc.

a: TA CA\s

tieris ; insoluble dans l’eau elle est très soluble dans les huiles fixes et volatiles. ()uand elle rancit elle devient jaune et prend une réaction acide.

F.VLSinc.vnoxs. — En raison de son prix assez élevé, elle est l'ré (pie minent soumise à des adultérations (mélange avec d’autres g;raisses), qui peuvent inviter le pliarmaeicn à la préparer lui-même.

Usages. — L’emploi de l’axonge comme excipient des [loiiimades est encore fort répandu, bien que celte substance ait été remplacée dans beaucoup de cas par la vaseline et autres produits analogues.

CETACES

(U\iiACTÈUES GÉNÉRAUX. — Les Cétacés sont des Mammifères essentiellement aquatiques, à corps plus ou moins fusiforme, à peau généralement noire ou très foncée sur le dos, plus pâle et parfois blanche aux flancs et au ventre. Dans ses jiarties noires la peau est tellement lisse qu’on dirait du cuir ciré ; cet aspect résulte de l’existence d’un épiderme pigmenté très épais qui recouvre tout le corps; mais quand cet épiderme est enlevé, la peau paraît veloutée, tant sont hautes et serrées les papilles du derme. Une épaisse couche de lard se développe dans la partie profonde du derme. C’est en faisant fondre ce lard qu’on obtient l’huile de Cétacé, employée dans l’industrie, soit pour les machines, soit pour la fabrication des savons.

La peau des Cétacés est à peu près nue ; cependant, quelques poils rares peuvent se rencontrer, localisés en général dans le voisinage de la bouche et parfois sur la tète (Mégaptères). Ces poils, d’ailleurs, s’observent de préférence chez les très jeunes sujets; ils tombent de bonne heure.

MAMMIFÈRES

La tèle dcsCélacés est continue avec le cor|)s, sans cou apparent (tig. 63); la l'ace se prolonge loin, en avant, par suite du o-rand allono-cnicnt des maxillaires cl des interniaxillaires.

luembi'cs antérieurs sont Iransl'ormés en nageoires rii^ides dites nageoires j'ecioralcs ; les membres ])ostérieurs sont nuis ou réduits à des rudiments perdus au milieu des cliairs. de telle sorte (|u’il n’en existe aucune trace visible au dehors. Enlin, rextrémité ])ostérieure du corps se développe en une large nageoire caudale horizontale, et non verticale coniine celle des Poissons, disposition ([ui achève de donner aux Cétacés un aspei'l extérieur tout à l'ait caractérisli([ue.

estomac est composé de plusieurs réservoirs distincts dont le premier l’onctionne comme une sorte de panse et (>sl suivi immédiatement tle l’estomac sécrétant; les derniérc's poches répondent à la région pylori([UC ou au duodénum.

Le pliarjjH.r est traversé dans son milieu par le larynx cpii s’engage dans les arrière-narines, oii il est solidement maintenu en place par un fort sphincter musculaire. Il en résidte que le passage des aliments est réduit à deux Aoies relativement étroites sé[>arées par le volumineux pilier médian (pie forme le larynx; de là l’impossibilité pour les Cétacés de se nourrir de proies volumineuses, surtout lorsqu’ils sont dépourvus de dents capables de les diviser. Aussi est-ce de petits Poissons, de Mollusques et de Crustacés de taille souvent très réduite que se nourrissent les plus grandes espèces de Cétacés dépourvus de dents.

La circulation chez les Cétacés présente diverses particularités qu’on peut interpréter comme des adaptations à la vie aquatique. Ces animaux ayant la faculté de plonger à de grandes profondeurs et de rester longtemps sous l’eau, sont évidemment organisés pour résister à l’asphyxie.

Ainsi peuvent s’expliquer l’existence dans le foie de grainis sinus formés aux dépens des veines sus-hépaliqnes, la j)résence de plexus veineux et artériels incomparablement riches.

Baleine à bec; BuUenoiJlcra rostrata, échouée clans le port de Cancale. D après une pholographio prise par l'auteur.

.1/ y STIC ETES

soit dans la région thoracique, soit dans la région abdominale, à la base du cerveau, au fond de l’orbite, etc. (i).

\:enc'‘phale des Cétacés est très richement circonvolutionné et rappelle beaucoup, par certains caractères, celui des lùpiidés.

Les iHu nielle s ^ au nombre de deux, sont ing’uinales ; elles siègent, chez la femelle, exactement de chaque côté de la vulve ; extérieurement elles apparaissent comme deux longues fentes dont il faut écarter les lèvres pour apercevoir le mamelon.

Classimcatiox, On divise les Cétacés en deux groupes principaux : les Mysticètes, qui n’ont pas de dents et possèdent des fanons; les Cétodontes, qui ont des dents et pas de fanons.

MYSTICÈTES

Ces animaux ne fournissent rien à la matière médicale, aussi serons-nous très bref à leur égard.

Les Mysticètes, toujours de grande taille (i5à dô mètres de long suivant les espèces), sont dépourvus de dents chez l’adulte I». Du palais pendent, de chaque côté, de grandes lames triangulaires, cornées, appelées fanons, qui coiffent de longues papilles homologues des papilles palatines d’un grand nombre de Mammifères ; c’est dire que les fanons ne doivent etre considérés en rien comme remiilaçant les dents. Ces

V .ruine reiaraee <l;ms ees diverlieules si nombreux cl ainsi la

eoinbu.slion étant plus lente la durée de la provision d’oxygène faite à l'inspiration est plus grande. Mais ee n’est là qu’un côté de la question. Si l'on veut de plus amples renseignements sur les raisons probables de la remarquable résistance des Cetaees a l’asphyxie dans l’eau, on les trouvera à l’article Cétacés du Dictionnaire de physiologie de Ch. Richet (Alcan, éditeur, année 189.Ï et suivantes), où nous avons développe diverses considérations sur ce sujet. Nous disons asphyxie dans l’eau, car Il est a reniarquer au contraire, que les Cétacés jetés à la c6te meurent très rapidement d asphyxie dans l'air; ce fait s’explique aisément si l'on considère la masse Y?/"'® ‘® !?“'■ ‘■“'■ps; les inoiivements respiratoires deviennent évidemment très nillu’iles et I asphyxie par compression des poumons est très rapide.

(2) Chez les f.etus on trouve des dents rudimentaires; elles disparaissent par rcsorj)tion sans avoir jiercé la g'eneive.

Beavkfgahd. Mat. méd.

MAMMIFERES

fanons, pressés en grand nombre les uns contre les autres, forment de chaque côté de la cavité buccale une sorte de vaste crible en forme de peigne qui a pour rôle de retenir dans la bouche les animaux que renferme l’eau de mer qui y pénétre. Cette eau s’écoule aussitôt par les fentes de ce crible. Le bord interne des fanons étant en outre comme ellilocbé en lui grand nombre de filaments, l’intérieur de la bouche se trouve garni d’une sorte d’épais chevelu qui arrête exactement au

passage les plus petits animaux.

Les orifices extérieurs des narines, ou eveuts, siègent au sommet de la tête; ils sont au nombre de deux, et lorsque l’animal vient respirer à la surface, l’expiration est acconi|)agnée d’un double jet de vapeur d’eau se condensant rapidenieiil L fines gouttelettes et qui sort avec fracas parles évents (1).

Trois genres principaux constituent le groupe des ^lysticètes, ce sont : les Baleines, les Balænoptères et les Mégaplères.

1“ Baleines [Balæna, L.).

Les Baleines, comme la B. franche {B. niysUcetus, L.) et la B. des Basques [B. biscayensis) , se reconnaissent à leur ventre lisse, cà leur dos dépourvu de nageoire, cà leur méclioire supérieure très fortement arquée en une voûte élevee (lig. ô4) d’où pendent des fanons qui peuvent atteindre ainsi une très irrande longueur (dépassant même 3 mètres).

2“ Balænoptères [Balænoptera) .

Ces Cétacés se distinguent des vraies Baleines en ce qu lisent

M On n lone-temns cru que ces iets provenaient de la bouche et que les Cétacés se déLlrrassaient ainsi, au moins en partie, de l’eau qu’ils leur proie. Nous avons dit que cette eau est evacuee par les fanons qu’il n’y a pas de communication entre la bouche et les arriéré ^ p,,,.

iL laryni. En réalité, les jets de vapeur sont formes par 1 exp ^ . g I

d’eau qui se condense dès sa sortie. Peut-être ^ ^

étant à fleur d cau, les gouttes d’eau proviennent-elles ^ ,, „ir

mer qui sépare encore les évents de l’atmosphere et que le Molcnt entraîne avec lui.

Fig. 64- — Baleine franche. SqnclcUc moulé avec les fanons. Photographie d un spcciincn do la collcclioii d'.Xnaloinie comparée du Jliiséuin,

CErODONTKS

sur le clos une sorte de bosse fibro-graisseuse adec'lant plus ou moins la Ibrine d’une nageoire (d’oii leur nom de Balænoplères : B. à nageoire). En outre leur ventre est {)liss(‘, c’està-dire c|ue du menton au voisinage du nombril, toute la lace inl’é'rieure du corps est marcjuée de grands et profonds plis dc^ la peau (fig. 63).

La mâchoire supérieure est droite ou à peine arcpiée, aussi les fanons sont-ils de taille beaucouj) plus petite. A ce genres appartiennent entre autres espèces : la B. à bec B. rosi rata) (fig. 63) cjui ne dépasse pas 12 à i5 mètres de long; la B. des anciens ou Rorcjual de la ^léditerranée {B. musculiis)^ longue de 20 à 2a mètres (i) ; la B. bleue [B. Sibbaldii) ^ cpii atteint juscpi’à 3a mètres de long et cpii vit spécialement dans les mers boréales, niais s’égare parfois juscpie sur nos ccites.

3“ Mégaptères (i/cgrcy?/c/r/;.

Ce sont des Cétacés à nageoire dorsale (véritable ])osse graisseuse), à ventre plissé et à fanons j)eu allongés, comme les Balænoptéres, mais cpii s’en distinguent ]>ar la longueuiconsidérable de leurs nageoires pectorales. Le bord supérieur de ces nageoires est ondulé et les lobes de la nageoire caudale sont crénelés.

CÉTODOXTES

C.vu.vcTÈRES GÉNÉRAUX. — Ce soiit les Cétacés pourvus de dents. Celles-ci tanteVt sont également cléveloppéc'S aux deux mâchoires (Dauphin (fig. 65), Marsouin) ; tant('>t au contraire elles sont en petit nombre et restent à l’état embryonnaire à la mâchoire supérieure, se développant nombreuses à la mâchoire inférieure, cpi’ellés garnissent sur toute sa longueur (Cachalot), ou réduites à quelc|ues paires localisées vers l’extré-

(i) CoUo espi'cc n'csl pas propre à la Méditerranée ; elle est errante eoinine la plupart des Célaeés et sur toutes nos côtes on a pu en observer des éeboueinents.

MAMMIFERES

mité antérieure de la mandibule et n’arrivant même pas souvent à pereer la gencive (Ilyperoodon).

Les Gétodontes se distinguent encore des !Mysticètes par leur évent unique, les deux narines, parfaitement distinctes dans toute leur longueur, se confondant en un seul orifice

Fig. 65. • — Tète osseuse de Dauphin.

externe, reporté plus ou moins sur la gauche de la ligne médiane, asymétrie qui est en rapport avec celle du crâne (i).

(]l.\.ssi1'IC.\tioî\. — Les Cétodontes comprennent deux familles principales, les Delphinides et les Physélcrides.

Aux Delphinides appartiennent : i" des genres à ('râiie sphéroïdal sans rostre distinct ou j)rolongé par un rostre court, tels le [Marsouin [Phocœna) , le Narval [Monodon) avec sa longue dent spiralée (rarement il existe deux dents spiralées) se prolongeant en avant dans le plan de la mâchoire supérieure ; l’Orca {Orcn gladiator)^ pourvu d’une nageoire dorsale exceptionnellement haute, etc.

a® Des genres à crâne sphéroïdal terminé par un long rostre; tels sont: le Dauphin {Eiidelphinus delpliis) (lig. 65). le Tursiops, etc.

(i) G. Pouchet. De l’Asymétrie de lu face chez les Cclodonlcs, Nouvelles Archives du Muséum, J 886.

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