LETTRE DE CH. MARIE SUR LV MORT DE TREBUTIEN
Lycée de Caen, a/i mai 1870.
Cher Monsieur Gloriax,
Je viens vous annoncer une bien triste nouvelle, si personne jusqu'ici n'a pris soin de vous l'apprendre. Aotre ami M. Trébutien n'est plus, t'ne très courte et douloureuse maladie l'a
OI'l MAURICE DE C.UERIN
enlevé dans l'espace de quatre ou cinq jours. Très souffrant déjà depuis le dimanche i5, il vint encore à la Bibliothèque jusqu'au mercredi i8 inclusivement. Le lendemain, il prenait le lit avec une grande faiblesse et des souffrances si vives qu'elles lui arrachaient des ci'is. Ses jambes enflèrent ; l'une surtout lui causait des douleurs intolérables. Etait-ce la goutte? N'était-ce pas plutôt la gangrène ? Dimanche, dans l'après-midi, il me permit de monter près de lui. Vous savez, cher Monsieur, quelle était sa demeure : un galetas plutôt qu'une chambre; une alcôve indigente éclairée par un faux-jour. C'était grand'- IDitié de le voir dans cet état, et, je ne m'en doutais pas, si près de sa fin .
Malgré ses horribles souffrances, son accueil fut amical et même gracieux. Sa connaissance était entière. Comme sa bellesœur qui le veillait, lui faisait prendre un bouillon comme on fait à un enfant : « C'est Eugénie, dit-il, faisant manger I\Iaurice malade, comme un bébé. « Personne ne croyait la catastrophe imminente. Cependant le lundi matin, hier, vers trois heures, notre pauvre ami expirait. Dieu aura voulu, dans sa miséricorde, abréger l'épreuve. Un prêtre apjDelé en toute hâte, a eu le temps à peine de lui donner l'extrême-onction.
L'inhumation aura lieu demain matin à lo heures. Je ne saurais manquer de donner quelques lignes à cette mémoire dans le prochain numéro de la Semaine religieuse. J'aurai rhonneur de aous faire envoyer deux exemplaires. Vous seriez assez bon pour adresser l'un des deux à Madame Gandar, dont j'ignore l'adresse actuelle,
Veuillez, etc. Ch. ^Iauie.
• J'ai écrit à M^'" de Guérin et à M"° C. Renard (M. Jenna)..-
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