MADONE DE LA TOUX, A LA TRINITÉ DE LUCQUES
le sein à son nouveau-né ; elle lui donne la vie avec son lait; et, cette fois, Matteo s'est montré grand artiste sans rien demander à l'extase ni à la foi; le sentiment seul de la nature et de la vérité lui a suffi pour faire un chef-d'œuvre.
UN CHRIST EXÉCUTÉ POUR L'ÉGLISE DE PIEVE DE LAMMARI ET POUR CELLE DE SEGROMIGNO
ERSONNE ne signale les œuvres de Matteo, exécutées aux environs de Lucques et elles échappent naturellement aux étrangers ; il faut ouvrir une enquête spéciale pour savoir qu'elles existent. A une heure de voiture de Lucques, en plaine, dans deux églises de village assez peu éloignées l'une de l'autre, Matteo, appelé certainement par Domenico Bertini, qui avait là sa résidence d'été, a sculpté deux œuvres de deux caractères différents, quoique évidemment conçues dans les mêmes dispositions.
A Lammari ou Lambert^ par une disposition assez habituelle aux sacristies des églises du xv' siècle, on avait construit un petit édicule où un Christ à mi-corps^ un calice à la main, dans une douloureuse attitude, s'offrait à l'adoration des fidèles. Le Tempietto est resté, mais on a substitué à la statue à mi-corps une vasque destinée au lavement des mains, le Christ s'est trouvé reporté audessus du premier autel à gauche à l'entrée, dans la nef, et il nous