POISSONS
qui possèdent de ces rayons solides sont dits Acû/il/iop(erig^ens, tandis qu’on réserve le nom de Malacoptérygiens à ceux dont les rayons des nageoires, plus mous, ont la constitution précédemment décrite.
Le système nerveux^ chez les Poissons, présente les degrés de développement les plus variables. Nous dirons seulement que l’encéphale est remarquable par le développement des lobes olfactifs, tantôt rapprochés du cerveau antérieur, tantôt rattachés à ce dernier par un long pédoncule, et aussi par le volume du cerveau moyen (corps quadrijumeaux) qui l’emporte généralement sur celui du cerveau antérieur (cerveau proprement dit) ; le cervelet est également bien développé.
Les organes des sens offrent de nombreuses particularités, et la peau, à l*i tète et sur les flancs, présente des organes sensoriels spéciaux disposés en lignes régulières {lignes latérales) et que l’on connaît sous le nom d' organes latéraux.
Le tube digestif comprend un œsophage généralement court, (pi’il est souvent diflicile de distinguer de l’estomac. Ce dernier organe n est parfois lui-mème pas différencié extérieurement et le tube digestif est alors uniforme dans toute son étendue. Ailleurs 1 estomac est une sorte de sac contourné en anse. Les plus grandes variations se rencontrent également dans le développement des glandes gastriques ; elles peuvent man(|uer complètement (Cyprins, Loche d’étang'), être rudimentaires et alors elles sont remplacées semble-t-il, par un pancréas très développé (Pleuronectes) (i), ou enfin présenter un développement remarquable. Dans la région située derrière le pylore on observe chez beaucoup de Téléostéens et chez certains Ganoides des groupes de cæcums plus ou moins nombreux désignés sous le nom dé appendices pyloriques dont la muqueuse comme celle de la portion pylorique de l’estomac, ne renferme que des cryptes tapissées par des cellules à mucus.
(i) Pilliet. Note sur l’estomac des Pleuronectes, in C. R. hebJ. de la Soc. de biol . 1891, p. 881. ’
Beavrkcard. Mat. inéd. ,r
iciiriiropsiDES
Le pancréas est diffus ; il peut manquer.
Le foie ordinairement est très volumineux.
h'appareil respiratoire des Poissons est très généralement constitué par des branchies^ appendices lamelleux très vasculaires insérés sur les arcs branchiaux. Ces appendices supportent un système vasculaire afférent qui apporte le sang ^eineux, et un système efférent qui remporte le sang arterialise.
Chez les Téléostéens et les Canoides, quatre arcs portent ainsides branchies ; ils siègent tous dans une cavité commune (chambre respiratoire) dérivée de l’intestin anterieur, comme le montrent ses communications avec la cavité buccale par les lentes branchiales, ménagées entre les arcs branchiaux. La chambre respiratoire limitée extérieurement par l’appareil operculaire, s’ouvre d’autre part au dehors par un orifice unique, l’ouïe.
Chez les Sélaciens,, la chambre respiratoire est cloisonnée et il y a le plus souvent cinq fentes branchiales internes et autant de fentes externes qui permettent à chaque chamhre respiratoire de communiquer d’une part avec 1 intestin antérieur et d’autre part avec le dehors.
Quelques Poissons (Dipnoïques) respirent à la fois par des branchies et par des poumons ; ceux-ci rappellent beaucoup, tant par leur position que par leur structure, la vessie natatoire qu’on observe chez nombre de Poissons.
On désigne sous le nom de vessie natatoire un sac pair ou impair communiquant par un canal avec l’intestin anterieur (Ganoïdes et Téléostéens dits Physostoines), ou au contraire sans communication avec ce dernier (Téléostéens dits P/p/.?oclystes). La face interne de la vessie natatoire est parlois lisse, parfois cloisonnée; elle est peu vasculaire ou au contraire pourvue de plexus vasculaires plus ou moins développés. En tout cas elle paraît fonctionner beaucoup plus comme appareil hydrostatique que comme organe de respiration.
Les organes de la circulation comprennent le cœur et les
POISSO.XS
vaisseaux. Le cœur est veineux, composé d’un ventricule et d une oreillette; celle-ci reçoit le sang veineux d’un sinus. En sortant du ventricule le sang passe dans le cône artériel qui, clîcz les Sélaciens surtout, se renfle en un organe appelé bulbe artériel qui chasse le sang dans les branchies. Le système efférent de celles-ci reprend le sang artérialisé et va le déverser dans les racines de l’aorte; celle-ci le distribue à tout le corps. La circulation est donc siniple, puisque le sang ne lait qu un circuit; elle est complété^ car dans aucune partie de son parcours il n’y a mélange du sang artériel et du sang veineux.
glandes sexuelles^ chez les Téléostéens, se ressemblent beaucoup, tant par leui’ situation entre les rems et l’intestin que par leur lorine g'énérale. Ce sont des sacs allong'és dans lesquels se produisent, suivant les sexes, des œufs ou des spermatozoïdes. Les ovaires ou rognes se prolongent postélieiuement en deux canaux ou oridncles qui s unissent souvent en un canal commun débouchant à l’extrémité d’une papille. Cependant chez les Anguilles et les Salmonidés les oviductes sont incomplets (entonnoirs péritonéaux); les œufs tombent dans la cavité abdominale et sont expulsés au dehors par l’intermédiaire des pores abdominaux.
Les testicules ou laites présentent des dispositions analogues.
Chez les Sélaciens l’orifice commun des oviductes est très en avant dans la cavité du tronc ; leur partie antérieure renferme la glande coquillière, giAce à laquelle les œufs s’entourent de cette substance cornée et solide qui les rend si ( ai actéristiques ; leur partie postérieure s’élargit souvœnt en une sorte d’utérus où les œufs peuvent parfois se développer (Squales vivipares).
11 ny a généralement pas accouplement chez les Poissons ; pour la fécondation des œufs, qui sont produits parfois en nombre considérable, le mâle ne fait que passer à l’endroit où a eu lieu la ponte et y répand sa semence.
,^.^g ICIITHYOPSIDES
Clùssifîcalioii . — On groupe ordinairement les Poissons en cinq grandes divisions :
Cyclostomes [Lamproie).
( Holocéphales [Chimère).
Sélaciens (i) j, pi^gj^gtonies [Raies, Squales).
;io Ganoïdes (Esturgeon, Polyptère).
IPlectogiiathes [Diodons, etc.)- Lophobranches [Hippoeampe) .
' Abdominaux (Cy/Jr/«s, Saumons).
r j Malacoptérygiens ■ Subbracbiens [Morue).
I [ Apodes [Anguille).
\ Acanlboptérygiens (Pe/’c/m, Thon).
5° DipxoÏQUES [Ceratodus, Protoptère).
Nous aurons à nous occuper ici de trois groupes : des Sélaciens, des Ganoïdes et des Malacoptérygiens subbrachiens qui renlerment respectivement les genres Raie, Squale, Esturgeon et Morue, fournissant à la matière médicale. Les détails dans lesquels nous sommes entré à propos de 1 organisation générale des Poissons nous dispensent d’insister sur les caractères des groupes. Nous aborderons donc sans plus tardei l’étude des genres et des produits qu’ils donnent à la matière médicale.
P Sélaciens
Car.vctères généraux. — Les Rajides appartiennent au sousordre des Plagiostomes. C’est une famille dont les spécimens sont caractérisés par la forme aplatie et rhomboïdale de la partie antérieure du corps (disque). Cette partie doit son large développement transversal aux dimensions considérables des nageoires pectorales. En arrière du disque, le corps se prolonge en s’amincissant en une sorte de queue terminée par une nageoire caudale rudimentaire. Les nageoires dorsales, très réduites également, sont reportées au voisinage de l’extrémité
(i) Encore nommés Chondroptcrygiens et Elasmobranches.