‹ Matinées littéraires: cours complet de littérature moderneChapitre 22 sur 49 · IV CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

IV CHRÉTIEN

• Qui êles-vous, beau sire, qui nous réconfortez ainsi cl qui nous apportez si haute parole de Dieu. Sachez que, si ce que vous nous dites csl vrai, nous recevrons de pied ferme nos ennemis mortels.

l'ange.

" .le suis ange de Dieu, hel ami ; il m'a envoyé ici pour vous réconforter. Soyez pleins de confiance, car Dieu vous a faits ses élus dans les cieuv Allez! vous ave/ bien commencé : vous périrez tous pour la gloire Ac Dieu, mais vous aurez la couronne céleste. Je m'en retourne à Dieu : vous, demeurez!... ■

assurément, il n'était pas besoin de vous avertir que cette scène avait été écrite au treizième siècle pour vuus la faire trouver belle; et vous avez dû remarquer, non sans admiration, que Le grand Corneille, dans sa belle réponse du Cid à Don Diègue :

.le suis jeune , il csl v rai : niais aux âmes bien nées La valeur n'attend pas le nombre des années,

n'a, pour ainsi dire, fait que reproduire un passage (\u Jeu de sain/ Xicohts.

\12 M MINEES LITTÉR HRES.

Tous les chevaliers sonl tués el l'ange reparaît pour leur dire :

-Ah! chevaliers <pii gisez ici, combien vous (Mes heureux! combien maintenant vous méprisez le monde où

vous ;ni'z vécu ! mais, pour le mal que vous avez souffert, vous savez maintenant quel bien c'est que le paradis où Dieu met lotis ses amis. Que ions les hommes apprennent de vous à mourir ainsi ; car alors Dieu reçoit avec lendresse ceux qui veulent venir à lui. Celui qui le servira de bon cœur ne perdra jamais sa peine; il recevra dans les eieuv la même couronne que ions avez reçue, n

Quand on entend un pareil langage, on s'étonne moins que le clergé ail favorisé les représentations des mystères, au point de permettre qu'elles eussent lieu dans les églises el <|iie les acteurs lussent des prêtres du Seigneur, malheureusement ce langage ne se reproduit pas souvent, el l'on est bientôt surpris de voir le singulier mélange de saintes paroles et de propos obscènes que le poète met dans la bouche de ses personnages. Revenons an ./<"// de saint Vicolas.

Les chefs africains, fatigués de carnage, aperçoivent un vieux chrétien en prière devant une image de saint Nicolas: I un d'eux, le prince d'Orcanie, faisant allusion à la mitre du saint èvêqne, s'écrie : .. Voici un grand vilain à tète blanche qui adore un Mahomet cornu. Le tuerons-nous ou le ferons-nous prisonnier? On se décide à le conduire au roi, qui lui demande

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