LA CATHEDRALE EN FLAMMES
21 septembre 1914.
«Les Allemands se sont acharnés, sans raisons militaires, à tirer sur la cathédrale de Reims qui est en flammes. »
Cette phrase est chargée de sens. Vous remarquerez le verbe, ils se sont acharnés^ et cette incidente, sans raisons militaires. Voilà le crime que rien n'excuse et que l'histoire à jamais commentera pour le déshonneur de ces récidivistes. Ils ont commencé par Louvain, continué par Malines, Senlis, Soissons. Aujourd'hui ils brûlent la cathédrale de Reims, par dépit de n'avoir pu anéantir Notre-Dame de Paris.
C'est une déclaration de guerre à tout ce qu'il y a de plus grand dans le monde, que les généraux de l'empereur allemand viennent de lancer en tournant leurs obusiers sur le lieu où Clovis hérita de la civilisation latine, sur la haute et divine maison éblouissante.
Un des joyaux du monde achève de s'anéantir.
Pourquoi l'Allemagne commet-elle cet acte abominable? Dans quel espoir? Comment y trouver, je ne dis pas une excuse, mais un semblant d'utilité?
Les Allemands n'ont à la bouche et sur leurs lèvres pharisiennes que le nom de Dieu. Croient-ils