‹ Maurice de GuérinChapitre 116 sur 125 · VI. — Documents divers · texte numérisé non relu

VI. — Documents divers

2 1 janvier i83J.

Sainte-Beuve a M. de la Mokvonnais.

J'apprends, pai- un mol de Quemper, raffreux malheur qui vient de vous frapper, au moment même où un aimable projet allait vous amener vers nous, et, dans la situation où vous êtes, et où, je le sens bien, toutes paroles sont inutiles, je sens le besoin de vous dire combien j'y prends part, et combien j'entre, avec tous vos amis, dans l'excès de votre douleur. C'est dans les moments comme ceux-là surtout qu'on éprouve le désir, la nécessité d'être croyant, pour avoir le droit d'adresser à celui qui souffre les seuls mots qui valent la peine de lui être dits, les promesses d'immortalité et de future rencontre avec les êtres qu'on a perdus, et de présence perpétuelle de leur esprit au milieu de nous.

Mais ces promesses, vous vous les êtes déjà dites, et si elles se sont parfois éteintes en murmure confus dans ce premier orage de votre douleur, elles vous reviendront plus distinctes aux instants plus calmes, et le temps, en n'apaisant rien de ce qui est profond en voire deuil, vous les laissera pourtant de plus en plus écouter.

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