‹ Matteo CivitaliChapitre 42 sur 53 · ŒUVRFS ET FRAGMENTS D'ŒUVRES AU SOUTH-KENSINGTON MUSEUM · texte numérisé non relu

ŒUVRFS ET FRAGMENTS D'ŒUVRES AU SOUTH-KENSINGTON MUSEUM

E Musée de South- Kensington, de Londres, si riche en marbres du xv^ et du xvi^ siècle itahen, s'est enrichi d'un certain nombre d'œuvres de Matteo Givitah, qui proviennent toutes de la ville de Lucques, où elles gisaient séparées des monuments dont elles faisaient partie , monuments détruits à diverses époques et dont il devient difficile de constater les origines.

Le Catalogue du Kensington ne compte pas moins de cinq pièces ; toutes ne peuvent pas être acceptées comme originales ; quelquesunes d'entre elles étaient venu échouer dans la collection Gigli Campana ; et le musée s'en est rendu acquéreur lors de sa dispersion. D'autres sont dues aux soins de ces habiles intermédiaires que les administrateurs du South-Kensington entretiennent en Italie et en Espagne.

Le morceau le plus original et le plus célèbre est une frise prove-

Vierge en Prière

Souih-Kensington Muséum, à Londres.

MONUMENTS AU S 0 U T H- K E X S I X GTO N

nant d'une tombe qui aurait existé autrefois dans la cathédrale. Elle figure au Catalogue sous le n° 5899 et la rubrique suivante :

« Marble frieze from a tomb. Length 3 feet 6 inches ; height i foot 2 3/4 inches. »

Ce fragment est divisé en trois parties égales par des candélabres d'un fort relief, qui jouent le rôle de pilastres. Le panneau du miheu est rempli par un profil de vieillard au nez proéminent, profil d'un caractère à la fois réel et monumental ; les deux autres panneaux contiennent deux mains unies, figurées jusqu'aux poignets, ornées de manchettes soigneusement exécutées, une palme et une branche d'olivier chargée de fruits, réunies par une banderolle, se font pendant derrière les mains jointes et représentent certainement des Imprcsc tirées des armes de la famille.

Si simple que soit ce fragment, il accuse un maître ; on ne va pas plus loin dans la vie ; et ce profil de marbre prouve quelle force Matteo Civitali a pu déployer dans le portrait. L'œuvre vient de Lucques ; elle appartenait à un sculpteur de talent qui s'est laissé tenter et qui regrette aujourd'hui de ne pas avoir sous les yeux cette œuvre du maître pour lequel il professe une si profonde admiration.

N° 7569. — Sous ce numéro figure un Tabernacolo au-dessous duquel on a écrit la note suivante : « Marble tabernacolo or hexagonal shrine, for the conservation of the sacred water, — Height 4 feet 2 inches. Diameter 15 inches. (Gigli Campana collection.) »

Ce tabernacle est signé « Opus Matthaîi Civitali », et on comprendra que si l'artiste a soigneusement écrit son nom sur la base d'une œuvre relativement peu importante, c'est qu'elle faisait partie d'un tout. Encore que ce genre de petits édifices soit très répandu dans toutes les églises de la Toscane, nous n'hésiterions pas à voir là la pièce principale de l'autel du Saint-Sacrement de la cathédrale ; le fragment enlevé au moment du remaniement sera venu, à la suite des siècles, échouer i\ Rome chez le marquis Campana : c'est de h\ qu'il est entré au Kensington. Ce n'est pas à Matteo qu'appartient la

CIVITALI, SA VIE ET SON ŒUVRE

disposition première ; mais il excelle dans l'exécution et la disposition de détails de ces petits monuments ; la feuille de chicorée

sauvage qui grimpe le long du piédestal est encore une signature de Matteo.

N° 7559- — Une statue de la Vierge en prière, agenouillée, petite nature, figure sous ce numéro avec l'inscription :

« Marble statue of the Vergin, kneeling in prayer. Small Life Size. Proportionate height of the figure, if standing erect, 4 feet 6 inches. (Gigli Campana collection.) »

L'œuvre n'est pas signée; mais la forme du bonnet est spéciale à Matteo. L'exécution des cheveux porte sa signature, et l'extraordinaire simplicité, le calme dans l'expression , la discrétion dans les draperies, la belle ligne simple et noble qu'elles forment avec le corps, tout nous dit qu'il y a là une œuvre du maître.

On sait aussi qu'au xvi'' siècle cette statue appartenait à don Raffaelli Borghini, lauteur du Riposo. Les amateurs reconnaîtront au bonnet, un petit bijou qui est un trait spécial à Matteo.

Tabernacle, au Musée du Souih-Kensington. Provenant d'une Église de Lucques.

M. Robinson, qui a rédigé le catalogue du South-Kensington et qui naturellement a réuni, au sujet des diverses pièces, toutes les infor-

Page 1