‹ Matteo CivitaliChapitre 20 sur 53 · DOMK DE PISE, DÉTRUITS · texte numérisé non relu

DOMK DE PISE, DÉTRUITS

EPUis l'année 1485, nous ne trouvons à l'actif de Matteo qu'un seul travail, il est certainement assez considérable pour l'occuper toute une année ; mais, comme l'œuvre était purement ornementale, puisqu'elle consistait en une composition se répétant par panneaux identiques composés de simples lignes, et de frises d'ornements; elle devenait plutôt le fait de praticiens et d'élèves que le sien propre , une fois son modèle exécuté. Il s'agissait cette fois d'une commande de vingt-deux autels pour le Dôme de Pise ; commande enregistrée, dont on a, non pas les contrats en minutes originales, mais un fragment de contrat et une mention inscrite au livre de raison de \ Opéra d'il Duomo de Pise, aujourd'hui conservé aux archives d'Etat de la ville. Il ne reste rien de la disposition générale primitive ; et, du travail de Matteo, on n'a que des éléments épars, réappropriés. Qui sait même si les éléments qui nous restent ont jamais été employés à l'usage primitif défini par le contrat? On ne peut véritablement établir à ce sujet que des conjectures.

72 CIVITALI, SA VIE ET SON ŒUVRE

Que l'artiste ait été appelé à exécuter ce travail à Pise, on n'en saurait douter, puisque les morceaux sont là, dans les murs, indéniablement dus au ciseau de Civitali, et puisque Tommaso Trenta, dans ses Mémoires et documents pour servir à l'histoire de Lucques^ a publié une description du modèle qui se trouve insérée dans un fragment du contrat passé par Antonio di Jacopo, « operaro » du Dôme, On a aussi des reçus de Matteo, datés i486, 1487, 1488 ; et chacun peut voir enfin dans le chœur de la cathédrale, les restes de corniches, de frises, de chapiteaux, transformés aujourd'hui en cadres entourant des peintures d'une époque postérieure. La question de la disposition primitive est presque insoluble en l'absence d'une description d'un témoin contemporain, et il y a là matière à confusion ; en effet, parmi les documents datés i486, figure un reçu de « 122 lire et 6 soldi... per parte délie capelle sonno affare iielld Nave in Duomo », reçu qui indique clairement que la somme est le prix de travaux à faire dans la nef de la cathédrale^ tandis qu'un autre reçu antérieur fait allusion à vingt-deux autels, qui devaient évidemment occuper le parti circulaire. On en arrive à cette conclusion que tout ce que Matteo a fait dans le Dôme de Pise a été détruit, remanié et réapproprié; il a eu la commande, c'est évident, mais les autels n'ont peut-être jamais été placés ; ou enfin, s'ils l'ont été, les morceaux que nous voyons actuellement encastrés dans les murs peuvent tout aussi bien provenir des chapelles de la nef que de celles des vingt-deux autels qui lui furent ordonnés par un contrat connu.

Vers le xvi'' siècle, le goût des ItaHens et leurs usages en ce qui concerne les dispositions intérieures des églises avaient considérablement changé, et on se faisait fort peu de scrupules — nous en avons eu une triste preuve à la cathédrale de Lucques aux Corpi Santi — de détruire des œuvres admirables qui dataient de quelques années à peine. Plus tard on en faisait servir les fragments à des usages tout différents de celui auquel ils étaient destinés d'abord. Qui ne sait que la fameuse chaire de Pise, ce monument extraordinaire dont l'impor-

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