LA. X X.II
MAURICE AU COMTE DE BRUHL
Négociation secrète. — Exposé sur la situation militaire et politique. — Madame la dauphine. — Demande de six officiers tartares.
Versailles, 15 février 1747.
(Voyez: page 170.)
MAURICE A AUGUSTE III
Madame la dauphine. — Chiffonnages de cour. — Prédiction. — Nouvelles du jour.
Paris, 6 mars 1747.
(Voyez: page 186.)
MAURICE AU COMTE DE BRUHL
Accusé de réception. — Puysieux rétabli. — Grossesse de Madame la dauphine. — Protestation contre le titre d'Excellence. — Négociation secrète.
Paris, 7 mars 1747.
(Voyez: page 190.)
Lettres inédites. (1747.)
MAURICE A AUGUSTE III
Recommandation de M. de Thioly. — Conquête de la Flandre hollandaise. — Mouvement du duc de Cumberland. — Arrivée de M. de Rochow.
giRE à Bruxelles, le 4 mai 1747.
Je n'ai pu refuser à l'amitié que j'ai eue pour le pauvre défunt Thioly, qui était fidèle serviteur de Votre Majesté, une intercession en faveur de son fils, pour la charge de général des postes de Prusse après la mort de Monsieur Stanislowski. Votre Majesté daignera Se ressouvenir que le père de Thioly a été dépouillé de cette charge peu de temps après l'avoir obtenue ; le fils ose espérer que vos bontés s'étendront sur lui en cas d'événement, et j'ose joindre ma très-humble supplication à la sienne.
Votre Majesté est sans doute déjà informée que je tiens de nouveau ici le loup par les oreilles. Nous nous sommes amusés, en attendant l'ouverture de la campagne, à prendre la Flandre hollandaise, où déjà six places se sont rendues. Il ne leur reste plus que Hulst, dont je compte venir à bout dans peu de jours. Nous avons fait aux environs de 4000 prisonniers dans ces différentes places. M. de Cumberland est avec cent vingt mille hommes dans les environs d'Anvers; il menace d'assiéger cette place. J'ai ordonné à Lœwendal de s'y rendre pour la défendre, et si le duc de Cumberland en entreprend le siège, il pourrait bien se faire qu'il n'en revînt pas à son honneur. Nous nous tranquillisons ici en attendant, et je n'ai pas encore voulu entreprendre d'assembler l'armée ; je le laisse faire. Rochow est ar-
500 Maitrick peiht par lui
rivé hier au soir et m'a remis la lettre que Votre Majesté m'a fait la grâce de m'écrire: elle m'est une marque bien chère et bien glorieuse de ses bontés; aussi ai -je ressenti une véritable satisfaction de voir quelqu'un qui appartient à Votre Majesté. L'on ne saurait rien ajouter au respect et à la soumission profonde avec laquelle je ne cesserai d'être, Sire, de Votre Majesté le très-humble, très- soumis et très -obéissant serviteur et sujet
M. de Saxe.
Emile -Frédéric de Rochow, général et inspecteur -général de l'infanterie saxonne (né le 12 décembre 1692, mort le 1" septembre 1759), avait partagé avec Maurice la gloire de la prise de Prague. Les archives de Dresde possèdent de cet officier distingué, sur la campagne de 1747, des lettres fort curieuses, dont nous insérons la première: