LK CHÂBGÉ D'AFFAIRES DE SAXE A M. LE COMTE DE BBUHL
(EXTRAIT
Pasis, le l^r décembre 1750.
Ce fut hier matin, entre 6 et 7 heures, qu'il (le comte de
Saxe) décéda à Chambord, après une maladie de huit jourp, qui a commencé k se déclarer dimanche, le 23 du passé, pnr une fièvre continue, avec des transports qui ne lui ont laissé que par intervalles, une heure ou deux de suite, la tête libre. Il avait ordonné de cacher sa maladie
> 1776 et 1778.) T. 111., p. 76, celle que la marquise adressa h Friesen après avoir reçu la nouvelle de la mort du maréchal :
^Toiite la France pleure avec nous la perle du grand homme qui lui a fait
tant d'honneur. Il était vieux et accable d'infirmités: la mort était un bien
pour lui. Il n'y a que l'Etal qui soit h plaindre d'avoir perdu son défenseur;
loUR les bons Français sont dans raffliction: le roi, qui la partage, veut vmis
donner des marques de son estime pour le maréchal de Saxe et i' honorer,
après sa mort, dans son neveu. Il vous laisse le château du Chambord avec
toutes ses dépendances cl les mémos privilèges dont feu votre oncle jouis-
sali," ....
Le baron Grimm, qui reproduit cette lettre dans ses Mémoires (T. L, p. 57.), la trouve
„ froide et compassée, " el ajoute que Friesen n'aurait jamais soufré ^ à mettre à
l'épreuve les offres brillantes de la fUre marquise.** . . . . Voilà comment on éerit
l'histoire! Le neveu du maréchal fut; en vérité, trop heureux de recevoir le cadeau
royal que lui annonçait la marquise, el, la preuve se trouve encore aujourd'hui sur
les murs du château de Chambord, c'est l'écusson du dernier comté de Friesen.
') Voy%K le conimencemenl celte lettre, du 5 septembre 1750, p. 20$.
^) Mémoires du duc de l.uynes. T. X, p. 386.