HAIE
de cette queue. Les nageoires ventrales sont partagées en deux lobes inégaux dont l’externe est étroit et épais. Sous la tète, terminée en avant par un rostre plus ou moins proéminent, est située la bouche, transversale. Les dents, très nombreuses, varient de forme avec le sexe et avec les espèces.
Dans la queue, Ch. Robin a découvert un appareil électrique comparable par son organisation à celui de la Torpille.
Raie Haja).
Mœuiis. — Les Raies sont très voraces; elles se tiennent en général dans les grands fonds, étalées sur le sol ; elles se rapprochent des côtes à l’époque du frai. Leurs œufs ont une forme très caractéristique; ce sont des sortes de sacs quadrangulaires, formés d’une substance cornée et mesurant plusieurs centimètres. Les angles de ces sacs se prolongent en longues cornes effilées et recourbées en crochet à l’extrémité. On leur donne les noms variés de bourses de matelot^ coussins de ?ner, civières de raie^ etc., qui rappellent assez bien leur forme particulière.
Pêche. — L’armement pour la pèche se fait au commencement de l’hiver (i). On se sert de solides embarcations et les engins consistent en filets qui varient avec les contrées et sont sur les côtes de Bretagne, le rêl (2) et le chalut.
(1) Etude sur l’huile de foie de Raie et de la glande qui la fournit, par A. Odin. Thèse de l’Eoole de pharmacie, 187 !.
(2) Le rêt est un filet résistant, en forme de poche dont l’ouverture carrée est soutenue par deux vergues, en croix. La partie destinée à raser le fond, est bordée d’une chaîne de fer assez lourde et à laquelle 011 suspend des pierres pour augmenter le poids et faire couler tout le système à fond.
Le chalut a la forme d’un sac conique: son ouverture est établie sur un rayon de bois dont la iQngueur est d’environ 12 mètres ; aux extrémités sont fixés deux morceaux de fer recourbés en quart de cercle ; leur poids est d’environ i3o kilogrammes. La partie inférieure de l’ouverture dti chalut est garnie d’un bourrelet en filet chargé de plomb. « Lorsque les eaux sont un peu agitées et que le vent est favorable, on jette la drague à la mer; elle coule, l’ouverture placée dans un plan sensiblement vertical à celui du fond. Deux fanes ou câbles, amarrées à l’embarcation, lui font suivre son mouvement. La chaloupe entraîne le filet qui rase le sable ou le rocher et là viennent se réunir tous les Poissons placés à son ouverture. Lu Raie ne recule
ICJITIIYOPSIDE s
Espèces utilisées. — Les Raies comptent un très grand nombre d’espèces. Les plus recherchées pour l’extraction de l’huile, en raison de leur taille, sont : i“ la Raie bouclée 'Raja clavata L.) (fig. 71) qui doit son nom aux tubercules osseux armés d’une épine crochue {boucles] qui parsèment la surface de son corps; 2“ la Raie Ratis ou grosse Raie (/?. bâtis L.) d’un gris cendré taché de noir, avec de petites dents terminées en pointe
recourbée en arrière. Les individus de celte espèce atteignent parfois un poids considérable (jusqu’à 100 kilos) ; 3“ la Paste- NAGUE [Tnjgou pasliuaca h.) qui se distingue des Raies proprement dites par l’union des nageoires pectorales en avant du rostre. La queue, appointée, en forme de fouet et sans nageoires, présente vers sa base des aiguillons barbelés dont la piqûre est redoutée des pécheurs. Les dents sont aplaties.
Ces diverses espèces sont exploitées en raison du volume de leur foie ([ui renfenne une grande (piantité d'huile.
Foie. — Le foie des Raies est en elfet très volumineux; son poids peut atteindre 6 kilogrammes ; il occupe la partie
jamais, mais pousse toujours en avant, fpiclf[ue résistance qu elle trouve. Le filet est levé au moyen d'un cabestan ou d'un treuil. 11 n’est pas rare, de voir de ces Selaeieiis tellement fjrands et lourds que l'on ne peut les embarquer dans la cale, et que 1 on est obligé de les suspendre aux flancs du bateau ».