‹ Maurice, comte de SaxeChapitre 90 sur 103 · LE COMTE DE BRUHL AU COMTE DE SAXE · texte numérisé non relu

LE COMTE DE BRUHL AU COMTE DE SAXE

Les bonnes nouvelles que nous recevons, depuis quelque temps, de l'amélioration de l'état de santé de Votre Exoel-

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lence nous font un plaisir infini, et nous redoublons de vœux pour Son entière convalescence, malgré le tort infini qu'Elle a fait à la cause commune. Vous avez rendu, Monseigneur, votre nom immortel par vos actions héroïques. Plût à Dieu que vous pussiez finir en vous employant pour rétablir la paix. Que Votre Excellence ait la bonté do s'entretenir un peu sur cette matière avec M. le comte de Loss, et qu'Elle tâche, par le crédit qu'Elle a auprès du roi très -chrétien, de lui faire envisager dans le vrai point de vue le parti qu'il aurait à prendre, dans un temps ou il ne tiendra qu'à lui d'avoir une paix glorieuse, pendant que, s'il manque cette époque, les affaires pcuventbeaucoup changer de face et cette guerre devenir fort funeste à la France.

Votre Excellence fera tel usage qu'Elle trouvera à propos du Mémoire que M. le comte de Loss Lui communiquera, pourvu qu'Elle ait la bonté d'éviter soigneusement qu'on n'en vienne à des explications avec le roi de Prusse; à quel effet toutes les représentations dont il s'agit no sauraient d'abord être faites que sur le pied de vos réflexions particulières, qu'en fidèle serviteur du roi de France vous n'aviez pu, Monseigneur, vous dispenser de lui exposer. Si l'on n'en sent pas toute la solidité, cela ne peut, de cette façon, au moins pas nuire non plus, ni nous commettre en rien.

Me recommandant du reste à la continuation de votre bienveillance, je suis etc.

La Saxe, après avoir signé avec l'Angleterre, l'Autriche et la Russie le traité de Varsovie, travaillait en ce moment à détacher la France de la Prusse, et à vaincre la répugnance du cabinet de Versailles pour l'élévation du grand-duc de Toscane au trône impérial. Cependant Frédéric, par son entrée en Bohème en 1744, avait, en dégageant l'Alsace, rendu un service éclatant à la France, et les succès récents des armes prussiennes n'avaient pu que cimenter l'alliance que liruhl s'était proposé de rompre. La mission intempestive de Loss échoua donc complètement. Tout ce que, dans ces circonstances, Maurice put faire pour son frère, il le fit: il lui dit la vérité, et nul n'était mieux

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à môme de la savoir que le vainqueur de Fontenoy. Son tableau naïf, retraçant à grands traits le programme de la France, suffirait pour révéler l'homme d'Etat caché sous la cuirasse du héros. C'est bien Maurice qui parle, et non pas le marquis d'Argenson, comme Loss le supposait à tort dans l'apostille chiffrée que voici:

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