TRAVAUX AUX ENVIRONS DE LUCQUES
Le Seigneur ouvre la main et laisse voir la plaie. Le visage est rond, sans beaucoup de caractère, toujours doux et recueilli ; mais peutêtre insignifiant dans l'œuvre, tandis que l'autre s'imprime dans le souvenir et ne peut plus s'en arracher.
Nous ne faisons que constater ici l'existence d'un fragment qui prouve qu'il y avait autrefois h Lamberi un troisième monument dû au ciseau de Matteo. Devant la main du Christ (qui, par parenthèse, n'est pas achevée), lors de notre visite dans ces églises, reposait une tête d'ange coupée portant sur la tête un calice.
En cherchant à mieux voir la main cachée par la tête rapportée après coup, nous avons constaté que cette tête n'était qu'un fragment brisé, posé là par hasard. Cela prête aux conjectures, mais nous ne voulons tirer de là qu'une conclusion et opérer un rapprochement. Cette disposition du calice qui coi^c, pour ainsi dire, la tête de l'ange, est une disposition habituelle à Matteo; elle se retrouve dans la partie haute, à droite du fameux bas-relief de la J^oi du Bargello. Il n'y a donc pas à douter que le fragment posé sur la niche de Segromigno ne soit bien dû au ciseau de Matteo. Trenta, dans ses A/c/uorie e documenti per servir e aW Istoria dcl Diicaio di Liicca^ rapporte l'exécution de ces œuvres à la jeunesse de Matteo, avant son départ de Liicqucs pour Florence. Le fait serait intéressant et curieux, et nous aurions là un ouvrage de Matteo contemporain de la médaille d'Avanza; mais comme nous
CIVITALI, SA VIE ET SON ŒUVRE
avons trouvé un écusson et le nom de Bertini, daté 1481, encastré près de l'église, nous persistons à croire que le bienfaiteur de Matteo, là encore, a payé l'œuvre, la commandée; et en a fait don à l'église du village où s'élevait sa résidence. Trenta, d'ailleurs, se borne à affirmer son assertion sans en donner la preuve ; et le caractère de la sculpture est trop avancé pour que nous croyions devoir nous rallier à l'opinion de cet écrivain.