LARIX
ce dernier nom à ce que leur tête est prolongée en une sorte de bec ou trompe, à l’extrémité de laquelle sont les pièces buccales. Les antennes sont ordinairement coudées etlesélytres embrassent très exactement le corps qu’elles recouvrent en entier. A cette famille appartiennent les Charançons ou Calandres, trop connus pour les dégâts qu’ils causent aux céréales et aussi une espèce désignée sous le nom de Larinus, qui produit une sorte de coque appelée Tréhala et ([u’on trouve dans les collections de matière médicale.
Larin [Larinus nidificans, Guib., syn : L. subrugosns, Cbevr.).
C’est l’insecte du Tréhala.
Car.vctères. — Le Larin a les élytres oblongues, de même largeur que le corselet et terminées en arrière par une pointe mousse un peu coui’bée vers la ligne médiane du corps. Ces élytres sont ornées chacune de dix lignes ponctuées qui se joignent entre elles avant d’atteindre l’extrémité de l’organe.
M ŒURs. Tréh.ala. — Les larves du Larinus nidificans se nourrissent des sucs d’une Synanthérée, un Onopordon, qui croit en Syrie (i). Cette larve s’enveloppe pour la n}unphose d’une coque solide qui reste fixée à la plante et c’est cette coque qui est connue sous le nom de Tréhala. Elle est très employée en Orient, à la façon du salep et du tapioca en France. Guibourt en donne la description suivante :
« Le Tréhala est une coque creuse, évidemment maçonnée par un insecte. Il est de forme ronde ou ovale, du volume d’une grosse olive, plus ou moins, et présente, du côté interne, une couche de matière blanche, à surface intérieure unie, quelque-
(i) Un autre Larin [L. maculatus ?) qui produit une coque semblable, vit sur Eckinopx candidus, en Perse.
INSECTES
fois rougeâtre, assez semblable, pour l’aspect, à l’endoderme d’une pistache. Cette couche compacte est couverte, du côté extérieur, de grains grossièrement agglomérés qui donnent au tréhala une surface tidDerculeuse et le font ressembler à une praline blanche. Les plus petites coques, qui sont aussi les plus arrondies, paraissent presque entièrement fermées ou n’ofîrent qu’une fente longitudinale ; mais les plus grosses sont largement ouvertes par un bout et présentent alors quelque ressemblance avec la capsule tuberculeuse d’un gland ». Dans ces dernières on ne trouve généralement pas l’Insecte, car l'orifice de la coque a été pratiqué par celui-ci arrivé à l’état parfait et prenant sa liberté.
Composition chimique du tréhala. — Le tréhala {sucre de nids des Persans) est principalement formé d’une matière amylacée et d’un sucre spécial étudié par Berthelot qui lui a donné le nom de Tréhcdose. D’après l’analyse de Guibourt, le tréhala renferme 66 p. loo d’amidon ; 4s66 d’une gomme peu soluble, et 28,80 de sucre et d’un principe amer. A l’incinération, on recueille 4,60 p. 100 de cendres composées de carbonate de chaux et d’une petite quantité de phosphate de fer.
Mis en contact avec l’eau, le tréhala se gonfle, se ramollit et forme bientôt une bouillie épaisse et gommeuse, d’un goût sucré assez faible. La tréhalose étudiée parM. Berthelot répond àlaformule 0‘'+ 2 H^O; elle cristallise en octaèdres rec-
tangulaires, brillants et durs; elle est soluble dans l’eaii, presque insoluble dans l’acool froid, insoluble dans l’éther. Cette substance ne paraît différer de la mycose que par son pouvoir rotatoire plus élevé; Müntz l’a rencontrée également dans un grand nombre de Champignons.
Usages du tréhala. — Le tréhala n’est pas utilisé dans la thérapeutique européenne. Il est usité contre les affections de l’appareil respiratoire, en Asie Mineure, où on l’emploie en infusions qu’on prépare en concassant et faisant infuser par
Vi;SICA.\TS
litre d’eau environ i5 grammes de coques, y compris les Insectes qu’elles peuvent renfermer.
Vésicants.
Caractères généraux. — Les insectes Vésicants ont un faciès général qui les distingue très aisément des autres Coléoptères. Leurs téguments, principalement les élytres sont mous. La tète, assez volumineuse, est très inclinée en bas, parfois même dirigée obliquement en dessous et en arrière. Le corselet ou prothorax, est ordinairement moins large que les élytres; les antennes sont presque toujours composées de 1 1 articles. Ce sont des Ilétéromères ; leurs pattes sont longues et ces Insectes, qui volent bien pour la plupart, sont également bien organisés pour marcher rapidement à la surface du sol. Presque tous, quand on les saisit, baissent la tète, rassemblent les pattes el font le mort; beaucoup, dans ce même cas, laissent aussi exsuder de leurs articulations un liquide âcre qui tache les doigts.
Toutes les espèces renferment de la cantharidine (i).
Caractères anatomiques. — Téguments. — Les téguments des Vésicants sont mous, comme nous l’avons dit plus haut, et paraissent devoir, en partie au moins, ce caractère à leur composition chimique. Les sels qui incrustent la chitine sont en moins grande proportion que chez les Insectes à téguments durs. C’est ce qui résulte de la comparaison des résultats obtenus d’une part sur le Hanneton par M . Lassaigne et d’autre part, sur la Cantharide officinale par M. Delarue, pharmacien en chef des hôpitaux du Havre qui a bien voulu, à notre demande, faire des analyses des téguments de cette espèce. Tandis, en effet, que M. Lassaigne obtient i5 p. loo
(i) a l’exception des IJoriides qui, à vrai dire, s’éloignent des Insectes vésicants par beaucoup de caractères.
(Voir 11. Beauregard. Les insectes vésicants. (Libr. Alcan, Paris, i8go.)
INSECTES
de cendres des tég-uments du Hanneton, M. Delarue trouve seulement 5 p. 100 et 5, 09 p. 100 de cendres. Celles-ci d’ailleurs sont composées comme à l’ordinaire de sulfates, chlorures et phosphates de magnésie, chaux, potasse et soude. En faisant la part des procédés d’incinération plus parfaits (pi'a employés M. Delarue, il semble que l’écart entre les deux résultats est assez grand pour laisser supposer que la minime proportion des sels n’est pas sans inlluence sur la mollesse des téguments des Vésicants. Toutefois ce n’est pas la seule cause en jeu.
Si, en effet, on examine la structure des élytres, on y observe des caractères qui sans aucun doute doivent avoir une part importante dans l’état de mollesse des tég-uments de ces
organes. Les élytres, sont formées de deux lames rapprochées et en continuité par leurs bords: ce sont des sortes de sacs aplatis. Chacune de ces lames est formée d’une couche cuticulaire superficielle, colorée d’une façon variable, en noir chez la Cantharide, en noir et en jaune chez les Mylabrcs, etc.; sous cette cuticule siègent des couches chitineuses très peu ou point colorées. Si l’on pratique des coupes perpendiculaires aux surfaces d’une élytre, on constate que les deux lames supérieure et inférieure sont maintenues écartées l’une de l’autre par des expansions des couches chitineuses qui s’étendent de la couche cuticulaire de la lame supérieure
Fig. 78. — Portion de lame inférieure de l’élylre de Meloe montrant les bases étoilées des j)iliers d'écartement.
77- — Coupes perpendiculaires au grand axe de l’élytre. A, de la Cantharide. — B, du Meloe.