‹ Maurice, comte de Saxe, et Marie Josèphe de Saxe, dauphine de France. Lettres et documents inédits des archives de DresdeChapitre 65 sur 73 · LE COMTE DE LOS8 AU ROI AUGUSTE IH · texte numérisé non relu

LE COMTE DE LOS8 AU ROI AUGUSTE IH

(BXTSAIT.)

gjj^ à Pakis, le 16 mai 1745.

Bien que je doive supposer que le maréchal comte de Saxe aura déjà envoyé à Votre Majesté sur Taffaire de Fontenoyune relation circonstanciée, je n'ai néanmoins pas voulu omettre de mon côté de me donner l'honneur de Lui envoyer celle que la cour vient de publier dans les gazettes publiques, et qui est la même qu'un courrier dépêché le 13 par le Roi très-chrétien a apporté à la Reine à Versailles >).

J'y ajouterai les particularités suivantes, que j'ai recueillies dans les différentes lettres que j'ai vues de plusieurs officiers qui se sont trouvés à cette bataille.

H est constant qu'au premier choc des Anglais et des Hanovriens, qui ont combattu avec une valeur incroyable, la première ligne tant d'infanterie que de cavalerie française a plié, et on peut dire hardiment que la bataille était perdue pendant plus d'une heure et demie pour ces derniers. Le régiment des gardes surtout s'était enfui aux premiers coups de canon que les Alliés ont tirés de leur artillerie, sans qu'il ait été possible de le ramener à la charge. £n un mot, les choses étaient allées au point que le maréchal de NoaiUes, croyant tout perdu, conseilla au Roi de songer à sa sûreté et de quitter le champ de bataille. Il y a même apparence que ses avis auraient été suivis, sans la fermeté du maréchal de Saxe qui s'y opposa, et qui représenta, avec une sorte de vivacité, à Sa Majesté: qu'il fallait vaincre ou mourir, et que la situation où l'on se trouvait n'était pas encore si désespérée qu'il n'y eût moyen d'y remédier, pourvu qu'on le laissât faire, et qu'on ne le troublât pas dans ses opérations.

Dans cet instant le maréchal fit charger si à propos le corps anglais, qui avait déjà enfoncé le centre, par le comte

^ Les relations officiefles se trouvent: Lettres et MétnoireB T. I., p. 165^230; le rapport du maréchal de tiaxe au comte d'Ârgenson, •&. p. 230.

JjMTTBMB IXAdITBS. (174&.) 485

de Lœwendal; à la tête deB régiments irlandais et de quelques autres brigades (le maréchal prenant lui-même les carabiniers et les débris de quelques brigades d'infanterie qu'il avait pu rassembler)^ qu'il obligea les Anglais à reculer^ et donna le temps à la maison du Roi de s'avancer^ qui fondit avec tant de fureur sur les Anglais que leur corps^ dont ils avaient formé un bataillon carré; fut détruit presque dans un quart d'heure; et depuis ce moment la victoire se déclara pour les Français. Les Irlandais ont fait merveille. L'aile droite des Alliés ^ où étaient les Hollandais^ n'a pas donné; le feu que les Français ont fait de leur artillerie les ayant tenus en respect ^ et leur ayant tué une infinité de monde; sans que jamais ils aient osé approcher.

Toutes les lettres; même des gens impartiaux; font l'éloge du Roi très-chrétien et de M. le Dauphin; et parlent avec admiration de la fermeté et de la présence d'esprit que le premier a montrées dans ces circonstances critiques. Mais elles conviennent; en même tempS; que le gain de la bataille est dû aux sages dispositions du maréchal de Saxe; qui; malgré le mauvais état de sa santé; a trouvé des ressources en luimême pour soutenir les fatigues qu'il a eu à essuyer le jour de cette action; et qui s^est porté partout pour rétablir l'ordre

dans les troupes

Jean -Adolphe comte de IjOss.

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