OPHIDIENS
Caractères généraux. — Les Ophidiens ou Serpents sont des Reptiles caractérisés extérieurement parla grande longueur de leur corps, plus ou moins complètement cylindrique, s atténuant a 1 extrémité caudale, et par l’absence complète
SAUBOPSIDES
tle membres (i). Leur jjeau est écailleuse, c'est-à-dire que le derme ofl're des épaississements réguliers couverts d’une épaisse cuticule l'orrnant des écailles qui couvrent le corps et se transforment en larges plaques à la tète et au ventre. A chaque mue, la cuticule entière tombe, conservant l’empreinte des épaississements du derme.
Le sque/elle des Serpents, auquel manc[uent les pièces osseuses des membres, se caractérise encore ])ar le nombre (‘onsidérable de côtes, et par l’absence de sternum, de telle sorte que les côtes sont mobiles et servent à la progression. A la tète, les branches de la mâchoire inférieure, portées par un os carré très long, sont en outre unies seulement j>ar un tissu élastique à leur extrémité antérieure ; de là l’extension possible, considérable, de cette mâchoire qui j)ermet aux Serpents d’avaler des proies relativement énormes.
Les viscères s’adaptent à la forme cylindrique de l’animal; le poumon droit s’allonge beaucoup, tandis que le gauche est souvent rudimentaire. appareil <ligeslif\ très simple, comprend un long u'so[)hage, un estomac élargi en l'orme de sac et un intestin court et presque droit. La langue est fourchue. Les dents, enlin, présentent des caractères (pii varient avec les genres et servent à l’établissement de la classification de ces Reptiles.
PiuxciPAUx (iHOLPES. — Le plus souvent il existe des dents recourbées en arrière, à la fois à la mâchoire inférieure, sur l’appareil maxillo-palatin, et même sur les intcrmaxillaires. 11 n’y a d’exception que pour un j)etit groupe de Serpents clic/, lesquels les dents sont localisées aux deux mâchoires et qu'on désigne sous le nom à' Opolérodoutcs. Chez les autres, outre les dents recourbées, on trouve des dénis à venin ou crochets, pourvues d’un sillon ou d’un canal en communication avec
(i) Chez quelques espèces seulement, pn trouve des rudiments des os du bassin ou des membres postérieurs, mais jamais on ne rencontre de traces de la ceinture et des membres antérieurs.
VIPERE
une glande à venin qui siège au-dessus de la voûte palatine. Lorsque les crochets sont au nombre d’une seule paire (i), portée sur un maxillaire très réduit, on désigne ces Serpents sous le nom de Solénoglijphes. Les Protévoglyphes sont ceux dont les cro('hets ou dents à venin sont situés en avant des autres dents, sur une mâchoire supérieure normalement développée ; et on réserve le nom A' Opistoglyphes aux espèces dont les crocdiets sont au contraire en arrière des dents ordinaires. Enlin les Aglyphodontes sont les Serpents non venimeux, par suite dépourvus de crochets.
Nous pourrions dire quelques mots de ce dernier groupe auquel appartiennent les Couleuvres, vu que c’est une Couleuvre {EUiphis Æsciil(ipii), symbole de la prudem'c, qui s’enroule autour du caducée d’Esculape et concourt à former l’emblème de la l^harmacie. iNlais au point de vue très précis de la matière médicale, nous n’avons à nous occuper que des Solélesquels les Vipères ont été longtemps en honneur dans la science médicale.
Solènoglyphes.
(À; groupe est formé de deux familles : celle des Vipérides, dont la tète est large et ne présente pas de fossette entre l’œil et les narines, et celle des Crotalides^ qui possèdent au contraire une fossette à ce niveau.
Vipère {Vipera).
C’est à la lamille des Vipérides qu’appartiennent les Vipères, (pii seules nous occuperont ici, et nous décrirons seulement les trois espèces de la faune française : la Vipère commune, la Vipère ammodyte et la Péliade ou Vipère du Nord.
La \ iPKBK COMMUEE [Viperci aspis^ !Merr.) ou Aspic^ très
(1) San.s compter ceux de remplacement qui siègent en arrière et s'apprêtent à remplacer les crochets tombés.
.s.) en O PSI oies
■Il S
répaiiclue en France, atteint en moyenne ao (‘entimètres de long. Elle est brune, avec une double rangée de taches transversales sur le dos, disposées de laçons très variées. La tète, triangulaire, très distincte du cou, présente deux bandes noires lormant une sorte de V. Elle est couverte de petites écailles et l’orbite est surmonté d’une squame plus large.
La ViPKKE AMMODYTE [V . aniinod }j Ics ^ Dum. et Bibr.) ; plus petite que la précédente, elle s’en distingue encore par un prolongement du museau en une sorte de corne relevée, molle et couverte de petites écailles.
Enfin la Vipèhe du Nord ou Péliade {Pelias herus, ^ler.) se distingue des précédentes par l’existence de trois grandes écailles (une antérieure et deux jmstérieures) sur la tète, qui raj)pellent les plaques de la tète des Couleuvres. Longue d’environ 6o centimètres, cette espèce a une couleur assez variable, du brun au gris d’acier; elle est marcpiée d’une bande noire sinueuse sur le dos.
Usages. — Voici comment s’exprime tiuibourt sur leur emploi (Guibourt, loc. cil., p. i64), en parlant de la Vipère aspic : « On la prend avec de petites pincettes de-bois et on la garde dans des tonneaux ou dans des boîtes garnies de son et percées de quelques trous. Elle peut vivre ainsi très longtemps sans manger, à cause du peu de mouvement qu’elle se donne alors et de la perte extrêmement petite qu’elle lait par la transpiration. Lorsqu’on veut en faire usage on la saisit avec des pincettes, près de la tète ; on coupe celle-ci avec des ciseaux et on la reçoit dans un vase rempli d’alcool, afin de la faire mourir et d’en éviter la morsure (|ui serait encore dangereuse. On dépouille le corps de sa peau, on rejette les intestins et l’on fait sécher le reste, ou bien on l’emploie récent et coupé par morceaux j)our en faire des gelées ou des bouillons auxquels on a attribué des propriétés restaurante, sudorilicpie, aphrodisiaque, etc., accordées également autrefois à la poudre