I. Appareil mâle. — L’appareil mâle comprend une paire de
Fig. 87. — Coupe transversale d’une Cantharide, e, estomac. — i, intestin, région à six plis. — l, intestin, région lisse.
(le ces paires accessoires qui est le siège de la production d( la caiilharidine. Chez la plupart des Yésicants, en effet, on trouve trois paires de glandes accessoires. Chez la Cantharide, par exemple, la première paire consiste en deux cax’ums longs de 10 à 12 millimètres, enroulés en forme de crosse d’où le nom de alandes scorpioïdes que je leur ai donné. La deuxième paire, insérée un peu en arrière et en dehors de la précédente, est formée de deux ca'cums très courts qui, passant entre les glandes scorpioïdes et les canaux déférents, embrassent étroitement la base de ces derniers. La troisième jtaire, enfin, consiste en deux longs tubes (pii prennent naissance immédiatement en arrière des canaux déférents. Ces tube sont d’une grande longueur et, pour trouver place, ils s’éta lent dans la cavité abdominale en s’enroulant de chaque côté di
Bk.vukecard. Mat. méd. „
Fig. 88. — Cantharide, apparei mâle.
c, glandes à cantharidine. — d, canal déférent. — s, glandes scorpioïdes.
— t, testicule. — x, tubcsàcantharidine.
testicules avec canaux déférents s’unissant en un conduit éjaculateur commun et des glandes paires accessoires. C’est l’une
INSECTES
liibe digeslif en replis irréguliers (lig. 88). lissent constitués d’une paroi tellement mince et transparente qu’on dirait des tubes de verre filé; ils présentent de place en place des rcnllements ovoïdes qui leur donnent l’apparence de chapelets. C’est cette troisième paire qui mérite surtout de fixer l’attention ; elle sert, en effet, de réservoir séminal et en même temps cest elle qui est le siège de la production de la cantharidine.
II. Appareil femelle (fig. 89 et 90). — Il comprend deux ovaires dont les oviductes courts s’unissent bientôt en un canal coiu-
niun ou vagin, qui se dilate antérieurement en une vaste poche copulatrice. Un réservoir séminal et une glande accessoire lui sont annexés.
La cantharidine n’est localisée spécialement dans aucune des parties de cet appareil.
Développement. — Le développement des Vésicants est caractérisé par deux faits fondamentaux ; le parasitisme des larves et l’hypermétamorphose.
Le nom Aè hyper métamorphose a été créé par H. Fabre pour désigner la multiplicité des stades par lesquels passe l’insecte avant d’arriver à l’état parfait. Ces stades sont, en
Fig. 89. — Cantharide, organes femelles.
,!>, vésicule séminale. — c, vésicule copulati'ice. — O, ovaires.
Fig. 90. — Mylahris gcininata.
Organe femelle.
VLSIC.4ATS
efFct, au nombre de six : première larve ou triongidin ; deuxième larve (i); pseudo-chrysalide ; troisième larve et nymphe, enfin, 1 insecte parfait ou imago fait son apparition. La vie de ces Insectes, surtout celle du mâle, n’a souvent que très peu de durée. Chez quelques espèces [Sitaris) elle ne dure que le temps nécessaire à raccouplement qui s’opère souvent dès la sortie de l’enveloppe nymphale et qui est suivi quelques heures après de la mortdunuàle.
parasitisme des larves s’exerce, suivant les g’enres, soif à l’intérieur de cellules d’Hyménoptères (Cantharide, Meloe), soit dans les coques ovigères de certains Orthoptères (Epi- ('aiita, ^lylahris). D’ailleurs, nous reviendrons en détail sur ces faits à propos de chaque genre. Pour le moment nous signalerons seulement que le triongulin est une forme généralement très active, de taille très réduite (i à 2 niill.) qui a poui lüle de chercher 1 hôte chez lequel son développement devra se poursuivre. Il a une puissante armature buccale qui lui permet de déchirer s’il est nécessaire les parois des cellules d’Ilyménoptères, les enveloppes des œufs, ou de se faire jour a tia\ers le bouchon spumeux qui ferme les coques ovigères des Acridiens.
La forme qui lui succède après une première mue est organisée pour flotter sur le miel ou sur le contenu extravasé des œufs d’acridiens. C’est la forme assimilatrice par excellence ; son rôle est de dévorer toute la pâture mise à sa disposition. Aussi grossit-elle rapidement et subit-elle plusieurs mues d accroissement avant d’atteindre sa taille définitive qui est énorme, comparativement à celle du triongulin, puisque ce dernier n avait guère plus de 1 à 2 millimètres de long, alors que la seconde larve, à son état ultime, peut mesurer jusqu’à 2 centimètres.
(i) La deuxième larve est désignée sous le nom de larve carabidoïtle, et dans sa orme ultime sous le nom de larve scarabocidoïde • c'est cette même forme que revêt la troisième larve.
INSECTES
La pseudo-chrysalide qui lui succède est immobile et pendant ce stade il n’y a aucune absorption de nourriture. C’est ordinairement une forme hibernale, un état d’attente sous lequel l’insecte passe la mauvaise saison, mais qui parfois aussi peut s’étendre bien au delà et durer une année entière, si bien que la transformation en troisième larve n’a lieu qu’au printemps de la seconde année. Quoi qu’il en soit, la troisième larve qui succède à la pseudo-chrysalide est très remarquable en ce qu’elle reproduit exactement les traits de la seconde larve à son état ultime. Cette troisième larve n’a cpi’une durée assez courte ; elle mue bientôt pour se transformer en chrysalide qui elle-même donne enfin l’insecte parfait.
Tantôt tous ces phénomènes se passent a l’intérieur de la cellule de l’hôte choisi par le parasite (c’est le cas de beaucoiq) de Meloe, de Sitaris, Zonilis, etc.); tantôt la deuxième larve, avant de se transformer en pseudo-chrysalide, abandonne le gîte oii elle a tout détruit et dévoré, et va se creuser une cellule à une certaine profondeur dans le sol pour y subir ses dernières transformations, au cours desquelles, comme nous l’avons dit, elle ne prend plus aucune nourriture (c’est le cas de la Cantharide et de quehpies INIéloés).
Cl.vssific.vtion. — Les Insectes Vésicants sont très nombreux. Ils peuvent être répartis de la façon suivante :
Meloc.